/investigations
Navigation

SPVM: le futur chef Fady Dagher dit qu’il n’avait pas le choix d’accepter

Dans sa lettre de démission, il écrit qu’il risque sa réputation, sa carrière et sa santé

Vous voyez cet article car vous êtes connecté.

Article réservé aux utilisateurs connectés. Se connecter

SPVM: le futur chef Fady Dagher dit qu’il n’avait pas le choix d’accepter
Photo Agence QMI, Joël Lemay

Coup d'oeil sur cet article

Le chef sortant de la police de Longueuil, Fady Dagher, a adressé une longue lettre à sa mairesse pour lui expliquer qu’il n’avait pas le choix de quitter son poste, environ une heure après avoir été sélectionné pour diriger la police de Montréal.

• À lire aussi: Nouveau chef du SPVM: équilibre entre prévention et répression

• À lire aussi: Climat de travail: Dagher reconnaît qu’il n’en a pas assez fait

«Je ne peux dire “non”, lorsque la police qui fait face à 72 % de la criminalité au Québec me demande de l’aide», a écrit Fady Dagher, dans sa lettre de démission qu’il a adressée personnellement à Catherine Fournier, mairesse de Longueuil, et dont nous avons obtenu copie. 

Dans la missive, Fady Dagher donne l’impression d’un homme qui se sent tenaillé, qui a le besoin de justifier ce départ soudain, alors qu’il venait de renouveler un contrat de huit ans avec la police de Longueuil (SPAL) quelques mois plus tôt. 

«Alors pourquoi quitter, cela ne fait aucun sens, devez-vous penser? Vous avez raison. [...] Je n’ai rien gagné à partir [...]. Quand on me confie une mission importante, même risquée, dangereuse, je ne peux pas dire non. J’aurais l’impression de manquer de courage», indique-t-il.

Et il ajoute : «Je sais que je risque ma réputation, ma carrière et ma santé [...]. Je suis là pour servir. Là où on a besoin de moi.»

Courtisé très tôt

M. Dagher a déposé personnellement cette lettre à la direction générale de la Ville le 23 novembre dernier, vers 16 h, après son entrevue de sélection au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), nous a précisé par écrit Raphaël Larocque-Cyr, conseiller en communication à la Ville de Longueuil.

D’ailleurs, le fait d’avoir déposé la lettre aussi vite ne fait qu’augmenter le sentiment que M. Dagher a été choisi bien avant les entrevues du 23 novembre.

«Pourquoi avoir fait une consultation publique pour établir ce qu’on cherchait comme chef et avoir fait ce processus bidon? Dans le milieu policier, tout le monde savait que si Fady appliquait, le poste lui appartenait», nous a affirmé André Durocher, l’ancien inspecteur et chef de la Section des relations médias au SPVM. 

À cet effet, une source à la Ville de Montréal, dont nous ne pouvons dévoiler l’identité, nous a indiqué que «la sélection de Fady a été téléguidée par Martin Prud’homme, comme cela a été fait avec Sylvain Caron en 2018».

Or, Fady Dagher a peut-être été courtisé par l’administration Plante beaucoup plus tôt que ce qui a pu filtrer dans les médias ; peut-être même aussi tôt qu’au début de l’année, selon ce qui transpire dans sa lettre.

Mais il avait refusé, car il estimait que la police de Longueuil (SPAL) n’était pas encore prête à rayonner sans lui en début d’année :

«C’est pourquoi j’avais dit “non” à plusieurs reprises», écrit-il.

Pas un adieu

Le chef sortant du SPAL termine sa lettre en cherchant à rassurer la mairesse.

«Ce n’est donc pas un adieu. [...] Et j’ai le sentiment, non, la certitude que d’une manière ou d’une autre, et peut-être plus vite que prévu, vous et moi allons continuer à travailler ensemble.»

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.