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COP15 au Palais des congrès: des entreprises redoutent le grabuge

Des voisins espèrent qu’il n’y aura pas de débordements lors des protestations

GEN - CHRISTINE LAMARCHE DU RESTAURANT TOQUÉ
Photo Martin Alarie Christine Lamarche, copropriétaire du restaurant Toqué!, pose à côté d’une clôture installée devant le restaurant pour la sécurité, avec des policiers derrière elle.

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Des commerçants situés aux abords du Palais des congrès au centre-ville de Montréal craignent d’être victimes de pillage et de vandalisme pendant des manifestations qui auront lieu en marge de la conférence sur la biodiversité.

« S’ils commencent à casser toutes les vitres, c’est sûr qu’il va y avoir du vol, s’inquiète Lucio Daddario, propriétaire du Café du Parquet. On a un bar et une cuisine. Il va y avoir des dommages s’ils rentrent ici. »

M. Daddario affirme avoir été informé par les gestionnaires de son édifice des risques de grabuge autour de son commerce vitré qui donne directement sur les énormes clôtures formant le périmètre de sécurité autour du Palais des congrès pour la COP15 qui a lieu du 7 au 19 décembre. Le périmètre s’étend de l’avenue Viger Ouest à la rue Saint-Antoine Ouest puis de la rue Saint-Urbain à la place Jean-Paul Riopelle.

« C’est inquiétant parce qu’on est carrément au coin, explique M. Daddario. Ils ont fait la clôture en face de nous. »

Une invitation aux manifestants d’aller « à l’assaut du Palais » des congrès.
Photo tirée de Facebook
Une invitation aux manifestants d’aller « à l’assaut du Palais » des congrès.

« À l’assaut du palais »

Au moins deux manifestations organisées par la « Coalition anticapitaliste et écologiste contre la COP15 » sont prévues les 7 et 9 décembre prochains selon leur site web.

« À l’assaut du palais », peut-on lire sur une affiche en faisant la publicité sur leur site web. 

« Soyons aux premières loges pour leur montrer que nous ne sommes pas crédules. Mettons-leur-en plein la vue », est-il écrit dans un communiqué sur ce même site.

« Notre inquiétude, ce n’est pas les gens qui manifestent, mais les débordements », fait savoir Glenn Castanheira, directeur général de Montréal centre-ville, qui redoute notamment du « pillage » et du « vandalisme ».

« Il y a souvent un petit groupe de fauteurs de troubles qui veut profiter de la situation pour faire du grabuge, ajoute-t-il. C’est bien sûr ce qui nous inquiète nous et certains gestionnaires. »

D’autant plus qu’un événement comme la COP15 comporte des risques supplémentaires étant donné l’importante visibilité qui sera donnée aux manifestants, selon. M. Castanheira. 

Victimes par le passé

Au restaurant Toqué!, situé à quelques pas du Café du Parquet, la copropriétaire Christine Lamarche échange aux « deux ou trois jours » avec le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et la Ville de Montréal. 

« Ils nous disent : on ne sait pas si vous devriez rester ouverts ou fermés, soutient-elle. Pour l’instant, on est ouvert, mais je ne vous cacherai pas que ça décourage certains clients. »

D’autant plus que le restaurant, habitué aux manifestations à la place Jean-Paul Riopelle, a déjà vécu des débordements par le passé.

« On a déjà eu des manifestants qui sont rentrés, qui ont fait peur aux gens dans le restaurant, affirme Mme Lamarche. Ils étaient partis avec une bouteille de vin, ils avaient fait un trou dans le mur avec un morceau de bois et frappé un de mes serveurs. Ce n’était pas le fun. »

« Chaque situation pouvant être évolutive, les policiers seront présents pour éviter tout débordement et interviendront s’il y a infractions ou risques pour la sécurité des personnes et des biens », a déclaré par courriel la division des communications du SPVM. 

Une entreprise déménage pendant un mois 

Une entreprise voisine de la COP15 a décidé de carrément déménager ses activités pendant plus d’un mois après que ses employés eurent exprimé des craintes pour leur sécurité.

Carmela Martinez.
Présidente 
MP Repro
Photo Agence QMI, Joêl Lemay
Carmela Martinez. Présidente MP Repro

« Il faut que mes employés se sentent en sécurité, tranche Carmela Martinez, présidente de MP Repro. Pour moi, c’est plus important que de garder un comptoir ouvert. »

Son entreprise d’imprimerie possède des bureaux au rez-de-chaussée sur la rue Chenneville, à quelques pas du Palais des congrès. Pendant la COP15 et jusqu’en janvier, ses six employés seront transférés dans le siège social de Ville Saint-Laurent.

« Lorsqu’il y a eu les manifestations des carrés rouges, il y avait énormément de police et de violence juste à côté de notre immeuble, explique Mme Martinez. Nos employés se souviennent de ça, donc ils sont inquiets et je dois réagir à ça. »

Mal informée

Mme Martinez déplore le peu d’information donnée par les autorités. Elle soutient entre autres avoir eu beaucoup de difficultés à savoir si des manifestations seraient organisées, et c’est en voyant elle-même des affiches sur la rue Saint-Antoine annonçant une manifestation qu’elle a pu en prendre connaissance.

« On n’a pas eu l’heure juste de personne. On pose des questions à la Ville, au Palais, à la police et on n’a jamais toute l’histoire. Il faut nous-mêmes faire la planification sans information claire. »

Pour limiter les dégâts en cas de bris de fenêtres, elle a déboursé 800 $ pour poser des films spéciaux sur celles-ci.

« Si la vitre casse, il n’y aura pas de verre partout. On ne prend pas de chance. »

Clients « pas contents »

« Mes clients ne sont pas contents de venir à Ville Saint-Laurent, explique Mme Martinez. Ça ajoute une autre difficulté. On essaie de prendre des arrangements avec eux, et d’aller leur livrer, et ça augmente mes coûts. »

Comme la plupart des commerçants consultés par Le Journal, Mme Martinez compte bien faire dédommager son entreprise. 

Glenn Castanheira, directeur général de Montréal centre-ville, indique que son organisme va solliciter une « forme de dédommagement » aux entreprises touchées auprès du gouvernement fédéral, qui est responsable de l’organisation de la COP15.

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