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Armes à feu: Carey Price aurait dû se garder une petite gêne

Armes à feu: Carey Price aurait dû se garder une petite gêne
Thierry Laforce / Agence QMI

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Il y a 33 ans, des étudiantes en ingénierie à Polytechnique tombaient sous les balles meurtrières d’un esprit dérangé, d’une âme misogyne et haineuse.

Depuis, et chaque 6 décembre, nous prenons le temps de commémorer ce drame et de nous dire «plus jamais». C’est d’ailleurs une occasion annuelle d'aborder certains sujets intimement liés à cette folie meurtrière: la place des femmes dans les professions «traditionnellement» masculines, la sécurité dans nos écoles et, évidemment, la place des armes à feu dans notre société.

Règle générale, lors de cette période de commémoration, les défenseurs et militants pour le port d’armes se gardent une petite gêne: ce n’est pas le moment d’étaler publiquement les arguments proarmes. Cette règle n’étant plus d’actualité, on dirait que le lobby en faveur des armes a même sombré dans la provocation en utilisant le code «Poly» dans la stratégie marketing de ses produits promotionnels. Comment l’interpréter? Nous n’en avons que faire de vos victimes, de vos commémorations et de vos blessures, l’accès à nos armes sans restriction est notre seule priorité.

Carey Price, à défaut de pouvoir sauter sur la glace, a sauté dans la mêlée, publiant une photo de lui en tenue de camouflage, arme à la main, pour dénoncer le contrôle des armes à feu. Plusieurs questions nous viennent en tête devant cette publication: est-il au courant du contexte polytechnicien? Sait-il que l’arme arborée fièrement n’est pas visée par les restrictions? S’agit-il d’un stunt concerté avec le lobby des armes à feu ou est-ce réellement une initiative personnelle?

Les rumeurs des derniers jours laissent entendre que M. Price ne connaissait pas le drame ayant secoué Montréal il y a 33 ans. Si c’est le cas, c’est très grave que le gardien de but de la Sainte-Flanelle, qui évolue à Montréal depuis 2007, n’ait pas été au courant cette page noire de notre histoire qui a coûté la vie à 14 femmes.

Devant l’ignorance, Carey Price aurait dû se garder une petite gêne: pour les victimes, son équipe, pour sa ville d’adoption et surtout... pour sa crédibilité. M. Price est décidément bien meilleur gardien de but que militant.

Il a certes fait une déclaration sur Instagram affirmant que, finalement, il connaissait l’existence de la tragédie, mais c’est trop peu, trop tard. 

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