/sports/opinion/columnists
Navigation

La bulle des athlètes

GEN - BILAN DE FIN DE SAISON DU CANADIEN
Photo d'archives, Martin Alarie Carey Price, photographié en avril dernier, lors du bilan de fin de saison du Canadien de Montréal.

Coup d'oeil sur cet article

Ainsi donc, Carey Price affirme qu’il ne connaissait pas l’histoire du féminicide par arme à feu survenu en 1989 à la Polytechnique Montréal. L’explication vient de la présidente du Groupe CH, France Margaret Bélanger et de la vice-présidente, communications, Chantal Machabée.

Contrairement à ce que certains pensent, ce message ne peut être considéré comme une tentative de diversion. 

Ce n’est pas le type d’histoire qui s’invente tout bonnement comme ça.

Je crois à cette version.

Pourquoi?

Parce que ce ne serait pas la première fois qu’un athlète étale son ignorance sur un sujet non relié au sport.

Méconnaissance du Québec

Les Ken Dryden sont rares dans le milieu sportif.

À part lui et une infime partie des joueurs non francophones ayant porté les couleurs du Canadien ou qui font partie de l’équipe actuelle, les joueurs étrangers du Tricolore ne connaissent rien de la culture et de l’histoire du Québec.

Sont-ils obligés de savoir?

Non, répondront en chœur les inconditionnels de la Flanelle. Car tout ce qui importe à leurs yeux, c’est que le Canadien gagne.

Ils n’ont rien à cirer du reste.

Price peut toujours prétexter qu’il avait deux ans lors de la tuerie de Poly. 

Mais depuis 15 ans qu’il vit à Montréal, n’a-t-il pas vu à la télévision, ne serait-ce qu’une fois, les documentaires et les commémorations annuelles de cette page tragique de notre histoire?

Incroyable? dites-vous.

Oui, mais fort possible.

Dans un monde parallèle

Mon travail m’appelle à suivre les activités du Canadien depuis 40 ans.

Depuis toujours, les joueurs sont programmés pour penser et jouer au hockey. L’organisation fait des pieds et des mains pour les tenir loin des distractions.

Plus que jamais depuis l’escalade des salaires, les joueurs vivent dans un monde parallèle. Ils sont moins accessibles. Ils vivent dans une bulle.

C’est comme s’il n’y avait rien d’autre à l’extérieur de leur monde.

Cela dit, il ne faut pas voir de lien entre la position de Price dans le débat des armes à feu et le massacre de Poly. 

Chaque chose à sa place

Price n’a nullement fait référence à cet événement. Il n’a pas tenu non plus des commentaires discriminatoires à l’endroit des femmes.

La nuance est importante.

Il ne faut pas tomber dans la malhonnêteté intellectuelle.

Comme tout citoyen, Price a le droit de s’exprimer et de donner son opinion. C’est à titre de chasseur qu’il s’est impliqué dans le débat du projet de loi C-21 déposé par le gouvernement Trudeau.

Encore là, il ne détenait pas les bonnes informations concernant, à tout le moins, le fusil qu’il tenait sur la photo qu’il a publiée sur son compte Twitter en fin de semaine.

Celui-ci restera légal si le projet est adopté, indique le ministre fédéral de la Sécurité publique, Marco Mendicino.

Morale de l’histoire : renseigne-toi la prochaine fois avant de parler, Carey.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.