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Moins de cadeaux et de grands soupers: l’inflation chasse la magie de Noël chez certaines familles

Face à la précarité, elles doivent faire une croix sur les montagnes de cadeaux

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Photo Agence QMI, Thierry Laforce Fannie Bittner-Dumas et son conjoint Christian Martin espèrent trouver des jouets à prix modiques à mettre sous leur sapin rose pour que leurs enfants de 3 et 7 ans, Archie Bittner-Martin et Louis Bittner-Martin, puissent savourer Noël à fond.

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Plusieurs Québécois qui doivent se serrer la ceinture depuis des mois en raison de l’inflation devront se contenter d’un temps des Fêtes plus sobre, ne pouvant se permettre de gâter leurs proches avec de nombreux cadeaux de Noël ou de grands soupers.

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«J’aimerais vraiment être un bon père Noël, mais j’ai l’impression qu’il va falloir dire à mon plus vieux que ce n’est pas quelque chose qui existe pour de vrai parce qu’on ne pourra donner comme on aurait voulu», se désole Fannie Bittner-Dumas, qui épluche la toile pour des jouets au rabais.

Cette maman de deux enfants de 3 et 7 ans fait partie des nombreuses personnes qui ont contacté Le Journal pour témoigner de l’anxiété générée par les dépenses du temps des Fêtes.

«On n’est pas des gens qui vivent dans le luxe, mais on est vraiment à un autre niveau de devoir couper et gâcher un peu la magie, parce qu’on n’y arrive pas», soutient Mme Bittner-Dumas.

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Photo Agence QMI, Thierry Laforce

Pas achetable

Même avec un revenu stable, des Québécois doivent faire des pieds et des mains pour joindre les deux bouts.

«C’est le temps des Fêtes, mais c’est le quotidien aussi. Je vais dans les banques alimentaires parce que la nourriture n’est plus achetable», lâche Claudie Paquette, qui habite Saint-Lambert, sur la Rive-Sud de Montréal. 

La bourse à laquelle elle a droit en suivant sa formation accélérée d’infirmière auxiliaire ne suffit pas pour se permettre un quelconque excès.

Auparavant, des cadeaux, «j’en faisais à chaque membre de ma famille : mon père, ma mère, ma sœur, mon beau-frère, ma fille, son chum, ma nièce», ajoute Mme Paquette, anciennement préposée aux bénéficiaires.

Anne Huet, maman d’un jeune de 19 ans qui a l’habitude de jongler avec deux ou trois emplois pour payer ses factures, est à bout de souffle. Ses revenus sont avalés par son loyer et l’épicerie.

«Ce n’est vraiment pas normal, tranche la femme de 47 ans. On trouve des moyens de se créer des petits bonheurs, comme aller se promener au parc [Michel-Chartrand] à Longueuil.»

Léger sursis

Les Québécois interrogés par Le Journal ne s’en cachent pas : le chèque de 400 à 600 $ promis à la population par le gouvernement de François Legault fera du bien. 

Mais cet argent disparaîtra rapidement pour payer des dettes plus urgentes, comme l’électricité ou un montant emprunté à un proche.

«C’est comme un plaster sur un petit bobo», résume France Dubois, qui vit avec moins de 15 000 $ annuellement et ignore si elle pourra recevoir ses trois enfants et quatre petits-enfants à souper.

  • Cette année, l’Opération Père Noël pourrait faire don de cadeaux à 24 000 enfants québécois défavorisés. C’est 3000 de plus que l’an dernier, a rapporté Le Journal à la fin de novembre.
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