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«Nous traitons la nature comme une toilette», s’emporte Guterres en ouverture de la COP15

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Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, n’a pas mâché ses mots pour critiquer les gouvernements et les multinationales en ouverture de la Conférence mondiale sur la biodiversité (COP15) mardi au Palais des congrès de Montréal.

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«Avec notre appétit sans limites pour une croissance économique incontrôlée et inégale, l'humanité est devenue une arme d'extinction massive. Nous traitons la nature comme une toilette. Et ultimement, nous sommes en train de nous suicider par procuration», a-t-il vilipendé dans un discours inspiré prononcé à la suite de celui du premier ministre Justin Trudeau.

Ardent défenseur de la lutte contre les changements climatiques, l’ancien premier ministre du Portugal a rappelé que la destruction des écosystèmes aura des répercussions économiques de l’ordre de 3000 milliards $US par année à partir de 2030.

M. Guterres a notamment dénoncé l’empoisonnement de la terre, des mers et de l’air par les pesticides, produits chimiques et plastiques; «l’addiction aux énergies fossiles qui plonge notre climat dans le chaos» ou encore la consommation effrénée qui épuise les ressources, tout en mettant à risque de disparition 1 million d’espèces.

«Cette conférence est notre chance de mettre un terme à cette orgie de destruction», a-t-il plaidé.

Parmi les objectifs recherchés au cours de cette COP, les délégués tenteront de s’entendre sur un accord pour protéger 30% des terres et des mers du monde d’ici 2030, un objectif bien plus ambitieux que le précédent accord conclu en 2010 qui prévoit la protection de 17% des terres et de 10% des mers.

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1 milliard pour la biodiversité

Abondant dans le même sens que M. Guterres, les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault ont tour à tour promis d’injecter des fonds pour protéger la biodiversité.

Du côté du Québec, le gouvernement compte injecter 650 M$ dans un «Plan Nature» visant à atteindre l’objectif de protéger 30% du territoire québécois d’ici 2030.

Capture d'écran / archives QMI

Le plan prévoit notamment des investissements de 266 M$ sur quatre ans pour augmenter la surface des terres protégées, particulièrement dans le sud du Québec, où le territoire, plus exploité, est bien moins protégé que dans le nord.

Aussi, un montant de 56 M$ ira à la protection des espèces vulnérables.

De plus, un nouveau «fond bleu» sera dévoilé prochainement, a laissé entendre M. Legault sans donner plus de précisions.

«Je prends l’engagement aujourd’hui, devant tout le monde, d’atteindre une protection du territoire québécois de 30% d’ici 2030», a promis le premier ministre.

Ce dernier a rappelé que le Québec, grâce à son hydroélectricité, produit déjà la moitié moins de gaz à effet de serre par habitant que le reste du Canada.

«On ne veut pas arrêter là. Notre gouvernement veut vraiment qu’on soit parmi les premiers à atteindre la carboneutralité d’ici 2050», a réitéré François Legault.

De son côté, le premier ministre Justin Trudeau s’est engagé à verser 350 M$ «d’argent neuf» pour financer des projets de protection de la biodiversité dans le monde.

M. Trudeau a fait cette annonce en prononçant un vibrant plaidoyer en faveur de la protection de la biodiversité, plaidant qu’il est nécessaire de parvenir à une entente pour protéger au moins 30% des milieux naturels de la planète.

Sans cela, «nous ne pouvons garantir un futur pour nos enfants. Ce n’est pas le moment de nous demander si nous devons agir», a-t-il clamé.

M. Trudeau a rappelé que le Canada, la Russie, la Chine, les États-Unis et le Brésil représentent à eux seuls plus de 50% des terres à protéger.

«Des progrès sont réalisés, il n’y a pas de doute, mais aucun de nous n’est rendu à 30% de notre territoire protégé», a-t-il dénoncé en appelant les autres nations à atteindre cet objectif d’ici 2030.

Les villes, acteurs de changement

De son côté, la mairesse de Montréal a qualifié la COP15 de «plus importante de l’histoire» en raison de la crise de la biodiversité qui secoue la planète.

Valérie Plante a cependant souligné qu’à son avis, les villes, avec leur «capacité d’action rapide et efficace», peuvent apporter beaucoup pour améliorer les choses, à condition qu’on leur donne les moyens pour agir.

«Notre population est prête à ce qu’on pose des gestes forts. Les populations sont prêtes à ce qu’on prenne des décisions courageuses et fortes», a assuré la mairesse.

Discours brièvement interrompu

Lors de son allocution, le premier ministre Justin Trudeau a été brièvement interrompu par des militants autochtones dénonçant un «génocide» en scandant des chants et des slogans.

«Pour sauver la biodiversité, cessez d’envahir nos terres», clamait une bannière associant le «génocide des autochtones» à un «écocide».

Les militants ont été expulsés quelques minutes plus tard, sans heurts.

«Comme vous pouvez le voir, le Canada est aussi en faveur de la libre expression», a réagi M. Trudeau en remerciant les manifestants pour leur intervention.

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