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Coupe du monde: le Maroc l'emporte grâce au brio de son gardien né à Montréal

Le triomphe du Maroc contre l’Espagne célébré en pleine rue malgré la pluie

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La pluie froide de décembre n’a pas refroidi les ardeurs des partisans du Petit Maghreb, mardi après-midi à Montréal, qui ont célébré en grand la surprenante victoire du Maroc contre l’Espagne en chantant et en dansant en pleine rue.

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 « C’est un grand honneur, a réagi Hamza Lahmi, fier partisan dont la famille est originaire du Maroc. C’est la première fois qu’un pays du Maghreb se qualifie pour les quarts de finale d’une Coupe du monde. » 

Ses amis Chabik Selhi et Ryan Omar Yadi, d’origine algérienne, partageaient sa joie. Ensemble, ils trimballaient fièrement le large drapeau marocain. 

 

Bounou le héros

Quelques instants plus tôt, à l’intérieur du café-resto Tim-Gad, situé sur la rue Jean-Talon, des dizaines et des dizaines d’amateurs de ballon rond retenaient leur souffle durant la séance de tirs au but. 

AFP

Les arrêts du gardien Yassine Bounou, qui est natif de Montréal, ont d’abord enflammé l’endroit. Puis, l’explosion a suivi lorsqu’Achraf Hakimi a inscrit le filet décisif sur un « panenka » audacieux. 

Ça prenait des nerfs d’acier pour ainsi pousser le ballon en plein centre, pariant que le gardien espagnol allait se compromettre d’un bord ou de l’autre. 

Des danses et des chants. C’était la fête en pleine rue, le mardi 6 décembre 2022, dans le quartier du Petit Maghreb, à Montréal.
Photo Benoit Rioux
Des danses et des chants. C’était la fête en pleine rue, le mardi 6 décembre 2022, dans le quartier du Petit Maghreb, à Montréal.

« On parle d’un nouvel exploit pour cette équipe du Maroc, qui n’a encore aucune défaite dans ce tournoi, a fait remarquer Mouad Guerib, en regardant ses compatriotes célébrer dans la rue. Mieux encore, le seul but accordé en est un contre son camp [face au Canada]. Cette fois, contre l’Espagne, ce n’était pas une sélection facile à battre. On a bien fait défensivement et pour les tirs au but, ça devient un peu de la chance. » 

Hamza Lahmi (à gauche), dont la famille est originaire du Maroc, était accompagné de ses amis d’origine algérienne Chabik Selhi et Ryan Omar Yadi pour célébrer la victoire du Maroc.
Photo Benoit Rioux
Hamza Lahmi (à gauche), dont la famille est originaire du Maroc, était accompagné de ses amis d’origine algérienne Chabik Selhi et Ryan Omar Yadi pour célébrer la victoire du Maroc.

S’imprégner de l’ambiance 

S’ils étaient nombreux à vanter les exploits du gardien Yassine Bounou, peu de partisans soulignaient le fait qu’il soit né à Montréal. Celui qu’on surnomme « Bono » n’était encore qu’un enfant quand il est déménagé au Maroc avec sa famille, ayant plutôt grandi à Casablanca. 

N’empêche, à des milliers de kilomètres du Maroc, c’était la fête ! Particulièrement dans ce secteur de la rue Jean-Talon, entre Pie-IX et Saint-Michel. Les voitures circulaient en faisant entendre leur klaxon. 

« C’est extraordinaire, a réagi à son tour le Québécois Sylvain Filiatrault, venu de Longueuil pour suivre le match dans Le Petit Maghreb. J’aime m’imprégner de l’ambiance des différentes cultures. Après l’élimination du Canada, je garde un faible pour les pays de l’Afrique et le Maroc est le seul qui reste. J’aime aussi le franc-parler du sélectionneur marocain [Walid Regragui]. Il mise sur la fierté de représenter le pays. »

Rivalité algérienne

Pendant que la fête se poursuivait dans la rue, un autre partisan d’origine algérienne, qui a préféré garder l’anonymat, a laissé savoir qu’il aurait préféré, secrètement, une victoire de l’Espagne. 

Dans son cas, il avouait avoir encore sur le cœur la défaite de l’Algérie contre le Cameroun durant les qualifications de cette Coupe du monde. 

« Si le Maroc fait trop bien, on va en entendre parler pendant des années », a-t-il dit, sourire en coin, rappelant qu’il existe toujours une rivalité avec l’Algérie. 

Les partisans du Maroc étaient attentifs, à l’intérieur du café-resto Tim-Gad, à Montréal, pendant la séance de tirs aux buts.
Photo Benoît Rioux
Les partisans du Maroc étaient attentifs, à l’intérieur du café-resto Tim-Gad, à Montréal, pendant la séance de tirs aux buts.

Et maintenant le Portugal 

Naz, le gérant du café-resto autrefois nommé « Le Sable d’Or », s’attendait à une telle frénésie pour ce match contre l’Espagne et prévoit que ce sera encore plus fou, samedi, lors des quarts de finale contre le Portugal.  

« C’est très bien et ça fait quelques sous de plus », a noté le gérant. 

Mouad Guerib, qui est d’origine marocaine, se réjouissait de la victoire du Maroc contre l’Espagne.
Photo Benoît Rioux
Mouad Guerib, qui est d’origine marocaine, se réjouissait de la victoire du Maroc contre l’Espagne.

Même le fameux partisan d’origine algérienne souhaitant une défaite du Maroc ne voudra pas manquer ce rendez-vous. Imaginez un peu une élimination, coup sur coup, des deux principaux pays de la péninsule ibérique... 

« Bono » la fierté de Montréal 

Photo AFP

Devenu un héros national au Maroc à la suite de son rôle dans la victoire contre l’Espagne, le gardien Yassine Bounou est aussi, pour les plus chauvins, une fierté montréalaise.

S’il conserve la double nationalité marocaine et canadienne, celui qu’on surnomme « Bono » n’était qu’un enfant quand il a quitté la métropole québécoise avec sa famille. L’athlète avait précisément huit ans quand, en 1999, il s’est joint au Wydad Athletic Club, à Casablanca, afin de poursuivre son développement.

AFP

« J’ai grandi au Maroc et j’ai toujours rêvé de jouer pour les Lions de l’Atlas », tranchait Bounou, plus tôt cette année, dans une entrevue accordée à un média de son club professionnel, le FC Séville.

Fait intéressant : le gardien précisait alors avoir été approché, plus jeune, pour représenter le Canada. Benito Floro, qui fut l’entraîneur de l’équipe canadienne entre 2013 et 2016, l’avait contacté. 

AFP

« Je n’avais pas encore joué un match international avec le Maroc à ce moment-là », disait Bounou, qui avait alors le loisir de choisir sa formation nationale, ce qui n’est plus le cas.

Étrange duel

En marge du match entre le Maroc et le Canada, le 1er décembre dans la phase des groupes de la Coupe du monde, Bounou avait démontré qu’il n’était pas insensible à cette confrontation.

« C’est étrange de jouer contre le Canada, le pays où je suis né », avait-il convenu, en conférence de presse. 

Bono et ses compatriotes s’étaient imposés par le pointage de 2 à 1. 

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