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Des femmes dégoûtées par la violence des réseaux de rencontre

Elles n’en peuvent plus des propos haineux et misogynes qu’elles y subissent

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Margot
Photo TVA Nouvelles Margot Chénier a créé un compte Instagram pour dénoncer la violence qu’on retrouve sur les applications de rencontre.

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Des Québécoises n’en peuvent plus de la violence dont elles sont témoins via les applications de rencontre. Selon elles, les efforts des géants de la technologie ne sont pas suffisants pour enrayer le problème. 

Margot Chénier a créé le compte Instagram Un gars dynamique afin d’exposer des propos haineux, discriminatoires ou misogynes qu’on retrouve sur des applications comme Tinder et Bumble.

«Tinder m’envoie juste des grosses LGBT. [...] En 6 ans sur Tinder, il n’y a pas une seule belle fille qui m’a liké. Fake si tu n’es pas grosse et que tu n’as pas les cheveux mauves, swipe à droite», écrit notamment un homme de 39 ans sur sa decription de profil.

Margot
Capture d’écran de la page Instagram un gars dynamique

«Qu’est-ce que tu fais à une fille qui vole tes cigarettes? T’a bat. (tabac)», écrit un autre utilisateur dans une blague de mauvais goût qu’il envoie à une femme.

Margot
Capture d’écran de la page Instagram un gars dynamique

La question de la violence sur les applications de rencontre sera abordée à l’émission J.E, ce soir à 21 h 30 sur les ondes de TVA.

  • Écoutez la chronique de Karine Gagnon, Chroniqueuse politique au JDM et JDQ et aussi directrice adjointe de l'information au Journal de Québec au micro de Benoit Dutrizac sur QUB radio :

Certains des propos tenus par les hommes sont si choquants qu’Instagram a retiré plusieurs publications de la page créée par Margot.

«J’avais beau leur envoyer un message pour expliquer que c’était une dénonciation du contenu, que ce n’étaient pas mes propres propos, Instagram ne me revenait jamais là-dessus», raconte la jeune femme.

Margot
Capture d’écran de la page Instagram un gars dynamique

Le compte est toujours actif, mais Margot n’y ajoute plus de nouveaux contenus. 

Agression

Anne-Marie Dupras, humoriste et conférencière, a lancé la page Facebook Ma vie amoureuse de marde, il y a environ 10 ans, pour entre autres dénoncer ces violences. Elle remarque que des utilisateurs d’applications de rencontre ont de la difficulté à accepter le rejet, même si celui-ci est virtuel. 

«Quand on va à un rendez-vous, ça marche quoi, une fois sur cinq, mais sur internet, il faudrait toujours dire oui. Il y a des gars qui deviennent vraiment fâchés», déplore-t-elle.

Margot
Capture d’écran de la page Instagram un gars dynamique

Une jeune femme dont nous protégeons l’identité dit avoir été victime d’une agression sexuelle qui s’est déroulée à la suite d’une rencontre via l’application Bumble.  

«Une fois chez moi, il voulait faire un acte sexuel que je ne voulais pas faire. [...] Au fil du temps, il se réessayait. Un moment donné, tu es tellement tannée de répéter non, il y a tellement d’insistance. Il n’a pas respecté mon consentement. [...] J’ai juste attendu que le moment passe.» 

Plus de protection 

Jessica Pidoux, chercheuse au Centre d’études européennes de Sciences Po, croit que les entreprises derrière les applications de rencontre devraient adopter des meilleures pratiques de modération ou encore imposer plus de vérifications lors de l’inscription.  

  • Écoutez l'entrevue avec Anne-Marie Dupras, fondatrice de la page Facebook Ma vie amoureuse de merde, auteure, humoriste et féministe à l’émission de Guillaume Lavoie diffusée chaque jour en direct 13 h 35 via QUB radio : 

«Le problème, c’est que la création des applications aujourd’hui passe comme innovation technologique», dit-elle, souhaitant que les entreprises tiennent davantage compte des dynamiques dans la construction des relations amoureuses.

Une porte-parole de Bumble mentionne par courriel qu’il est possible de bloquer ou de signaler toute personne qui enfreint les directives et que les signalements sont examinés par l’équipe. La compagnie a aussi mis sur pied un centre Sécurité et bien‐être avec notamment des conseils. 

TROIS QUARTS DES UTILISATEURS VICTIMES 

Une étude de l’Institut de criminologie australien, parue cet automne, révèle que près des trois quarts des utilisateurs des applications de rencontre ont été victimes d’au moins une forme de violence en ligne au cours des cinq dernières années. 

  • 69 % des répondants ont été victimes d’une forme de harcèlement sexuel
  • 41 % ont reçu une photo intime non sollicitée
  • 45 % ont reçu des propos abusifs et menaçants 

DANS LE CODE CRIMINEL 

En 2014, l’article 372 du Code criminel sur les communications indécentes et le harcèlement a été modifié pour tenir compte des télécommunications. 

372-2 (Communications indécentes)

«Cette infraction-là vient cibler le mode de conversation qui se veut virtuel et qui va être fait dans le but d’alarmer ou d’ennuyer quelqu’un», explique Me Amélie Rivard, du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

372-3 (Communications harcelantes)

«Ce sont des communications qui vont être répétées. Ce caractère répétitif est vraiment à la base de l’infraction et il doit encore y avoir l’intention spécifique de harceler la personne qui va les recevoir», dit Me Rivard.   

Ces deux infractions peuvent être punies d’un maximum de 2 ans d’emprisonnement.

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