/news/politics
Navigation

Assemblée nationale: 12 minutes pour abolir le serment au roi

Coup d'oeil sur cet article

Les députés caquistes, libéraux et solidaires n'ont finalement pris qu'une douzaine de minutes, à la toute fin de la session parlementaire, pour adopter le projet de loi mettant fin à l’obligation de prêter serment au roi d’Angleterre.  

• À lire aussi: Serment au roi en voie d’être aboli: Sol Zanetti soulagé de ne plus avoir à «souffrir» en prêtant allégeance

• À lire aussi: Serment au roi Charles III: le trio péquiste de passage à l’émission «Le monde à l’envers»

• À lire aussi: Abolition du serment au roi: «un important geste d’affirmation nationale», dit le ministre Roberge

Dorénavant, seul le serment au peuple québécois sera exigé pour siéger au Salon bleu. La pièce législative déposée mardi par le ministre Jean-François Roberge a été sanctionnée par le lieutenant-gouverneur dans l’heure qui a suivi son adoption, de sorte qu’elle est déjà en vigueur. 

Le trio péquiste, qui ne pouvait siéger au Salon bleu faute d’avoir dûment prêté serment au roi, doit compléter son processus d’assermentation avec la signature du livre de l’Assemblée nationale au bureau du secrétaire général, vendredi après-midi. 

Il s’est écoulé seulement une douzaine de minutes, autour de 14h, entre l’adoption du principe du projet de loi et son adoption finale par les trois partis présents en chambre, qui s’étaient entendus pour procéder par la méthode rapide.  

Seule une poignée de députés était présente en chambre pour vivre ce moment historique.  

Rappelons que même le Parti libéral du Québec, qui était au départ beaucoup moins enthousiaste que les autres partis à l’idée d’abolir le serment au roi, s’est rallié à la volonté d’une majorité de Québécois désireuse en finir avec cette vieille tradition monarchique.  

Après des années de débat

« Nous sommes démocrates, pas monarchistes », a souligné le ministre responsable des Institutions démocratiques, Jean-François Roberge, avant de soumettre son projet de loi aux votes des parlementaires.  

«Pour moi aujourd’hui, c’est une belle journée, c’est une journée d’unité nationale. Ça me touche énormément. [...] C’est un grand pas pour la liberté de conscience», s’est réjoui le député solidaire Sol Zanetti, qui a déjà témoigné par le passé qu’il s’était senti «souillé à jamais» en jurant fidélité à la reine Elisabeth II. Québec solidaire avait déposé un projet de loi pour mettre fin à ce serment, dans le dernier mandat, mais il est mort au feuilleton.  

«Le gouvernement n’est pas à l’abri de contestations judiciaires, nous souhaitons que les avis juridiques qu’il a reçu soient solides», a déclaré à son tour le leader parlementaire libéral Monsef Derraji.  

«Cette question a pris beaucoup de place sur l’espace publique», a noté le député de Nelligan, qui s’est dit heureux de pouvoir tourner «cette page d’histoire», afin de pouvoir revenir sur les « vrais enjeux» et les «vraies préoccupations des Québécois» au retour en chambre le 31 janvier prochain.  

Entrée en scène du PQ le 31 janvier

Le trio péquiste devra d’ailleurs attendre jusqu’à cette date avant de pouvoir entrer au Salon bleu. Pour le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, qui a été élu député de Camille-Laurin le 3 octobre dernier, ce sera une première.  

Rappelons que les trois élus du Parti Québécois se sont buttés aux portes closes au Salon bleu lorsqu’ils ont essayé d’y entrer sans avoir prêté le serment au roi Charles III, la semaine dernière.  

Le projet de loi 4 du ministre Roberge n’ayant que deux courts articles, les péquistes auraient aimé que le projet de loi soit adopté et sanctionné avant la fin de la session, afin qu’ils puissent siéger au moins une fois au Salon bleu avant la pause des Fêtes.  

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, a notamment accusé les autres partis de s’être « entendus » pour garder les députés du PQ à l’extérieur du salon bleu jusqu’à la fin de la session. «C’est le prix qu’on nous fait payer pour s’être tenu debout», a-t-il écrit, jeudi.  

«C'est un projet de loi de deux articles, là, ça prenait dix minutes, avait prédit vendredi matin le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon. Il y a un choix qui a été fait de la part des autres partis de traiter de cette question seulement aujourd'hui, de sorte qu'on ne siège pas. J'aurais voulu poser une question au premier ministre. J'aurais beaucoup aimé ça. En même temps, si on prend un pas de recul, le plus important, c'est que cette question-là soit réglée.»

Faux complot, disent le PLQ et QS

Les libéraux et les solidaires ont nié l’existence d’un tel accord entre les partis pour empêcher les péquistes de venir siéger avant la fin de la session. Ils rappellent que c’est le gouvernement qui a le contrôle de l’agenda. 

«Je vais être très clair, c'est complètement faux, a lancé le leader parlementaire des libéraux, Monsef Derraji. Surtout venant d'un député d'expérience, il le sait très bien, comment ça marche, il sait très bien que l'agenda de l'étude des projets de loi, c'est entre les mains du leader du gouvernement.» 

«Je pense que monsieur Plamondon et ses deux collègues voient des complots, des manigances, et des ennemis partout. Dans les faits, c'est assez exceptionnel qu'un projet de loi soit adopté aussi rapidement que ça, et c'est une bonne chose, et on est contents qu'on ait réussi à procéder rapidement», a déclaré le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. 

«Les députés du Parti québécois auraient pu participer à cet exercice démocratique-là, c’est leur choix de s’exclure de leur travail de parlementaire pour adopter une loi», a pour sa part commenté le leader du gouvernement, Simon Jolin-Barrette.    

  •  Écoutez le segment Tout savoir en 24 minutes avec Alexandre Moranville-Ouellet sur QUB radio :  

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.