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Retour sur scène de Julien Lacroix : «Je veux voir si je peux toujours faire mon métier»

Notre chroniqueur a pu s’entretenir avec l’humoriste qui revient sur scène ce soir dans une petite salle de Montréal

Retour sur scène de Julien Lacroix : «Je veux voir si je peux toujours faire mon métier»
Photo Joël Lemay

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NDLR - L’humoriste Julien Lacroix a quitté la scène publique à la suite d’allégations de violences sexuelles rapportées dans Le Devoir il y a plus de deux ans. Récemment, un dossier controversé de La Presse+ et du 98,5 revisitait les témoignages des victimes et ouvrait la voie au retour de l’humoriste. Le Journal était le seul quotidien autorisé à assister à son retour sur scène.


Cette fois, ça y est : l’humoriste Julien Lacroix revient devant public.

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Cette fois, quand il a annoncé ce retour, personne dans le milieu de l’humour n’a ricané.

Sa famille n’a pas non plus reçu de menaces de mort comme ça s’était produit en juillet dernier lorsqu’il avait voulu organiser une soirée similaire. 

Il y a cinq semaines, la parution d’un long article signé Isabelle Hachey dans La Presse et d’un balado de Marie-Ève Tremblay au 98,5 FM révélait certains arcanes du dossier du Devoir qui a stigmatisé l’humoriste pendant l’été 2020.

Son ex-copine qui était initialement sa principale accusatrice, l’écrivaine Geneviève Morin, a alors nuancé et clarifié certains de ses propos.

Elle a déploré que son ancien amoureux croupisse dans un purgatoire sans issue et elle a émis le souhait qu’il puisse vivre sa vie à nouveau.

Bref, depuis cinq semaines, Julien Lacroix n’est donc plus persona non grata... pour certains du moins.

Pas de journaliste

«En juillet, personne ne voulait me louer une salle, et je prévoyais faire ça dans un entrepôt. Maintenant, j’ai pu trouver un café prêt à me donner ma chance, à me louer sa scène», me racontait-il cet après-midi, attablé dans cet établissement.

Pour des raisons de sécurité, je vais taire le nom de ce lieu jusqu’à la fin de son spectacle, mercredi soir.

C’est une petite salle.

Les billets vendus à 15 $ suffiront à peu près à rembourser la location de la salle et le cachet du gardien de sécurité professionnel embauché pour l’occasion.

L’auditoire d’une trentaine de personnes sera constitué de gens qu’il ne connaît pas.

«Je veux voir si je peux toujours faire mon métier et si je vais aimer ça, même à jeun. C’est une question que je me pose depuis deux ans et demi», me dit celui qui s’abstient d’alcool depuis ses déboires.

«Plusieurs amis m’ont envoyé ta chronique au sujet de Josiane Stratis qui parlait de la culture de l’annulation, et c’est pour ça que j’ai accepté de te parler et de t’inviter», dit celui qui a refusé toutes les demandes d’entrevue depuis cinq semaines, y compris celles de populaires émissions de télévision.

Pourquoi avoir été silencieux depuis la parution de l’article de La Presse et du balado du 98,5 FM?

«Depuis le début, ma parole ne vaut pas grand-chose ou à peu près rien. J’aime mieux m’exprimer discrètement avec le médium que je connais le mieux, qui est l’humour.»

«Est-ce qu’en 2023, je prendrai la parole publiquement pour me donner le droit de recommencer à faire mon métier? Peut-être!»

Retrouvailles avec le public

Sa performance de ce soir sera captée et servira peut-être, il n’en est pas sûr, à produire un balado.

«Franchement, je ne sais pas ce que ça va donner, j’espère que ça va bien se passer.»

«Ce qui a été dit à mon égard il y a deux ans et demi va teinter à vie le regard sur moi, quoi que je fasse, mais si je pouvais vivre de mon art comme ça, de façon underground, dans des petites salles, ça me va très bien.»

«C’est ce qui me rend heureux : monter sur scène.»

«J’ai voulu une salle de gens que je ne connais pas pour voir si je peux connecter avec eux et comment je peux me débrouiller tout en étant davantage moi-même, en répondant à leurs questions, et sans me cacher derrière mon personnage.»

Je serai bien sûr sur place pour voir ça.

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