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Le devoir parental

Gaz Bar Blues
Photo fournie par Le théâtre La Bordée

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Martin Drainville n’aura pas besoin de puiser trop loin pour incarner le patriarche qui tient une station-service dans la pièce Gaz Bar Blues, l’adaptation du film de Louis Bélanger, présentée chez Duceppe.

« Je me reconnais dans le rôle de François Brochu, affirme l’acteur en entrevue téléphonique. Par exemple, la monoparentalité, car quand je me suis séparé, j’ai eu mes enfants à temps plein durant un grand bout de temps. »

« Je sais c’est quoi être papa et maman en même temps, poursuit-il. De ressentir cette culpabilité liée à si on en a fait assez pour qu’ils soient heureux. »

Le père de deux jeunes de 22 ans et 16 ans vante les bienfaits de la paternité.

« Le métier de comédien nous amène à nous focaliser sur nous-même, alors que c’est le contraire lorsque tu as un enfant. Quand on est centré sur nous-même, nos problèmes deviennent plus grands que nature, mais lorsqu’on est distrait par la vie d’un autre être humain, cela remet les choses en perspective. »

« Être père est un devoir vraiment important pour moi, plus que je l’aurais imaginé, poursuit-il. Je me définis beaucoup plus aujourd’hui comme un père que comme un comédien. »

Forte présence musicale

Celui qui joue dans Broue soutient que la pièce Gaz Bar Blues reste fidèle au film sorti en 2003. 

« C’est la même trame narrative, mais la metteuse en scène, Édith Patenaude, a pris le pari d’avoir de la musique tout au long du spectacle, mentionne-t-il. Le blues vient toucher une corde sensible qui résonne. » 

Il précise que cet univers musical « beau et tendre » appuie à merveille le propos qui porte sur la nostalgie, sur ce mélange de joie et de peine ressenti à l’approche de la fin de quelque chose de marquant.

Dans ce cas-ci, c’est ce père malade qui se préoccupe de l’avenir de ses enfants dans un quartier dur de Québec et qui sait que son commerce, menacé par la concurrence, ne tiendra plus longtemps.

« Le “gaz-bar” représente bien le Québec, note Martin Drainville. Les derniers milles de cet établissement, c’est aussi la fin d’une communauté, du village dans la ville. On le voit en région avec les commerces qui ferment, c’est la disparition de lieux de rassemblement. »

Pour lui, cette station-service ressemble à la taverne de Broue où les gens sont heureux de retrouver ceux qu’ils connaissaient, tout en étant incapables de dire qu’ils s’aiment. 

« Ces deux endroits, ce sont des mondes révolus », constate l’acteur.


Gaz Bar Blues est présentée chez Duceppe du 18 janvier au 18 février.

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