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Le CF Montréal et son mépris des Québécois

CF Montréal
Pierre-Paul Poulin / Le Journal

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Le CF Montréal a finalement décidé de ne pas embaucher Sandro Grande. La controverse était trop vive et devenait politique. Après Paul St-Pierre Plamondon, François Legault s’en est d’ailleurs mêlé. Les deux nationalistes ne cachaient pas leur indignation.  

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Le club de soccer a reconnu avoir « manqué de sensibilité » dans cette histoire, en sous-estimant la signification des déclarations de celui à qui on destinait un rôle essentiel. 

« Manque de sensibilité. » C’est le moins qu’on puisse dire. 

Telle est peut-être la véritable histoire dans cette polémique. Elle révèle à quel point une partie de l’élite montréalaise est séparée mentalement des Québécois francophones.

Mépris

Car comment peut-on sérieusement traiter sur le mode mineur le fait de souhaiter l’assassinat de la première ministre du Québec ? 

Il nous faut revenir sur les événements pour nous rafraîchir la mémoire.

Le 4 septembre 2012, Richard Henry Bain avait voulu provoquer un massacre chez les souverainistes et assassiner Pauline Marois. Il avait échoué. Et Sandro Grande, rappelons-le, s’était désolé sur Twitter de l’échec de cette entreprise terroriste. 

Sandro Grande ne faisait pas un mystère de sa haine des souverainistes, alors qu’il les assimilait à de gros colons pas de classe – je traduis ainsi ses propos. Il les traitait aussi d’imbéciles. 

Pourtant, rien de tout cela n’a convaincu, dans un premier temps, le CF Montréal de ne pas embaucher Sandro Grande. 

Envisageons deux possibilités. 

La première : ses dirigeants jugeaient que cela n’était pas vraiment grave. 

Mais imaginons un instant que Sandro Grande ait souhaité l’assassinat d’une figure publique associée à une autre « communauté » que celle des Québécois francophones. 

Ou qu’il ait parlé avec la même violence de n’importe quelle communauté issue de l’immigration. Peut-on croire un seul instant qu’on aurait fait preuve à son endroit de la même indulgence ?

La deuxième : les dirigeants du CF Montréal considéraient peut-être ces propos comme graves en eux-mêmes, mais ils misaient alors sur l’indifférence des Québécois francophones, qui ont pris l’habitude de se faire insulter et qui ne s’en formalisent plus vraiment. 

En gros, les dirigeants du CF nous prenaient pour des tapis et se disaient qu’après une tempête médiatique, tout rentrerait dans l’ordre. 

Quelle que soit la bonne explication, on peut difficilement la dissocier d’une dimension encore plus désagréable. Nous sommes en droit de croire que les propos de Sandro Grande représentent un état d’esprit plus courant qu’on ne le dit dans notre société.

Je laisse de côté l’appel au meurtre, absolument criminel, pour me concentrer sur son mépris des francophones. 

Indifférence

Il existe au Québec un vrai mépris des Québécois francophones. Mais nous faisons tout pour ne pas le voir. 

Il s’exprime quelquefois de manière feutrée, quand le patron d’une entreprise refuse d’apprendre le français comme s’il vivait chez nous parmi des sujets devant s’adapter à ses besoins de grand maître colonial.

Il s’exprime aussi de manière violente.

Chose certaine, cette histoire nous en dit beaucoup sur le regard porté sur les Québécois francophones au Québec.

Je me demande : qui est vraiment surpris de l’existence de ce mépris ?

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