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Biden et Trump dans les filets de la justice pour la gestion de documents confidentiels

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Donald Trump et Joe Biden font tous les deux l’objet d’enquêtes pour leur gestion des archives de la Maison-Blanche, des dossiers aussi délicats que différents. 

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Les points communs 

Aux États-Unis, le Congrès a déclaré en 1978 que l’ensemble des documents créés ou reçus par le président et le vice-président dans le cadre de leurs fonctions appartenaient aux États-Unis.

En vertu de cette loi, en fin de mandat, tous les courriels, lettres, photos, vidéos et documents de travail de la Maison-Blanche doivent être transmis aux Archives nationales, chargées de consigner pour l’Histoire les activités présidentielles. 

Par ailleurs, une autre loi, sur l’espionnage, interdit aux agents américains de conserver des documents classés confidentiels dans des lieux non autorisés et non sécurisés.

Joe Biden et Donald Trump semblent tous les deux avoir enfreint ces règles, le premier à la fin de son mandat de vice-président en 2017, le second à son départ de la présidence en 2021.

Des documents confidentiels, qu’ils auraient dû restituer, ont en effet été retrouvés en leur possession, dans le club Mar-a-Lago pour le milliardaire républicain, dans un ancien bureau et dans le garage de sa maison de Wilmington pour le président démocrate. 

Compte tenu de leurs profils, le ministre de la Justice Merrick Garland a confié les investigations à deux procureurs spéciaux : Jack Smith, nommé en novembre pour s’occuper du dossier Trump (ce qui inclut aussi les investigations sur son rôle dans l’attaque du Capitole le 6 janvier 2021) et Robert Hur, désigné jeudi pour le volet Biden.

Récalcitrant ou coopératif

Les deux dossiers diffèrent d’abord par l’attitude des principaux protagonistes.

Après le départ de Donald Trump de la Maison-Blanche, les Archives nationales ont dû batailler pour qu’il accepte de rendre ses dossiers. Un an plus tard, elles ont obtenu la restitution de 15 boîtes entières de documents, dont certains à grande valeur historique, comme une lettre que lui avait adressé le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Convaincue de ne pas avoir tout récupéré, cette agence a demandé en février 2022 à la justice fédérale d’enquêter. Après plusieurs interrogatoires de membres de son entourage et une visite sur place, la police fédérale (FBI) a estimé que le milliardaire conservait sans doute d’autres documents cachés dans sa luxueuse résidence Mar-a-Lago en Floride.

Munis de mandats, des agents du FBI y ont mené une perquisition spectaculaire en août et ont saisi une trentaine de boîtes supplémentaires. Un examen a montré que 18 documents classés « top secret », 53 « secrets » et 31 « confidentiels » se trouvaient dans ces cartons.

À l’inverse, le dossier concernant Joe Biden a éclos suite à un signalement effectué par ses propres avocats.

Le 2 novembre, ils vidaient les anciens bureaux Joe Biden à Washington, quand ils ont trouvé des documents confidentiels — une dizaine selon les médias — dans un tiroir fermé. Ils les ont immédiatement transférés aux Archives nationales. Celles-ci ont informé dans la foulée le ministère de la Justice qui a ouvert une enquête préliminaire.

En parallèle, les avocats de la présidence ont inspecté les deux résidences privées de Joe Biden, pour vérifier si d’autres documents ne s’y trouvaient pas. Le 20 décembre, ils ont indiqué au ministère de la Justice avoir retrouvé un « petit nombre de documents confidentiels » supplémentaires dans le garage de sa maison de Wilmington. Le FBI en a pris possession.

Lignes de défense

Dénonçant une « persécution politique », Donald Trump a nié avoir un tort quelconque. « J’avais un petit nombre de boîtes à Mar-a-Lago, qui étaient sous la protection d’agents et de mes équipes », a-t-il notamment déclaré en octobre. « Ils devraient me les rendre, car tout est à moi ! »

À l’inverse, Joe Biden dit « prendre très au sérieux » ses obligations en matière de documents confidentiels », mais assure avoir agi « par inadvertance ».

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