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Facile pour les villes de demeurer bilingue, malgré le faible nombre d'anglophones

Même largement francophones, des villes n’ont qu’à adopter une résolution pour conserver l’anglais

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Plusieurs villes et arrondissements voteront bientôt pour conserver leur statut bilingue, malgré une faible population de citoyens anglophones. La preuve, dit le PQ, que la réforme de la loi 101 manquait de dents.  

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Avec seulement 7,2 % citoyens d’expression anglaise, la ville d’Otterburn Park tient à pouvoir continuer de communiquer au besoin avec ses citoyens dans la langue de Shakespeare. 

Également sur la Rive-Sud de Montréal, l’arrondissement de Greenfield Park, qui relève de Longueuil, continuera à aussi communiquer dans les deux langues, afin de respecter la volonté de 26 % de ses citoyens anglophones. 

Idem pour l’arrondissement Pierrefonds-Roxboro, qui fait partie de la ville de Montréal, avec seulement 29 % des résidents qui disent avoir l’anglais comme langue maternelle. 

PHOTO: MARTIN ALARIE / LE JOURNAL DE MONTRÉAL

PHOTO: MARTIN ALARIE / LE JOURNAL DE MONTRÉAL

Le scénario se répète à Kirkland et Dorval, où la minorité anglophone s’élève à plus de 40 %, mais en deçà du seuil de 50 % fixé par la loi pour être reconnue comme une ville bilingue. 

Loi «assez inoffensive»

Le projet de loi 96, adopté en juin dernier par le gouvernement de François Legault, promettait de faire le ménage parmi les 47 municipalités qui se retrouvent dans cette situation, mais la pièce législative contenait une échappatoire. 

C’est que la réforme de la loi 101 permet aux municipalités bilingues de conserver leur statut en adoptant une simple résolution au conseil municipal dans un délai de 120 jours après la réception d’un avis de l’Office québécois de la langue française.

Plusieurs villes ont déjà annoncé leur intention d’adopter de telles résolutions au cours du mois de janvier.  

«Dès l’étude du projet de loi 96, j’avais prévenu tout le monde que cette loi serait assez inoffensive et qu’elle donnait l’impression d’agir de façon concrète, mais ce ne sont essentiellement que des symboles», affirme aujourd’hui le député péquiste Pascal Bérubé. 

Une simple motion permettra aux municipalités de conserver le statu quo «même si la population d’expression anglophone est très minoritaire», déplore-t-il. 

Le Parti québécois avait fixé à 33 % le seuil minimum pour pouvoir offrir un service dans les deux langues. 

Pascal Bérubé craint notamment que le maintien de services bilingues n’amène les villes à exiger une maîtrise de l’anglais pour les nouvelles embauches. 

Le projet de loi 96 l’interdit, mais le maire de Kirkland, Michel Gibson, a récemment donné raison aux craintes du député péquiste. Sans l’exiger sur les offres d’emplois, la maîtrise de l’anglais sera abordée lors des entrevues d’embauche, a-t-il confié au quotidien Montreal Gazette. «Nous avons besoin de gens bilingues pour notre ville», a-t-il déclaré. 

  • Écoutez la chronique de Gilles Proulx, chroniqueur au Journal de Montréal et Journal de Québec au micro de Richard Martineau sur QUB radio : 

Le ministre se défend

Le maire affirme que les services sont offerts dans les deux langues et ne voit pas la nécessité de retirer une option en anglais.

«Je ne veux pas me faire dicter par ce groupe de nationalistes pour nous dire quels services nous pouvons offrir à nos résidents», a-t-il confié au quotidien anglophone. 

Au bureau du nouveau ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, on rejette les critiques du PQ en insistant sur l’équilibre de la loi qui «permet de renforcer le français au Québec, tout en préservant les droits de la minorité anglophone». 

Villes à statut bilingue
% de citoyens anglophones 

Otterburn Park 7,2 %

Rosemère 12,1 %  

Ulverton 14,5 %

Mille-Isles 17 %

Noyan 17,9 % 

Morin-Heights 18,3 %

Mont-Royal 18,5 %  

Gore 20,2 %  

Hatley 20,4 %

Havelock 22,3 % 

Ristigouche-Partie-Sud-Est 22,9 % 

L’Île-Cadieux 24 % 

Saint-Georges-de-Clarenceville 25,5 % 

Source : Gouvernement du Québec, recensement 2016

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