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La défaite est un condiment de la victoire

Gala de boxe Groupe GYM
Photo Martin Chevalier Kim Clavel (à droite) en a eu plein les bras face à Yesica Nery Plata, samedi soir, à la Place Bell.

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« La défaite est souvent un condiment de la victoire. C’est arrivé souvent et l’histoire le prouve ». La phrase est de Stéphan Larouche, le gérant de Kim Clavel. 

S’il y en a un qui est capable de mesurer l’état et surtout le travail à accomplir pour ramener Kim Clavel vers d’autres sommets, c’est lui.

Il était avec Éric Lucas après sa volée contre Mikkel Kessler à Copenhague au Danemark. Il était aussi avec Lucian Bute, dans la nuit quand Bute était venu rencontrer les journalistes à Nottingham en Grande-Bretagne. Il venait de manger une raclée contre Carl Froch. Il était complètement défait. Atterré.

« Les circonstances étaient différentes. Lucian Bute avait plus d’expérience au niveau international. Il avait vécu plusieurs défenses de titre. Même chose pour Éric Lucas. Kim, elle, a subi sa première défaite à un haut niveau. Elle doit d’abord digérer cette défaite, analyser ce qui a été bien et mauvais dans le combat et tirer les leçons qui vont lui permettre de remonter encore plus haut », expliquait Stéphan Larouche hier avant-midi.

UN GRAND COMBAT

« Et puis, il y a toutes sortes de défaites. Parfois, c’est une volée. Mais vendredi, c’était un excellent combat, serré jusqu’à la fin. Danielle Bouchard, son entraîneuse, a du matériel pour travailler sa technique. 

Et Kim a un promoteur qui a de l’imagination et des contacts pour faire évoluer sa carrière », de dire Larouche.

On a jasé de la grande défaite en quinze rounds de Sugar Ray Leonard contre Roberto Duran. Et comment Leonard avec quelques petits ajustements a poussé Duran à l’abandon six mois plus tard à La Nouvelle-Orléans. 

Faut dire cependant que Duran l’avait aidé en partant sur une baloune carabinée entre les deux combats.

Et de Muhammad Ali contre Joe Frazier au Madison Square Garden de New York. Ali est revenu pour reconquérir deux autres fois le championnat mondial.

L’histoire de la boxe fourmille de grands boxeurs qui se sont relevés d’une défaite. En fait, à part Floyd Mayweather et Rocky Marciano, ils ont tous perdu un combat pendant leur carrière.

Peut-être qu’Artur Beterbiev va les imiter mais c’est loin d’être terminé dans son cas.

LA BOXE FÉMININE GAGNE

Que plus personne ne vienne déblatérer sur la boxe féminine. Kim Clavel a perdu. C’est vrai et Yesica Nery Plata méritait la victoire. Elle a été plus solide, plus forte et a frappé aussi souvent mais beaucoup plus fort que Kim Clavel.

Mais qui va oser dire que ce combat de dix rounds ne fait pas partie des bons combats des douze derniers mois ? Et pas seulement au Québec.

On a eu droit à une démonstration technique, surtout de Clavel, de courage, de hargne, de force de Plata, et aussi de coaching puisque la télé nous a montré Danielle Bouchard entre les assauts. En écoutant ses instructions, on comprenait facilement où en était rendu le combat dans sa tête.

Et on a compris, à partir du septième round, que Clavel pouvait encore aller chercher un combat nul mais que la victoire devenait problématique. 

En tous les cas, Mario Cecchini, l’ancien président des Alouettes, a pu oublier pendant une demi-heure la saloperie de son congédiement. Il était l’invité du promoteur.

LA DOULEUR DE LA DÉFAITE

Kim Clavel pleurait abondamment en point de presse. Homme ou femme, la défaite fait mal. On parlait de Lucian Bute et d’Éric Lucas. Et Jean Pascal après Sergey Kovalev, vous pensez qu’il n’avait pas mal ?

Que Clavel ait pleuré est bien correct. C’est elle qui a trimé, elle qui s’est battue et elle qui devait affronter l’agonie de la défaite. 

Par ailleurs, n’allez pas croire que le clan Clavel a été pris par surprise. Deux jours avant le combat, Stéphan Larouche m’a juste dit : « On a un vrai challenge sur les bras. Elle a un gros crochet de gauche ». Il aurait pu ajouter « et un bon jab ».

Comme le souligne son gérant, Kim Clavel est encore jeune. Dans sa catégorie, il y a de nombreuses bonnes boxeuses. La boxe est cruelle mais c’est un sport. Une défaite n’est pas la fin de tout ; la preuve, Yesica Nery Plata a deux défaites inscrites à son palmarès. 

Ça n’a pas empêché Boxrec de la classer numéro un au monde. 

Le juge de Marie-Pier Houle

GYM perd sa dernière championne. Mais il y a un combat revanche qui est très possible. Et ce Mazlum Akdeniz qui a gagné un dix rounds à sens unique contre son Mexicain de la soirée, a peut-être quelque chose à voir progresser. En tous les cas, il est énergique et en super forme. 

L’autre point à noter est le combat de Marie-Pier Houle. La jeune femme est dotée d’un physique athlétique idéal pour la boxe. Elle était bien préparée et elle a gagné un combat relativement serré.

Mais comment un juge a-t-il pu donner tous les rounds à Madame Houle ? Et il me semble que ces jugements à l’emporte-pièce sont trop fréquents dans l’univers de la Régie des alcools, des courses et des jeux.

Marco Bergeron était-il là ?

DANS LE CALEPIN | Richard L’Écuyer avait également prédit une victoire de Plata. Et pour rassurer mon vieux compère Jean-Charles Lajoie, mon accréditation était à poil. Claire Couturier demeure une grande professionnelle.

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