/finance/news
Navigation

Le divorce brise le fragile équilibre de ses finances

Crisis in relationship and divorce concept
Photo Adobe Stock

Coup d'oeil sur cet article

Claude est endetté de 15 000 $ et son salaire devrait lui permettre de rembourser ses créanciers. Le hic, c’est que depuis son divorce, il doit continuer à payer sa part d’hypothèque en plus du loyer de son nouvel appartement.

Claude gagne 3400 $ net par mois. Son véhicule est en location et, depuis son divorce il y a deux ans, il occupe un appartement dont le loyer est raisonnable. 

Mais son budget est déficitaire, car le jugement de divorce prévoit qu’il doit continuer à payer sa part de l’hypo­thèque jusqu’à ce que Geneviève, son ex-conjointe qui habite dans l’ancienne résidence familiale, rachète sa part de la maison.

Pas de marge de manœuvre

Le problème est que Geneviève ne réussit pas à obtenir le financement nécessaire. Si elle s’était qualifiée à l’époque pour acquérir la moitié de la propriété, elle ne répond pas aux critères requis pour obtenir une hypothèque couvrant la totalité de la résidence­­­. 

Qui plus est, la valeur de la maison correspond sensiblement au montant de l’hypothèque actuelle puisqu’au moment de l’achat, la mise de fonds s’est limitée au strict minimum nécessaire.

Claude engloutit donc une partie importante de ses revenus dans les paiements hypothécaires, ce qui, en plus de ses autres dépenses mensuelles, ne lui laisse pas la marge de manœuvre dont il aurait besoin pour rembourser ses dettes, essentiellement des soldes de cartes de crédit.

Une bouffée d’oxygène

Il est donc allé consulter des experts en insolvabilité pour trouver une solution viable. Ayant déjà fait faillite, il voulait éviter de se retrouver dans cette situation, avec toutes les répercussions que cela aurait sur son dossier de crédit. 

«Rapidement, une proposition de consommateur a été discutée avec Claude. Un règlement de 10 000 $ payable à raison de 167 $ mensuellement pendant 60 mois a été accepté par les créanciers », explique Pierre Fortin, syndic autorisé en insolvabilité, président de Jean Fortin & Associés. 

Cette réduction du montant dû lui donne la bouffée d’oxygène dont il a besoin. Au lieu d’avoir à verser chaque mois un paiement minimum de 525 $ pour ses cartes de crédit, il ne paye désormais que 167 $ dans le cadre de la proposition.

«Quant à ses obligations concernant la maison, une clause a été ajoutée dans la proposition de consommateur prévoyant qu’il renonce à l’immeuble. Cela signifie que si le créancier hypothécaire venait à reprendre la propriété pour défaut de paiement et qu’il la vend à perte, il ne pourra pas réclamer celle-ci à Claude, car elle fera partie de la proposition», explique Pierre Fortin.

CONSEILS

  • Les séparations et les divorces représentent un cas sur quatre des dossiers d’insolvabilité traités chez Jean Fortin. Bien sûr, ces situations sont imprévisibles, mais la seule façon de s’en sortir financièrement si cela venait à se produire est de conserver un niveau de dettes personnelles bas. Vous envisagez l’achat d’une maison en couple ? Soyez conscient qu’en ne versant qu’une petite mise de fonds, il risque d’être plus difficile de vendre l’immeuble si, pour une raison quelconque, vous deviez vous en défaire rapidement.
  • Il ne suffit pas de s’entendre sur le rachat de la moitié de la maison par son ex-conjoint, encore faut-il que celui-ci se qualifie pour l’hypothèque, car qui dit rachat dit processus de requalification, test de résistance, etc. Avec la flambée actuelle des taux hypothécaires, cela risque d’être beaucoup plus ardu de se qualifier.
  • Même sans chicane, une séparation bouleverse considérablement les finances. Avec les mêmes deux revenus, il faut désormais payer pour deux logements, les déménagements, l’achat de nouveaux meubles et d’un véhicule le cas échéant, etc. Une bonne entente, un fonds d’urgence et une répartition équitable des dettes réduisent le risque de se retrouver plongé dans la tourmente financière.
Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.