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C'est sérieux, l'avenir d'Hydro-Québec

Sophie Brochu
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Le départ de Sophie Brochu (photo) est l’occasion, pour Hydro, de devenir le vaisseau amiral de la transition énergétique, estime Martine Ouellet, ex-ministre péquiste et cheffe de Climat Québec.

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Hydro-Québec c’est l’institution emblématique du «Maîtres chez nous» des Québécois et elle doit le rester. 

Le gouvernement Legault devrait profiter de la démission surprise de la PDG Sophie Brochu pour organiser et tenir rapidement une vaste consultation publique sur l’avenir de la plus importante société d’État québécoise. 

Une telle consultation publique permettrait au gouvernement caquiste et aux partis d’opposition (Parti libéral, Québec solidaire, Parti Québécois, Parti conservateur) d’entendre la panoplie d’experts en matière énergétique et d’interroger ouvertement leurs recommandations. Et ensuite, de statuer sur les meilleures recommandations pouvant permettre à Hydro-Québec de répondre le plus adéquatement possible aux besoins énergétiques du Québec, de sa population, de ses industries et commerces, des futures générations, des changements climatiques, etc.  

À la suite de cette consultation publique et des recommandations retenues, il reviendra évidemment au chef du gouvernement, François Legault, de nommer à la tête d’Hydro la personne lui apparaissant la plus compétente pour remplir le nouveau mandat portant sur les priorités de l’Hydro-Québec de demain. 

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Dix questions cruciales

À titre d’exemples, voici une série de questions soulevées dans le grand public qui mériteraient d’être analysées dans le cadre d’une consultation publique sur l’avenir d’Hydro-Québec.

  1. À combien estime-t-on les besoins en électricité de base de la population du Québec pour les 40 prochaines années, cela comprenant l’éclairage, le chauffage, l’électrification du transport en commun, l’achat massif de voitures électriques, etc. ?
  2. Pour répondre à la croissance de la demande en énergie verte, combien d’électricité de plus faudra-t-il produire au fil des quatre prochaines décennies ?
  3. Compte tenu de la croissance des besoins en électricité essentiels pour répondre à la demande québécoise, est-il encore pertinent de conclure des ententes d’exportation d’électricité vers les États-Unis ?
  4. Quelles sont les meilleures solutions pour produire davantage d’électricité au plus bas coût possible : la construction de barrages, les projets d’éoliennes, le développement de nouvelles technologies de production d’électricité, etc. ? 
  5. La vente d’électricité à bas prix aux industries québécoises a-t-elle encore sa raison d’être, tant sur le plan économique que sur le plan socio-environnemental ?
  6. Que doit faire Hydro-Québec pour améliorer son réseau de distribution d’électricité lors des épisodes de météo extrême, lesquelles sont de plus en plus fréquents ?
  7. Hydro-Québec doit-elle rester une « vache à hydro-dollars » pour le gouvernement du Québec ? 
  8. La tarification basée sur l’inflation que le gouvernement Legault a mise en place doit-elle faire l’objet d’une révision en fonction des réels coûts de production d’électricité, comme c’était le cas auparavant ?
  9. Serait-il pertinent ou pas d’établir une tarification d’électricité résidentielle dont le prix progresse en fonction de la consommation ?
  10. Quels sont les meilleurs moyens d’économiser de l’électricité sans pour autant forcer la population à faire des sacrifices difficiles ?

Une occasion à saisir 

J’ai trouvé particulièrement intéressant le point de vue émis par Martine Ouellet, l’ex-ministre péquiste devenue cheffe de Climat Québec : « Démission de Sophie Brochu : c’est l’opportunité pour Hydro-Québec de prendre enfin le virage climatique. »

Hydro-Québec pourrait devenir le « navire amiral pour mettre fin rapidement au gaz et au pétrole au Québec, dit-elle. Hydro-Québec possède l’expertise nécessaire pour réduire la consommation d’énergie, pour remplacer les technologies fossiles par des technologies électriques beaucoup plus écoresponsables, particulièrement auprès des grands industriels gros émetteurs de GES. »

De plus, affirme Mme Ouellet, Hydro possède également une expérience solide du côté de l’électrification des transports : moteurs, batteries, bornes et stations de recharge. 

Sa conclusion : « Avant même de penser à construire de nouveaux barrages, c’est elle qui peut le mieux documenter un scénario plus sobre de l’utilisation de l’électricité déjà produite et les améliorations aux infrastructures déjà existantes qui permettraient de réaliser la transition énergétique à même le réseau actuel. »

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