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Conflit à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont: juste un plaster sur le bobo

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Si le coup d’éclat des infirmières de l'urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont lundi soir a permis de trouver des solutions temporaires, le manque de personnel reste entier, prévient le syndicat.

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La démission de 92 des 113 infirmières de l’urgence a été évitée de peu grâce à des changements annoncés mardi, dont la mutation de leur cheffe d’unité et la réaffectation de certaines ambulances vers d’autres hôpitaux.

«Ça règle le problème de la menace de démission en bloc. [...] Mais je crains fortement qu’il n’y ait d’autres sit-in à l’avenir», a laissé tomber Denis Cloutier, président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

C’est que ses membres en ont ras le bol du temps supplémentaire obligatoire (TSO) qui leur est imposé et de leurs conditions de travail plus que difficiles en raison de la pénurie de main-d’œuvre.

Des infirmières découragées comptabilisent le temps supplémentaire obligatoire (TSO) imposé. Début janvier, 80 quarts de travail étaient concernés en quatre jours.
Capture d'écran, TVA Nouvelles
Des infirmières découragées comptabilisent le temps supplémentaire obligatoire (TSO) imposé. Début janvier, 80 quarts de travail étaient concernés en quatre jours.

Elles ont d’ailleurs refusé lundi soir le plan de contingence proposé par leur gestionnaire en raison des risques liés à la sécurité des patients, occasionnant une fermeture partielle de l’urgence pendant la nuit. 

  • Écoutez l'entrevue avec Denis Cloutier à l’émission de Philippe-Vincent Foisy diffusée chaque jour en direct sur QUB radio:  

Le poids des heures

Encore mardi soir, 12 infirmières sur 24 manquaient à l’appel, rapporte M. Cloutier. 

«Huit se sont portées volontaires pour faire du temps supplémentaire, ce qui veut dire probablement que quatre autres ont dû faire du TSO», illustre-t-il, précisant qu’il n’envisageait pas de bris de service. 

«Tu vois qu’elles ont le poids des heures supplémentaires sur les épaules», s’est attristée Danielle Dionne, qui avait accompagné sa fille souffrant de la maladie de Crohn à l'urgence lundi.

Des ambulances – environ sept par jour, selon M. Cloutier – seront aussi dirigées vers d’autres hôpitaux pour alléger les tâches à Maisonneuve-Rosemont.

«On va avoir un appui du réseau de la santé pour diminuer le nombre d’ambulances reçues à HMR. Il faut commencer à avoir un peu moins de volume, avoir un équilibre travail-famille», a expliqué le PDG du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal, Jean-François Fortin-Verreault.

Cette décision n’est pas sans inquiéter le président du Comité des usagers de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, Patrick Cothenet. 

«Notre préoccupation est que les patients aient les soins qu’ils méritent et ne soient pas détournés. Nous avons un hôpital, il se doit d’être fonctionnel.»

Par ailleurs, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a nommé une médiatrice pour rapprocher infirmières et cadres, reconnaissant que la situation était «intenable».

Le PDG du CIUSSS a également annoncé que la gestionnaire de l’urgence serait réaffectée à d’autres tâches. «[Elle] n’est pas responsable du fait qu’on reçoit plus de patients que notre capacité», a-t-il soutenu.

 

– Avec Hugo Duchaine et Gabriel Côté, Agence QMI

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