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«Le fils»: Père absent...

«Le fils»: Père absent...
Capture d'écran Youtube

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Hugh Jackman et Laura Dern incarnent efficacement les parents d’un adolescent dépressif qui commettra malheureusement le pire. 

Contrairement à «Le père», Florian Zeller adopte ici une narration linéaire. Nicholas (Zen McGrath) est un adolescent troublé, dépressif. Kate (Laura Dern) ne sait plus quoi faire lorsqu’elle découvre que son fils ne va plus à l’école depuis plusieurs mois. Et lorsque le jeune émet le souhait de vivre avec son père, Peter (Hugh Jackman), les parents acceptent. Mais voilà, Peter s’est remarié avec Beth (Vanessa Kirby) et ils viennent d’avoir un fils.

Le diable est dans les détails

La tension est palpable. La tension entre Peter et Kate, dont la séparation s’est mal passée. La tension entre Beth et Nicholas. La tension entre Peter et Nicholas. Et celle entre Peter et son père (Anthony Hopkins dans une scène particulièrement forte). Rapidement, «Le fils» dont il est question dans le titre n’est plus Nicholas, mais Peter. Peter, brillant avocat, promis à un avenir politique, toujours impeccable vêtu... avec sa barbe mal rasée. Peter dans son appartement aux couleurs froides, qui contraste avec celui de Kate aux couleurs chaudes. Le fusil caché chez Peter. La machine à laver dont le tournoiement du tambour annonce une catastrophe inéluctable.

Le mal-être de Nicholas est exploré autant que faire se peut, c'est-à-dire peu. Car les raisons de sa dépression, de ce « mal-être » adolescent ne peuvent être que multifactorielles, «Le fils» est avant tout un drame sur les parents, sur la réaction parentale. Et la tension des personnages devient malaise du spectateur. Malaise devant la douleur de Nicholas, celle de Peter, celle de Kate. Malaise devant tous ces non-dits, ces rancunes enfouies, cette absence de dialogue et d’écoute.

De temps en temps, Florian Zeller aère le film, notamment avec cette scène de danse – même si ce moment figure dans la pièce de théâtre, il aurait été dommage de ne pas profiter à plein des habiletés de Hugh Jackman – ou ces moments qui donnent un aperçu de ce que pourraient être des relations familiales apaisées.

Alors que dans «Le père», le spectateur s’identifiait sans peine à Anthony Hopkins, atteint de démence, ici, on a du mal à «choisir» un personnage. L’adhésion émotive aux personnages s’éparpille, car on se retrouve dans un peu tout le monde, sans pour autant se reconnaître pleinement dans quiconque. Ce déséquilibre est renforcé par les ficelles scénaristiques un peu grosses, par le mélodramatique forcé – la fin notamment – qui amoindrit des scènes magistrales de force et d’émotion – celle avec les psychiatres notamment est inoubliable. Mais que cela ne fasse pas oublier le principal: il faut parler et écouter ceux qui souffrent. Et il ne faut jamais avoir peur ou honte de demander de l’aide.

  • Note : 3,5 sur 5
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