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Une dette est-elle toujours mauvaise?

Money question
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On le sait : l’endettement est nocif pour nos finances et les achats à crédit mettent en péril notre équilibre financier. Mais existe-t-il de « bonnes dettes » ? Et si oui, comment faire la différence avec celles que l’on peut qualifier de « mauvaises » ?

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Avec un ratio d’endettement qui ne cesse de croître pour atteindre près de 182 % au deuxième trimestre de 2022 selon Statistique Canada, les ménages canadiens ne sont pas en reste du point de vue de l’endettement. 

Les revenus ne semblent jamais suffire pour éponger toutes les dépenses et les consommateurs contractent des dettes de consommation, des dettes hypothécaires, des prêts automobiles, etc. 

Mais tout est-il si sombre qu’il y paraît ou existe-t-il un endettement moins toxique que d’autres ?

Celles qui créent de la valeur

Le planificateur financier et conseiller en sécurité financière André Lacasse distingue les dettes qui créent de la valeur de celles qui n’en produisent pas. 

« Toutes les dettes qui vont contribuer à nous enrichir, comme un prêt étudiant pour retourner aux études afin d’améliorer sa condition et gagner un meilleur salaire une fois son diplôme en poche, peuvent être considérées comme de “bonnes” dettes », explique-t-il. 

En plus d’une rémunération plus élevée, on aura aussi l’occasion d’occuper un emploi que l’on aime et qui nous donnera envie de nous dépasser. Être heureux au travail est non seulement très positif, mais aussi susceptible de générer de belles occasions de développement de carrière.

Une autre bonne dette est celle contractée pour acheter un bien immobilier. 

« Même si le marché immobilier paraît incertain ces derniers mois, il reste qu’à long terme, une propriété prendra généralement de la valeur et constitue un investissement avisé », précise André Lacasse.

Cet actif occupe généralement une large place dans le patrimoine des ménages et dans leur stratégie de planification pour la retraite. En effet, une fois qu’ils auront quitté le marché du travail, le prix de vente de la maison familiale contribuera à leur assurer une certaine sécurité financière pour leurs vieux jours. 

« Une autre stratégie consiste à demeurer locataire et à placer dans un CELI par exemple, la différence entre ce que nous coûterait une hypothèque et le montant du loyer effectivement payé », indique André Lacasse. 

Il note toutefois qu’il faut être extrêmement discipliné pour mener à bien cette stratégie, sans parler du fait que la hausse rapide du prix des loyers peut la rendre moins pertinente.

Celles qui appauvrissent

En revanche, les mauvaises dettes sont légion. On n’a qu’à penser à toutes celles contractées pour acheter des biens de consommation – meubles, vêtements, automobile, véhicule récréatif, etc. – ou s’offrir des voyages, loisirs, sorties, etc.

Avec des taux d’intérêt très élevés, les cartes de crédit (19,99 % en moyenne) et pire encore les cartes de magasin (jusqu’à 30 %) ne vous feront pas de cadeau si vous ne payez pas la totalité du solde à la prochaine période de facturation.

Les achats financés (du type « achetez maintenant, payez plus tard ») ou en plusieurs versements poussent aussi à s’endetter davantage en donnant l’illusion que le montant mensuel n’est pas si élevé et qu’on peut se le permettre.

Les achats d’automobiles sont aussi à surveiller. Ainsi, les consommateurs ont tendance à contracter des périodes de financement sur des termes de plus en plus longs et une fois le véhicule payé, il aura perdu pratiquement toute sa valeur. Même problématique pour les achats de véhicules récréatifs, motomarines, motoneiges, bateaux, etc.

S’il s’agit d’une location de véhicule à long terme, il n’est pas rare que le désir de changer d’automobile avant la fin du terme pousse le consommateur à ramener le véhicule au concessionnaire et à repartir avec un autre modèle plus récent et plus coûteux. 

Résultat : le solde de l’achat précédent est « pelleté » dans la nouvelle entente de paiement, créant une équité négative (la fameuse « balloune ») qui coûtera cher et pour longtemps.

André Lacasse apporte toutefois une nuance à cette affirmation. 

« Une voiture n’est pas toujours une mauvaise dette. Cela dépend d’abord de son prix, mais aussi si elle est indispensable pour se rendre au travail ou pour amener les enfants à la garderie par exemple », dit-il.

En tout état de cause, qu’elle soit bonne ou mauvaise, le planificateur recommande de bien analyser la situation avant de contracter toute nouvelle dette.’elle soit bonne ou mauvaise, le planificateur recommande de bien analyser la situation avant de contracter toute nouvelle dette.

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