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La transparence de P.K. Subban

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Predators c. Canadiens
Photo d'archives, Martin Chevalier P.K. Subban a été honoré au Centre Bell le 12 janvier dernier.

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Quelques lecteurs nous ont demandé, hier, pourquoi nous avions enquêté sur la promesse de don de 10 M$ de P.K. Subban à l’Hôpital de Montréal pour enfants. Comment osons-nous poser des questions difficiles à quelqu’un qui s’engage auprès des enfants malades ?

• À lire aussi: P.K. Subban n’a pas rempli sa promesse d’amasser 10 M$ pour les enfants malades

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Comme nous l’avons écrit clairement hier, tous s’entendent pour dire que P.K. Subban est un homme généreux et impliqué dans sa communauté. 

Mais nous estimons qu’il était d’intérêt public de vérifier si l’ex-vedette du Canadien de Montréal a rempli sa promesse, et voici pourquoi :

■ Certains donateurs préfèrent l’anonymat, même s’ils font cadeau de sommes très importantes. P.K. Subban, lui, a choisi l’inverse. Il a pris part à une conférence de presse à grand déploiement pour annoncer son engagement devant les photographes et les caméras de télé.

Il a aussi accepté de devenir ni plus ni moins que l’ambassadeur de la Fondation de l’hôpital, un rôle éminemment public. Sans parler de l’atrium qui porte son nom et de ses multiples publications sur les réseaux sociaux.

Comme nous l’ont fait remarquer des experts en marketing que nous citions hier, promettre un don important est très bénéfique pour l’image d’un athlète. En ce sens, P.K. Subban est aussi bien un homme d’affaires qu’un hockeyeur. Il a multiplié les partenariats au fil des ans pour vendre des vêtements (avec RW&CO), des barbecues (Weber) et promouvoir des restaurants (Boston Pizza). 

  • Écoutez l'entrevue de Jean-Louis Fortin, directeur du Bureau d'enquête de Québecor au micro de Richard Martineau QUB radio :

Sportifs, artistes et PDG

■ Faudrait-il que les journalistes scrutent seulement les promesses des titulaires de charges publiques, comme les fonctionnaires et les élus ? 

Nous surveillons bien sûr avec assiduité les politiciens. Le ministre Pierre Fitzgibbon peut en témoigner. Mais nous estimons aussi qu’il est légitime d’examiner les promesses de toutes les personnes qui font le choix de gagner leur vie sur la place publique. Cela inclut, entre autres, des artistes, des sportifs, des influenceurs et des PDG de grandes compagnies.

Par exemple, le richissime homme d’affaires américain Warren Buffet s’est engagé à donner 99 % de sa fortune, et les médias du monde entier se penchent régulièrement sur les dons qu’il effectue pour remplir cette promesse.

Plus près de chez nous, l’ex-attaquant de l’Impact Didier Drogba avait fait l’objet de reportages en 2016 à propos du manque de transparence de sa fondation.

■ La façon dont la promesse de P.K. Subban a été annoncée mérite également qu’on s’y intéresse. Nombreux sont ceux qui ont pensé, en 2015, que Subban avait donné personnellement 10 M$. Ce n’était pas le cas. Il s’agissait d’une somme à être versée sur 7 ans, et c’était surtout de l’argent donné par le public plutôt que par le défenseur lui-même. Méchante différence.

Transparence

Pire, au moment d’écrire ces lignes, on peut encore lire ceci sur le site web de l’athlète : « En septembre 2015, P.K. Subban a fait don de 10 millions de $ à l’Hôpital pour enfants de Montréal, marquant ainsi le don le plus conséquent jamais effectué par un athlète canadien. » À vous de me dire si vous estimez que cet énoncé correspond à la réalité.

P.K. Subban mérite des éloges pour son engagement dans la communauté montréalaise. Il affirme que 6,3 M$ des 10 M$ promis ont été amassés. L’ovation qu’il a reçue le 12 janvier dernier au Centre Bell était méritée. 

Mais il y a certainement quelques leçons à retenir, pour les fondations caritatives et les vedettes auxquelles elles s’associent, sur la façon d’annoncer et de rendre des comptes sur ce genre de partenariat. 

Jean-Louis Fortin
Directeur du Bureau d’enquête

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