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Russie: elles fonctionnent ou non ces sanctions?

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On en est à 331 jours d’agression russe contre l’Ukraine. Ça fait long quand on se trouve sous les bombes. Ça fait long aussi quand on attend que les fameuses « sanctions massives » contre le régime de Vladimir Poutine donnent des résultats. À quoi bon, au juste ?

Dans le temps de le dire, il y a tout près de 11 mois, les pays occidentaux se sont organisés et se sont mis à fournir à l’Ukraine, attaquée par la Russie, une aide militaire, humanitaire et financière qui dépasse maintenant les 50 milliards de dollars.

Hier encore, les États-Unis annonçaient une nouvelle livraison d’armement et d’équipement militaire, dont une centaine de véhicules de combat Stryker, totalisant 2,5 milliards de dollars. Comme disait le sénateur républicain Everett Dirksen : « Un milliard ici, un milliard là, et bientôt, vous parlez d’argent bien réel ! »

VLADIMIR, LE FRONDEUR

De leur côté, les Russes ne lâchent pas non plus. Cette semaine encore, Vladimir Poutine affirmait – après 11 mois de batailles et des dizaines de milliers de morts, dans son camp comme dans l’autre – que la victoire de la Russie était assurée.

Quant à l’économie russe, elle s’en sort bien, s’est-il vanté. Le PIB du pays a reculé, a-t-il admis, « de 2,1 % entre janvier et novembre, loin des 10, 15, 20 % de baisse que les économistes avaient prédit ».

De deux choses, l’une : soit il faut se méfier des chiffres « officiels » russes, soit les sanctions annoncées en grande fanfare par les capitales occidentales au printemps, puis à l’été dernier n’ont eu aucun effet.

À SAINT-PÉTERSBOURG, « BUSINESS AS USUAL »

Alexander Titov, un professeur d’histoire européenne à l’université Queens de Belfast, décrivait la semaine dernière sa récente visite à Saint-Pétersbourg dans un article de la publication en ligne The Conversation.

Les banques, a-t-il remarqué, fonctionnent normalement ; les salaires et les pensions sont payés à temps ; le commerce électronique est en pleine effervescence et les magasins regorgent de produits alimentaires et de biens de consommation.

Poutine, malgré les sanctions contre son industrie gazière et pétrolière, a maintenu ses exportations énergétiques, en vendant au rabais son pétrole. L’Inde, par exemple, le troisième plus gros importateur de pétrole brut au monde, a acheté 33 fois plus de pétrole de la Russie en 2022 que l’année d’avant.

ET CES SANCTIONS DRACONIENNES ?

Alors, un échec, ces sanctions que les pays occidentaux, dont le Canada, ont imposées à la Russie ? Apparemment non ! Le Washington Post relevait à la fin de l’année dernière que le ministère russe des Finances reconnaissait lui-même que les recettes fiscales – à l’extérieur des secteurs pétrolier et gazier – avaient chuté de 20 % sur un an ; les ventes au détail, elles, auraient reculé de 10 %.

Aussi, n’oublions pas que l’objectif de ces sanctions était de briser l’effort de guerre russe en Ukraine. Sur ce plan, l’approvisionnement en équipement militaire sophistiqué serait devenu difficile au point de grandement limiter les capacités de lancer une nouvelle offensive terrestre ou de fabriquer de nouveaux missiles.

Tout n’est plus qu’une question de persévérance, de détermination à maintenir ces sanctions. Le courage des Ukrainiens sur le champ de bataille suscite notre admiration ; il s’agit de se montrer à la hauteur.

L’Ukraine, au sommet de l’aide militaire américaine

Aide américaine à l’Ukraine en 2022 par rapport aux principaux bénéficiaires en 2020

Ukraine : 22,9 milliards $

Israël : 3,3 milliards $

Afghanistan : 2,8 milliards $

Égypte : 1,3 milliards $

Irak : 548 millions $

Sources : CFR ; Agence des États-Unis pour le développement international ; Ukraine Support Tracker, Institut de Kiel pour l’économie mondiale

L’AIDE AMÉRICAINE À L’UKRAINE, LOIN DEVANT TOUS LES AUTRES

Aide bilatérale au 20 novembre 2022

  • États-Unis : 48 milliards $
  • Union européenne : 30 milliards $
  • Royaume-Uni : 7,1 milliards $
  • Allemagne : 5,5 milliards $
  • Canada : 3,8 milliards $

Source : Ukraine Support Tracker, Institut de Kiel pour l’économie mondiale

Des milliards et des milliards en aide

Aide donnée à l’Ukraine entre janvier et novembre 2022

  • Aide humanitaire : 9,9 milliards $ (21 %) Aide alimentaire d’urgence ; soins de santé ; soutien aux réfugiés, etc.
  • Aide financière : 15,1 milliards $ (31 %) Aide budgétaire via le Fonds de soutien européen et d’autres prêts.
  • Aide militaire : 22,9 milliards % (48 %) 
  • Aide sécuritaire : 8,9 milliards $ (18,5 %) Formation militaire ; équipement ; soutien logistique, etc. 
  • Armements et équipement : 12,7 milliards $ (26,5 %) Armements et équipement militaire. 
  • Subventions et prêts pour armes et équipement : 1,3 milliard $ (3 %)

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