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De la nourriture même pas digne d’un repas à la Cité-de-la-Santé

Encore une fois à cet hôpital, une patiente a demandé son congé plus vite à cause des repas

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Une Lavalloise de 63 ans invite le premier ministre, François Legault, et le ministre de la Santé, Christian Dubé, à venir goûter la nourriture « dégueulasse » de l’hôpital Cité-de-la-Santé de Laval après avoir été traumatisée par ce qu’on lui a servi.

« Ce n’est pas quelque chose qu’on donne aux êtres humains. Même mon chat, je ne pense pas qu’il mangerait ça », s’est indignée Gloria Santos.

Elle a été hospitalisée à la Cité-de-la-Santé de Laval la semaine dernière à la suite d’une vilaine chute sur la glace dans son stationnement.

Après quelques jours, Mme Santos a finalement précipité son congé de l’hôpital, parce qu’elle n’en pouvait plus de manger les repas qu’on lui servait.

Elle a raconté, entre autres, avoir mangé un sandwich au poulet « qui ressemblait à du vomi », une soupe aux tomates « froide » et des carottes « très sèches » avec une demi-croquette de saumon.

La croquette de saumon et les carottes desséchées qu’on lui a servies.
Photo fournie par Amanda-Marie Scolack
La croquette de saumon et les carottes desséchées qu’on lui a servies.

Même si elle est intolérante au lactose et qu’elle ne mange pas de porc, Mme Santos croit que cela ne justifie pas la piètre qualité des repas qu’elle a reçus.

« Ils devraient nous aider à guérir pour quitter l’hôpital plus vite, mais au lieu de ça, ils nous donnent de la chenoute », a-t-elle déploré.

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L’histoire se répète

Le Journal a publié il y a un mois l’histoire d’Angelo Gagliano qui avait préféré mourir chez lui en raison de la nourriture infecte qu’on lui servait à la Cité-de-la-Santé.

La fille de Mme Santos, Amanda-Marie Scolack, est convaincue que le cas de sa mère est « loin d’être isolé ».

Amanda-Marie Scolack, fille de Gloria Santos.
Photo fournie par Amanda-Marie Scolack
Amanda-Marie Scolack, fille de Gloria Santos.

Gloria Santos invite le premier ministre et le ministre de la Santé à essayer la gastronomie de cet hôpital.

« Ils devraient venir prendre le même repas que j’ai eu et nous dire si c’est pour des êtres humains », a suggéré la sexagénaire.

La photo des carottes et du pâté de saumon « ne représente pas du tout la qualité des repas que nous souhaitons pour l’ensemble des patients du Québec », a déclaré le cabinet du ministre Dubé, qualifiant la situation « d’inacceptable ».

« On sait que chaque situation est différente et on va devoir comprendre ce qui s’est passé dans ce cas-ci avant de faire plus de commentaires », a-t-on ajouté.

Surprise et tristesse

Le directeur de la logistique du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval, Martin Delage, s’est dit « surpris » en voyant la photo. 

Il a qualifié la présentation de « triste », notamment en raison de l’assiette en styromousse, utilisée temporairement pendant la réparation du lave-vaisselle de l’hôpital.

M. Delage a ajouté que ce repas « respecte les standards requis pour l’usager », et a précisé que les patients sans restrictions alimentaires reçoivent des assiettes plus appétissantes.

« On tombe ici dans une exception de patient. C’est difficile quand ça sort en anecdote comme ça. Sur 600 patients qu’on sert, il y en a peu qui n’ont pas des régimes normaux comme vous et moi. »

Un système de gestion de plaintes promis

Le CISSS de Laval promet d’implanter un système qui permettra aux patients de se plaindre de leur nourriture lorsqu’ils ne sont pas satisfaits, en réaction aux récents reportages du Journal.

« Ce qu’on veut mettre en place, je ne connais pas le moyen encore, mais je veux qu’il ait un lien direct entre le patient et les services alimentaires », explique Martin Delage, directeur logistique au CISSS de Laval.

Cette mesure sera mise en place à la suite des récents reportages du Journal sur des patients jugeant infecte la nourriture qu’on leur a servie à la Cité-de-la-Santé.

En réflexion

« Je suis en train de penser à ça. Est-ce que c’est un code QR qu’on met dans le fond du cabaret ou un poste interne pour dire : “Si tu as un problème avec ton assiette, [contacte-nous]” », se demande M. Delage.

Selon ce dernier, les patients n’osent normalement pas se plaindre de leur nourriture au personnel soignant, souvent déjà débordé.

« Ils se disent : “Je ne veux pas être chialeux, il me donne des soins”.»

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