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Drapeau du Québec: attention à l’enflure patriotique!

Drapeau Quebec flag fleurdelysé
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Samedi dernier à la Place des Arts, on a déployé à l’occasion du 75e anniversaire du fleurdelysé un gigantesque drapeau spécialement confectionné pour l’événement. Il mesurait 18 mètres (60 pieds) sur 28 mètres (90 pieds).

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Dans ma jeunesse, lors de mes multiples voyages aux États-Unis, je voyais souvent des drapeaux américains d’une telle taille. Ils provoquaient toujours chez moi un malaise réel.

Cette enflure du patriotisme américain, on en connaît les conséquences dans l’histoire récente du pays. Il y a un peu plus de deux ans, Donald Trump a incité ses supporters à débarquer à Washington pour s’emparer du Capitole, espérant ainsi renverser la décision des électeurs de remettre les démocrates au pouvoir. Cette tentative de coup d’État est à marquer au fer rouge dans l’histoire des États-Unis.

J’avoue que le déploiement de ce colossal drapeau à Montréal m’a rendue mal à l’aise. Toute manifestation patriotique, me semble-t-il, doit s’exprimer avec modération. Tel est d’autant plus le cas dans le contexte politique actuel. 

Dérapage

Que ce soit au Québec ou partout au Canada, des idéologies extrémistes gagnent du terrain au sein des partis politiques de gauche et de droite. Ce dérapage au quotidien se retrouve sur les réseaux sociaux que les médias traditionnels reprennent à leur compte avec un effet multiplicateur intellectuellement néfaste.

Que l’on me comprenne bien. Je ne condamne pas les organisateurs de la commémoration du 75e anniversaire de notre drapeau québécois. Je mets simplement un petit bémol en disant que la tendance à utiliser les symboles comme le drapeau avec trop d’enflure patriotique est sans commune mesure avec la réalité.

On ne peut se consoler du rejet de l’option souverainiste en se drapant dans le fleurdelysé et en faisant comme certains lecteurs qui ont qualifié les anciens péquistes, aujourd’hui des caquistes, y compris le premier ministre Legault, de « traîtres à la patrie ». 

Cette violence verbale d’une brutalité choquante est pratiquée avant tout par des fanatiques aveuglés. Le nationalisme actuel qui porte l’idée de souveraineté est en berne en quelque sorte. Sans une prise de conscience, en l’absence d’un vif désir de reprendre le bâton du pèlerin et d’un immense courage, les Québécois n’ont d’autre choix que de se soumettre à la realpolitik canadienne.

Épuisement

Les Québécois sont épuisés par l’accumulation des défaites historiques collectives. On ne peut continuer à plier l’échine en s’humiliant constamment et en perdant ce qui nous reste de dignité. Mais toute tentative de se radicaliser davantage mène à une impasse.

Sans l’appui d’une partie importante de la majorité francophone qui soutient le gouvernement actuel et de militants nationalistes de QS et du PQ, voire de militants conservateurs, rien n’arrêtera Justin Trudeau.

Seule une nouvelle coalition nationalo-souverainiste dirigée par un François Legault, ayant enfin surmonté ses épuisements pandémiques et habité par l’énergie du désespoir, pourra livrer le dernier baroud d’honneur pour libérer enfin le Québec.

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