/news/currentevents
Navigation

L’accusé voulait éviter des canards: accident ou acte criminel?

Coup d'oeil sur cet article

Au terme d’un procès de six jours, un jury devra maintenant trancher si l’automobiliste qui a causé le décès d’un motocycliste en contournant des canards a commis un geste criminel ou a simplement été impliqué dans un triste accident.

• À lire aussi: Il tue un motocycliste en contournant des canards: l’accusé dit s’être retrouvé en sens inverse par erreur

• À lire aussi: L’accusé voulait éviter des canards: le jeune motocycliste n’aurait eu que quelques secondes pour réagir

Les parties au procès d’Éric Rondeau ont partagé leur thèse lors de leurs plaidoiries hier, au palais de justice de Joliette.

L’homme de 47 ans est accusé de conduite dangereuse causant la mort de Félix-Antoine Gagné à Sainte-Élisabeth, dans Lanaudière. Le 22 juillet 2019, le motocycliste de 19 ans a percuté de plein fouet la camionnette d’Éric Rondeau, qui empiétait sur sa voie.

L’accusé tentait alors d’épargner des canards qui traversaient la route. Selon son avocat Me Richard Dubé, il s’agit d’un tragique accident. 

«Vous avez peut-être déjà fait des gaffes ou des erreurs d’inattention au volant, sans qu’il vous arrive quelque chose. Pour M. Rondeau, c’est arrivé», a-t-il plaidé.

«Tout le monde a déjà vu passer un animal devant sa voiture, a-t-il ajouté. On a une sympathie naturelle pour les animaux. Personne ne va dire qu’il aurait dû passer sur les canards.»

«Piégé» par la courbe

Certes, son client a fait une manœuvre pour éviter les oiseaux, mais il pensait «frôler» la ligne médiane. Il a été «piégé» par la courbe. Il n’avait donc pas l’intention de traverser dans l’autre voie, a-t-il plaidé. M. Rondeau se serait rendu compte trop tard qu’il bifurquait. Puis, le motocycliste a surgi.

«Félix-Antoine roulait trop vite ce jour-là. Il ne respectait pas les limites de vitesse de 70 km/h dans la courbe. Il connaissait la route, il roulait à fond», a ajouté Me Dubé.

Me Alexandre Dubois, de la Couronne, a répliqué : ce n’est pas le procès de la victime, mais bien celui de l’accusé, qui bloquait la voie au motocycliste avec sa camionnette et sa remorque.

«Était-ce une manœuvre dangereuse? Comment pouvait-elle ne pas l’être», a-t-il lancé. 

«Erreur de jugement»

L’avocat a rappelé aux membres du jury qu’ils devront décider si une personne raisonnable aurait, en étant dans les mêmes circonstances que l’accusé, pris les mêmes décisions que lui. 

«Une personne raisonnable aurait attendu que les canards passent ou serait repartie, en restant dans sa voie», a-t-il dit.

Et il n’a d’ailleurs pas cru l’accusé, qui a dit avoir senti l’urgence de déguerpir par peur qu’un véhicule derrière lui ne le percute : le danger était à l’avant, a insisté le procureur.

En effet, alors dans une courbe, il peinait à voir les véhicules dans l’autre voie arriver. La victime ne l’a donc certainement pas aperçu.

Il a suggéré que l’accusé a plutôt fait preuve d’une «grave erreur de jugement», «en prenant une chance» de faire une manœuvre de dépassement à cet endroit. 

Le juge donnera aujourd’hui ses dernières directives sur le droit au jury avant que les délibérations ne débutent.

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.