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L'avortement: question de l'urne aux États-Unis

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La journée de dimanche marquait le 50e anniversaire du jugement de la Cour suprême dans la cause Roe c. Wade. Autant pour les pro-vie que pour les pro-choix, cette commémoration ne ressemblait en rien aux 49 précédentes.

Des conservateurs toujours insatisfaits

Avant que les pro-choix ne marchent sur Washington dimanche, les pro-vie prenaient la rue vendredi, moins pour souligner leur victoire après le jugement Dobbs c. Jackson Women’s Health Organization (qui renversait Roe c. Wade en 2022) que pour démontrer leur désir de poursuivre la lutte.

AFP

Encouragés par une décision qu’ils étaient peu nombreux à envisager aussi rapidement, ils ont déjà identifié les prochains objectifs. N'évoquant rien de moins qu’un nouveau chapitre de l’histoire de leur mouvement, ils voient grand.

On peut dégager deux grands axes dans les luttes à venir. Dans le premier cas, on souhaite exercer des pressions dans les États qui autorisent encore l’avortement ainsi que dans les États dont les pratiques, bien que restrictives, ne le sont pas suffisamment.

Deuxième grande orientation: un projet de loi du Congrès interdisant purement et simplement les avortements dans l’ensemble du pays. Les médecins pratiquant des interruptions de grossesse devenant des criminels.

En imaginant le sort réservé à ces médecins, l’image du Dr Wilbur Larch m’est immédiatement venue à l’esprit. Peut-être vous souvenez-vous de ce personnage fictif du roman de John Irving intitulé L’œuvre de Dieu, la part du Diable?

Le médecin du roman pratique illégalement des avortements dans les années 1920 parce qu’il ne s’est jamais pardonné d’avoir laissé mourir une patiente aux mains d’un avorteur sans formation. Ses avortements, il les pratique dans un orphelinat où il récupère des enfants abandonnés.  

Patate chaude pour les républicains

Si on comprend aisément que la fin de Roe c. Wade galvanise les électeurs conservateurs, elle représente un dilemme pour les politiciens républicains. Ils ont assurément noté que, selon le Pew Research Center, 61% des Américains souhaitent le maintien du droit à l’avortement.

À ce chiffre élevé, il faut ajouter la liste des États, certains républicains, où on a légiféré pour protéger le droit à l’avortement. Les cas du Michigan, du Kansas et du Kentucky ne sont pas passés inaperçus.

De plus, les résultats des plus récentes élections de mi-mandat ont confirmé que des électeurs, surtout des femmes, sont prêts à enregistrer leur vote en fonction de ce seul enjeu. Si les démocrates ont pu éviter la «vague rouge», c’est que plus d’électeurs et d’électrices se sont mobilisés pour exprimer leur désaccord avec le jugement Dobbs c. Jackson Women’s Health Organization.

Que feriez-vous si vous étiez un ou une élu(e) en pareilles circonstances? Les républicains qui siègent au Sénat et à la Chambre sont divisés. Comment exploiter le thème maintenant que Roe c. Wade est renversé? Comment définir ce qu’est désormais un ou une pro-vie? Jusqu’où doit-on aller? 

Les démocrates ne leur laisseront assurément pas le luxe d’une longue réflexion d’ici 2024.

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