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Le procès de Patrice St-Amand reprend

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Le procès de Patrice St-Amand, accusé de tentative de meurtre sur l’ancienne copropriétaire de l’Hôtel Central Parent en janvier 2020, a repris lundi au Palais de justice de La Tuque avec des témoignages chargés d’émotion. 

Nathalie Hébert travaillait comme serveuse à l’Hôtel Central Parent la nuit du 2 au 3 janvier 2020. Elle a témoigné devant la cour du comportement et des gestes qui auraient été posés par Patrice St-Amand durant la soirée.

Il se serait présenté dans l’établissement avec une autre personne. Elle raconte qu’il n’était pas à jeun, mais pas ivre non plus à son arrivée.

Tout allait bien, a-t-elle dit. Après lui avoir servi trois, peut-être quatre grosses bières, l’état de l’accusé aurait changé. Mme Hébert a raconté que l’accusé a tenu des propos menaçants envers le propriétaire d’un relais de motoneige, Daniel Laliberté, disant qu’il allait «aller chez Ti-Rouge pour le tuer.»

C’est à ce moment que l’ancienne employée a dit avoir décidé d’appeler sa patronne, Sylvie Lachapelle, qui connaissait St-Amand. En dix minutes environ, Mme Lachapelle est arrivée sur place et a discuté avec St-Amand.

«Elle lui a demandé c’était quoi son problème. C’est à partir de là que c’est parti», a affirmé Mme Hébert, faisant référence à l’agression.

Une fois de plus, les images difficiles à regarder d’une des caméras de surveillance de l’établissement ont été présentées. On y voit un grand homme chauve et costaud qui donne des coups de poing et des coups de pied à répétition à Sylvie Lachapelle.

«Je vais toujours m'en vouloir de l'avoir appelé pareil. Si je l'avais pas appelée, elle n’aurait pas été défigurée. Je m'en veux pour ça», a confié Mme Hébert en sanglots.

Une fois Mme Lachapelle au sol, Mme Hébert a expliqué que l’accusé se serait tourné vers elle et lui aurait dit «je vais te tuer toi aussi, ma criss». L’accusé se serait ensuite dirigé vers elle, l’amenant à prendre la fuite.

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Lorsqu’elle a vu que St-Amand quittait les lieux, Mme Hébert a barré les portes de l’établissement et appelé le 911. À ce moment, sa patronne était au sol, inerte, a-t-elle ajouté. «Elle était morte, jusqu'à ce que les ambulanciers arrivent et qu'un moment donné, j'ai vu qu'elle s'est ouvert les yeux. J'ai vu qu'elle n'était pas morte.»

Celui qui accompagnait St-Amand, Jason Brouillette, a expliqué qu’au moment de l’agression, il ne réalisait pas ce qui arrivait. «Il était trop fou. Il voulait aller battre tout le monde», a dit le témoin.

Durant la soirée, M. Brouillette a témoigné que Patrice St-Amand parlait fort et qu’il proférait des menaces. Il se souvient avoir dit aux autres clients dans le bar que St-Amand était comme «un chien qui jappe, mais il ne mord pas. Je ne le dirai plus jamais», a-t-il ensuite laissé entendre.

Il a rapporté avoir crié pour de l’aide au moment des événements, mais sans que personne ne vienne porter secours.

Un motoneigiste présent cette soirée-là, Alain Lavoie, a assuré avoir aussi été menacé de mort par St-Amand dans le bar. «Si vous ne restez pas tranquilles les trois, m’a vous tuer», a-t-il cité comme étant les propos de St-Amand durant la soirée, en parlant de lui et de deux personnes qui l’accompagnaient.

Le dernier témoignage entendu devant la cour lundi était celui du propriétaire du relais de motoneige, situé à Parent, Daniel Laliberté. Celui-ci a expliqué que St-Amand se serait présenté à son relais vers 17 heures le 2 janvier 2020.

Il a raconté qu’à son arrivée, une atmosphère néfaste s’est installée dans son relais, comme si les autres invités ne voulaient pas voir l’accusé. Puis, St-Amand serait devenu impoli avec le propriétaire. St-Amand a quitté le relais vers 19 h 30 selon les dires de M. Laliberté. Il a poursuivi en disant d’être fait réveiller par deux personnes vers 1 heure du matin, pour l’avertir que St-Amand aurait l’intention de brûler le relais et de «tuer tout le monde». M. Laliberté aurait ensuite constaté qu’il y avait un feu à deux endroits, dans les entrées de son relais. Il a affirmé avoir vu une motoneige comme celle avec laquelle St-Amand était arrivé plus tôt quitter les lieux.

Avec ces témoignages, Mme Hébert espère que l’accusé restera en prison, et ne pourra pas faire du mal à quelqu’un d’autre.

La présumée victime, Sylvie Lachapelle, était encore présente au Palais de justice lundi. Elle se tient à l’écart de la salle d’audience, mais a expliqué vouloir être présente pour supporter les témoins et des proches qui la supportent depuis le début.

Patrice St-Amand, qui se défendait seul jusqu’à présent, est maintenant représenté par une avocate. Le procureur de la Couronne, Me Éric Thériault, s’est dit heureux de voir qu’en une journée, quatre personnes ont témoigné, au lieu de trois en une semaine, en faisant référence aux journées de procès du mois d’octobre dernier. Les témoignages se poursuivront mardi.

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