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Est-il plus avantageux de payer son hypothèque ou investir?

Offer to exchange house for cash money between agent and user
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Si vous disposez de liquidités, vous vous demandez peut-être s’il ne serait pas préférable de rembourser votre hypothèque plus rapidement, compte tenu de la forte hausse des taux d’intérêt. Avant d’agir, lisez ce qui suit.

Les propriétaires qui ont un prêt hypothécaire à taux variable sont inquiets, et avec raison !

Car depuis mars 2022, la Banque du Canada a augmenté son taux directeur à plusieurs reprises, ce qui a eu un impact retentissant sur les taux d’intérêt des prêts hypothécaires.

Ainsi, il n’est pas rare que les ménages doivent désormais consacrer plusieurs centaines de dollars supplémentaires à leur remboursement mensuel. 

Quant à ceux qui ont contracté un prêt à taux fixe, mais qui doivent le renouveler dans les prochains mois, ils voient arriver l’échéance, et la hausse des taux qui l’accompagnera assurément, avec anxiété. 

Dans ces conditions, plusieurs se demandent s’ils ne devraient pas tenter de rembourser leur prêt plus vite, notamment en effectuant les paiements anticipés si leur institution financière le leur permet.

Parallèlement, le marché boursier ayant été défavorable aux investisseurs en 2022, investir ses liquidités paraît moins attrayant.

Nicolas Karaoglanian, conseiller en gestion de patrimoine à la FDP, invite toutefois à y réfléchir à deux fois.

  • Écoutez l'entrevue avec Amir Barnea à l’émission de Philippe-Vincent Foisy diffusée chaque jour en direct via QUB radio : 

Commencer par les abris fiscaux

Selon le conseiller, il y a quelques grands principes à garder en tête pour orienter sa prise de décision. D’entrée de jeu, il souligne que pour accéder à un prêt hypothécaire, les propriétaires ont généralement un emploi qui leur procure un revenu de plus de 50 000 $ par année. 

Or, pour cette tranche de revenus, le taux d’imposition total est de 37,12 %, et ce jusqu’à 90 000 $. C’est pourquoi avant de penser à rembourser son hypothèque plus rapidement, il est préférable de commencer par privilégier les abris fiscaux, en particulier le REER, afin de réduire son niveau d’imposition. « On doit travailler des deux côtés du bilan, d’un côté en réduisant le revenu imposable et de l’autre en maximisant la valeur nette à long terme pour la retraite », assure Nicolas Karaoglanian qui ajoute que beaucoup de gens ont tendance à sous-estimer le puissant levier que constituent les intérêts composés.

Après avoir maximisé ses REER, si on a des enfants, contribuer à leurs REEE est aussi une bonne idée, et ce d’autant que l’on peut bénéficier de subventions du gouvernement.

Il vous reste encore des liquidités ? Dans ce cas, pensez à garnir votre CELI dont les montants (revenus de placement et gains en capital) sont non imposables lorsqu’on les retire. « Cela peut faire une bonne différence à la retraite », fait valoir le conseiller.

Privilégier les investissements

Si l’on dispose encore de certaines sommes, sur quels éléments peut-on alors baser sa décision de rembourser ou d’investir ?

« Il y a plusieurs questions à se poser, car c’est généralement du cas par cas. Cela dépend de la tolérance au risque de la personne, de son âge, de son état de santé, etc. », énumère-t-il. Si l’on fait preuve d’une faible tolérance au risque, on peut en effet se montrer plus enclin à effectuer des paiements anticipés sur son hypothèque. Or, il est préférable de considérer avant tout le retour sur investissement comparativement au bénéfice de rembourser l’hypothèque plus rapidement. Car avec notre espérance de vie plus longue, bien planifier sa retraite et les revenus sur lesquels on pourra compter à ce moment-là est plus essentiel que jamais.

Par conséquent, lorsque l’on a déjà maximisé ses abris fiscaux, on peut penser à investir les sommes qui sont encore à notre disposition. Il faut savoir que les placements plus conservateurs et sûrs, comme les obligations, offrent des rendements moindres que les actions. 

Si vous avez une bonne tolérance au risque et êtes encore loin de la retraite, un portefeuille plus dynamique composé de 60, 70 ou 80 % d’actions pourrait être envisagé. Historiquement, il a été démontré que les marchés boursiers ont toujours fini par afficher des rendements intéressants sur le long terme, même si certaines années ont été plus difficiles.

Enfin, si vous êtes inquiet à l’idée d’avoir encore un solde hypothécaire à rembourser à la retraite, Nicolas Karaoglanian se fait rassurant. 

« Arriver à la retraite sans hypothèque est un vieil adage qui n’est plus vraiment valide aujourd’hui. En soi, une hypothèque n’est pas une mauvaise dette. Ce sont surtout les dettes comme celles de cartes de crédit qu’il faut éviter et que l’on doit s’efforcer de liquider avant de quitter le marché du travail », recommande-t-il.

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