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Vincent Guzzo a raison cette fois

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Vincent Guzzo a sans doute fait un bond dans l’estime des Québécois en participant à l’émission Le monde à l’envers.

De mon côté, j’ai changé d’avis à son sujet. L’homme est carré, il n’a pas la langue dans sa poche, mais il déborde de gros bon sens. Comme j’ai aimé qu’il répète que les cinéastes québécois doivent faire des films que « le public veut voir » ! C’est une idée fixe qui lui a valu des railleries du milieu, mais les faits lui donnent raison. 

Même Louise Lantagne, la très modérée PDG de la SODEC, est d’accord avec lui. N’a-t-elle pas déclaré que la SODEC a « recadré son approche » et veut désormais encourager « des films engageants pour le public à qui ils s’adressent » ? Le distributeur Patrick Roy, d’habitude si gentil, n’a pas mâché ses mots : « Le cinéma québécois manque de films populaires ». 

Nous n’avons jamais produit autant de films qui ont fait si peu d’audience. Heureusement qu’il y a eu 23 décembre pour sauver 2022 de la faillite. Jusque-là, seul le long métrage de Luc Picard, Confessions, avait atteint un million de recettes au guichet. C’est le retour à la case départ pour notre cinéma. 

L’ARGENT EST-IL LE PROBLÈME ?

Les nombreux films québécois sortis en 2022, dont certains très intéressants comme Lignes de fuite, Viking ou Falcon Lake, ont à peine dépassé 7 % des recettes au guichet. Et comme si la situation n’était pas assez désastreuse, Radio-Canada met fin au gala du cinéma. Le diffuseur public, qui prétend toujours ne pas se préoccuper des cotes d’écoute, juge qu’un demi-million de téléspectateurs, ce n’est pas assez. C’est plus que l’audience totale du cinéma québécois en salle, l’an dernier !

Nos cinéastes se plaignent toujours qu’il leur faut plus d’argent. Ce n’est pas tout à fait mon opinion. C’est vrai que notre cinéma gagnerait à jouir de plus de ressources, mais à la condition qu’une part plus importante du budget soit consacrée au travail de scénarisation. Au Québec, le scénario est presque toujours l’œuvre d’une seule personne et trop souvent, il s’agit du réalisateur. 

Pour aggraver la situation, peu de producteurs ont assez d’expérience ou assez d’ascendant pour intervenir dans la scénarisation et la préparation d’un film, alors que c’est précisément leur rôle. Scénaristes et réalisateurs travaillent presque toujours seuls. Ils sont en général très réfractaires à soumettre leur travail au jugement d’autres scénaristes et tout aussi réticents à accepter les révisions que peuvent recommander leurs propres producteurs. 

Notre télévision a pourtant fait la preuve de l’importance du travail d’équipe des auteurs et de la présence de producteurs chevronnés ! Il serait grand temps que le cinéma prenne exemple sur la télévision. 

LA RÈGLE DE JULIETTE HUOT

À l’intention de Stéphan Bureau, qui semble avoir beaucoup de mal à se brancher sur cette question, voici la règle d’or qu’avait Juliette Huot lorsqu’elle animait une émission de télé ou de radio : tutoyer les invités qu’elle tutoyait dans la vie et vouvoyer tous les autres ! À toi, Stéphan !

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