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Français: Madame Valérie Plante, réveillez-vous!

Sophie Stanké
Photo Pierre-Paul Poulin Sophie Stanké

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Madame la Mairesse,

Permettez-moi tout d’abord de vous souhaiter une bonne année 2023, en français. J’aurais tout aussi pu vous l’écrire en espagnol, en anglais ou encore en lithuanien, mais par respect pour notre histoire québécoise et francophone et par égard à vos propres responsabilités municipales, je m’en tiendrai à notre belle langue, notre langue commune, celle de notre belle ville de Montréal, la seule métropole francophone en Amérique du Nord.

Puisque vous avez été réélue, que vous êtes la première femme à ce poste et que vous portez avec fierté l’image de notre ville, je profite de ces périodes de vœux et de bonnes résolutions pour vous rappeler que vous avez formé voilà deux ans un comité pour vous pencher sur le dossier du français à Montréal. Puisse 2023 nous apporter les résultats des travaux de ce comité que nous attendons avec un mélange d’impatience et d’espoir.

La place du français à Montréal

Car en attendant, c’est notre patience et notre esprit qui sont mis à l’épreuve dans la manière dont le français est traité à Montréal.

En attendant...

En attendant, on ne dit plus « bonjour-hi » à Montréal, mais plutôt « hi-bonjour ».

En attendant, les vitrines des commerces de Montréal sont placardées uniquement avec la langue de Shakespeare.

En attendant, des milliers de Français viennent séjourner à Montréal pour apprendre l’anglais.

En attendant, les immigrants n’ont toujours pas de cours gratuit de français.

En attendant, il y a de moins en moins de services dans les hôpitaux de Montréal en français.

En attendant, des chefs d’entreprises montréalaises continuent de bouder notre langue.

En attendant, à la COP 15 de Montréal, toutes les affiches au Palais des congrès étaient en langue anglaise. Doit-on rappeler que la langue qui domine à l’ONU est le français ?

En attendant, les allophones qui ont le français comme langue seconde ont de plus en plus de difficulté à trouver un bon emploi qui ne demande pas le bilinguisme anglais-français.

En attendant, les plus défavorisés, qui n’ont pas facilement accès à l’apprentissage d’une langue seconde, ont de plus en plus de difficulté à se trouver un emploi ou à avancer dans leur carrière.

En attendant, les banques montréalaises servent de plus en plus leurs clients en anglais.

En attendant, nous, le Mouvement Québec français, continuerons à donner des prix à des citoyens et citoyennes qui se tiennent debout pour défendre dans leur quotidien notre langue, la langue française.

Je vous réitère donc notre impatience et notre espoir de voir rayonner la langue commune et officielle du Québec à Montréal et vous prie d’agréer, Madame la Mairesse, l’expression de ma considération.

Sophie Stanké, présidente de la section Montréal, mouvement Québec français

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