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Le grand-père de Cédrika se raconte dans un livre

Henri Provencher témoigne de sa ligne de vie et de l’inédit du dossier de la petite qui a marqué le Québec

Henri Provencher grand-père Cédrika
Photo d'archives, Pierre-Paul Biron Malgré les années qui passent, Henri Provencher veut demeurer dans l’action pour que la mémoire de Cédrika vive.

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15 ans après la disparition de sa petite-fille Cédrika et 7 ans après que son corps a été retrouvé, Henri Provencher raconte dans un livre à paraître «l’inédit» de ces années pénibles, et comment il a perçu le traitement de l’affaire. Surtout, il veut éviter à des familles de vivre un drame comme celui vécu par les siens.

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Âgé de 77 ans, Henri Provencher est clair, le livre autobiographique La ligne de vie n’est pas un point final. Malgré les années qui passent, il garde espoir que quelqu’un paie pour la mort de Cédrika, mais après tout ce temps, il ressentait le besoin de raconter sa version de l’histoire.

«Le but n’est pas de raconter ma vie. Ça, ça n’intéresse personne. Ce que je veux, c’est que je puisse aider des gens avec ça, avec ce que j’ai vécu», explique M. Provencher, qui mijotait ce projet depuis plusieurs années déjà.

L’ouvrage se divise en quatre parties, sur deux tomes, pour un total de 600 pages.

Henri Provencher grand-père Cédrika
Photo fournie par Les Éditions Enoya

«Je présente qui est le papi de Cédrika, d’où je viens parce que ça a façonné qui je suis et pourquoi j’ai fait tout ça. Je relate ensuite l’inédit de ce que j’ai vu, vécu durant les recherches et l’enquête. Puis il y a la fondation, les projets, les idées que j’ai pour éviter d’autres drames et aider les familles, accompagné de réflexions personnelles.»

Pas un règlement de comptes

Si à certains moments de l’enquête, la relation entre les policiers et la famille Provencher a pu être tendue, Henri Provencher assure que le bouquin ne vise pas à régler des comptes.

«La chose qui est cruciale, c’est que tout est dit sans amertume, sans vengeance. [...] Je n’ai pas le temps pour ça», assure le grand-père de Cédrika, qui décrit le processus comme une analyse qui permet «de réfléchir à nouveau aux événements et d’agir».

L’éditrice du livre, Gwen Bobée, explique que cette analyse est faite avec «du recul et beaucoup de sagesse». «Il y a eu dans cette histoire beaucoup d’incongrus, beaucoup de choix frustrants, mais aussi beaucoup de générosité», ajoute la directrice des Éditions Enoya.

Henri Provencher grand-père Cédrika
Photo d'archives, Pierre-Paul Biron

«Il faut se servir de ça, de tout ce qui est arrivé pour l’analyser et être capable de dire qui avait raison, quels étaient les bonnes décisions et les moins bonnes, pour revenir sur ce qu’on a appris», renchérit M. Provencher, insistant sur le fait que le livre renferme ses perceptions à lui et qu’il ne parle pas au nom de la famille.

«Mon fils a pu voir les choses autrement, ma femme, mes amis aussi. Mais c’est important, je crois, de le partager parce que ça peut aider quelqu’un», pense l’homme.

Être dans l’action

À ceux qui estiment que le grand-papa devrait décrocher après toutes ces années, Henri Provencher répond avec détermination. «Jamais.»

«Tu as deux choix dans la vie, soit tu avances, soit tu ne fais rien et tu t’écrases. Moi j’ai choisi d’avancer», rétorque-t-il.

C’est exactement la perception qu’a eue Gwen Bobée à sa première rencontre avec l’homme, qu’elle qualifie de «monument».

«Il a vécu tout ça, il a traversé tout ça et il est toujours là, sur ses pattes. Je trouve ça inspirant de voir qu’il accepte que la vie l’ait menée-là, qu’il a accepté ce combat-là et qu’il le poursuit aujourd’hui avec la fondation», fait remarquer l’éditrice.

Le deuxième tome de l’ouvrage contient d’ailleurs des suggestions, des projets de la Fondation Cédrika Provencher, que l’auteur souhaitait partager. Le tout dans l’espoir de «semer la bonne idée» et que quelqu’un prenne le flambeau pour lutter contre les enlèvements d’enfants et mieux accompagner les familles.

Parce que malgré toute l’ambition et la volonté du monde, les projets sont difficiles à faire avancer pour la petite fondation et ses ressources modestes.

«C’est une façon d’être dans l’action encore, mais à mon âge, je ne suis pas en chasse gardée avec mes idées. Si ça peut inspirer des gens, j’aurai atteint le but que je me suis fixé avec Cédrika, qui était là avec moi à la journée longue.»

À venir au printemps

Le livre La ligne de vie sera publié en édition limitée sur commande au printemps.

«Ce sera sur précommande parce que le tirage sera à la demande pour l’instant», explique Gwen Bobée, insistant sur le fait que les gens y découvriront beaucoup même si l’histoire de Cédrika a été largement médiatisée depuis 15 ans.

«Le livre va au-delà du drame. Oui on apprend des choses, mais on va aussi très profondément dans la résilience. On sent que Cédrika demeure vivante à travers les actions de M. Provencher et c’est très beau», décrit l’éditrice.


Les deux tomes seront disponibles individuellement au prix de 35$ et au prix spécial de 60$ à l’achat simultané des deux livres. Les gens intéressés peuvent joindre les Éditions Enoya à cette adresse.

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