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Roxham : Québec prêche dans le désert

GEN - CHEMIN ROXHAM
Photo d'archives, Martin Alarie Des migrants ayant traversé la frontière via le chemin Roxham en novembre dernier.

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Vous vous demandez pourquoi le chemin Roxham est encore ouvert ?

Je vous propose une courte explication en chiffres : 2,4 millions et 40 000.

Le premier est le nombre de migrants interceptés par les forces de l’ordre l’an dernier à la frontière mexicaine. Le deuxième, le nombre d’entrées illégales au chemin Roxham. 

Allez, on en ajoute un autre : 100 millions. C’est le nombre de migrants en 2022 dans le monde. Il n’y en a jamais eu autant, ni ici, ni aux États-Unis, ni ailleurs dans le monde.

Bref, le gouvernement américain en a plein les bras à sa frontière sud. Ce qui se passe au nord-est loin d’être une priorité.

Un boulet pour Biden

Surtout que ce que demande Ottawa à Washington est loin d’être payant politiquement pour Biden. C’est même l’inverse. 

Car la solution recherchée par le gouvernement Trudeau exige que la Maison-Blanche accepte et trouve une façon de reprendre les migrants qui seraient refoulés aux passages irréguliers comme le chemin Roxham. 

Ils n’ont, à l’heure actuelle, pas cette obligation. 

Considérant le bordel à la frontière du Mexique, il n’est pas étonnant que la renégociation de l’Entente des tiers pays sûrs avec le Canada traîne depuis quatre ans.  

Et ce serait encore plus étonnant si Joe Biden profitait de son passage au Canada en mars prochain pour annoncer une nouvelle entente sur les tiers pays sûrs.

J’imagine très mal Joe Biden rentrer de son voyage au Canada avec ce qui ne ressemble en rien à une excellente nouvelle pour lui, c’est-à-dire un nombre encore plus élevé de migrants à gérer. 

Québec peut bien taper du pied, ses attentes sont aussi légitimes qu’irréalistes. 

Le ministre fédéral de l’Immigration Sean Fraser a d’ailleurs immédiatement jeté une douche froide sur les aspirations de la CAQ, hier.

« Nous continuons notre travail avec nos partenaires des États-Unis pour moderniser l’accord, mais je n’ai pas d’attentes pour une annonce [lors de la] visite du président [Biden] [...] », a-t-il laissé tomber hier au lendemain de la sortie de la ministre québécoise de l’Immigration Christine Fréchette.

Ottawa s’en accommode

Le Canada et les États-Unis cherchent plutôt à reléguer toute cette histoire à la sphère technocratique. En coulisses, il est question de règles à fignoler, de règlements à déterminer. Le politique s’en lave essentiellement les mains.

Il faut dire que le gouvernement Trudeau s’accommode très bien du chemin Roxham. 

On préfère un chemin sécuritaire, balisé, où un agent de la GRC peut rediriger les demandeurs d’asile aux autorités compétentes. 

Des migrants qui aideraient aussi à combler la pénurie de main-d’œuvre dans des emplois que peu de Canadiens veulent occuper. 

Un boulet pour Washington, qui n’est pas une grande priorité pour Ottawa. Québec prêche dans le désert. 

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