/world

Turquie et Syrie: course contre le temps et le froid pour aider les rescapés

Coup d'oeil sur cet article

La course contre la montre et le froid s’est poursuivie toute la nuit en Turquie et dans le nord de la Syrie pour extirper des survivants des violents séismes qui ont ravagé la région lundi, laissant plusieurs milliers de morts.

• À lire aussi: Le bilan du séisme passe à plus de 3800 morts en Turquie et Syrie

• À lire aussi: Syrie: évasion d’une vingtaine de combattants présumés de l’EI après le séisme

• À lire aussi: Séismes en Syrie et Turquie: importants dégâts sur deux sites du patrimoine mondial de l'UNESCO

Selon le dernier bilan officiel — qui risque de s’alourdir — près de vingt heures après la première des trois secousses, d’une magnitude de 7,8 ressentie jusqu’au Liban, à Chypre et dans le nord de l’Irak, plus de 4300 personnes ont trouvé la mort dont 2921 en Turquie selon l’organisme public de gestion des catastrophes (Afad) et plus de 1440 en Syrie.

Les secours se sont acharnés dans le froid, sous la pluie battante ou la neige, parfois à mains nues, pour sauver chaque vie qui pouvait l’être, comme cette enfant de sept ans sortie des ruines à Hatay (sud), à la frontière syrienne, sous les yeux de l’AFP, après plus de 20 heures de terreur, le pyjama maculé de poussière.

Le mauvais temps qui plane sur l’Anatolie complique la tâche des secours et rend le sort des rescapés plus amer encore, grelottant sous des tentes ou autour de braséros improvisés.

  • Écoutez le journaliste Ludovic de Foucaud en direct d'Antioche à l’émission de Philippe-Vincent Foisy via QUB radio : 

Premières aides internationales

L’aide internationale à la Turquie doit cependant commencer à arriver mardi avec les premières équipes de secouristes, de France et du Qatar notamment. Le président américain Joe Biden a promis à son homologue Recep Tayyip Erdogan «toute l’aide nécessaire, quelle qu’elle soit».

Les Français envisageaient de se rendre en particulier à Kahramanmaras, épicentre du premier séisme, région difficile d’accès et profondément meurtrie, ensevelie sous la neige.

AFP

Deux détachements américains de 79 secouristes chacun se préparaient lundi à se rendre sur place, selon la Maison-Blanche. 

Selon le président turc, 45 pays ont proposé leur aide.

Par ailleurs en Syrie, l’appel lancé par les autorités de Damas a été surtout entendu par leur allié russe, promettant des équipes de secours «dans les prochaines heures», alors que selon l’armée, plus de 300 militaires russes sont déjà sur les lieux pour aider aux secours. 

L’ONU a également réagi, mais en insistant que l’aide fournie irait «à tous les Syriens sur tout le territoire», dont une partie n’est pas sous le contrôle du gouvernement.

Dans ces zones tenues par les rebelles, frontalières de la Turquie au nord-ouest de la Syrie, au moins 700 morts ont été dénombrés.

Profitant du chaos créé par le tremblement de terre, une vingtaine de combattants présumés du groupe État islamique (EI) se sont évadés d’une prison militaire à Rajo, contrôlée par des rebelles proturcs.

Les bilans de part et d’autre de la frontière n’ont cessé de s’alourdir et, compte tenu de l’amplitude des dégâts, ils devraient augmenter au fur et à mesure des recherches. 

Rien qu’en Turquie, les autorités ont dénombré près de cinq mille immeubles effondrés. Et la chute radicale des températures fait courir un risque supplémentaire d’hypothermie aux blessés, coincés dans les ruines.

AFP

Dortoirs

L’Organisation mondiale de la santé a dit elle-même s’attendre au pire et redouter «des bilans huit fois plus élevés que les nombres initiaux».

Dans la journée de lundi, pas moins de 185 répliques ont été enregistrées, consécutives aux deux premières secousses : l’une de 7,8 survenue en pleine nuit (4h17, heure locale), l’autre, de magnitude 7,5, à la mi-journée, les deux dans le sud-est de la Turquie.

Des dortoirs ont été ouverts par les autorités locales dans les gymnases et les collèges ou même dans les mosquées afin d’héberger les rescapés. Mais par crainte de nouveaux séismes, nombre d’habitants ont préféré passer la nuit dehors, comme à Sanliurfa, dans le Sud-est turc.

AFP

«Qui n’a pas peur ? Tout le monde a peur !», assurait Mustafa Koyuncu, 55 ans, entassé avec sa femme et ses cinq enfants dans la voiture familiale.

Ce séisme est le plus important en Turquie depuis le tremblement de terre du 17 août 1999, qui avait causé la mort de 17000 personnes, dont un millier à Istanbul. 

Le chef de l’État turc a décrété un deuil national de sept jours et la fermeture des écoles pour la semaine.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.