Verglas: les Québécois sont (vraiment) faits forts
Legault

Les Gaulois, comme on le sait, ne craignaient qu’une seule chose: que le ciel leur tombe sur la tête. Les Québécois de l’ère moderne, dont les ancêtres ont affronté le pire des climats hivernaux, n’ont peur que d’une seule chose: le verglas.
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Et sûrement aussi, les urgences d’hôpitaux. Mais ça, c’est une autre histoire...
Ce mercredi, le verglas a frappé dur. Dans plusieurs régions et tout particulièrement à Montréal et ses couronnes. Cette tempête-ci ne rivalise pas avec le traumatisme du verglas de janvier 1998. Quiconque l’a vécu le sait.
Elle fait néanmoins ressortir la même résilience et la même solidarité légendaire qui, au sein de la population d’ici, se pointent illico dès que la météo nous «teste» plus fortement qu’à l’habitude.
Les Québécois, comme disait ma grand-mère, ont en effet la couenne dure. Quand les éléments se déchaînent, pas de «p’tites» natures ici.
Les changements climatiques, ici comme ailleurs, provoquent un réchauffement inquiétant du climat. L’hiver n’en reste pas moins au cœur même de la fibre identitaire des Québécois. Autant pour les plus anciens que pour ceux qui sont nouvellement arrivés.
En rêvant aux plages du Sud, notre Robert Charlebois national a beau chanter «Cartier, Cartier, Ô Jacques Cartier, si t’avais navigué à l’envers de l’hiver», les Québécois, dès que l’hiver se fait plus féroce, sont au rendez-vous. Même à leur corps défendant...
Sans courant
Le plus dur toutefois avec le verglas est de perdre l’électricité, donc y compris le chauffage. Cette fois-ci, c’est plus d’un million de foyers qui en ont été privés. Ce n’est pas un détail.
Le verglas est aussi sans pitié pour les arbres, ces précieux compagnons de vie qu’on tient beaucoup trop souvent pour acquis.
Dans les parcs, ce n’est vraiment pas joli. Ça brise le cœur de voir autant d’arbres, dont plusieurs sont centenaires, casser sous le poids d’une glace sans pardon.
Le verglas nous rappelle aussi qu’au Québec, l’enfouissement des fils électriques déchiquetés par le verglas demeure cependant un fantasme qui, fort probablement, ne se réalisera jamais.
Jugé trop onéreux par Hydro-Québec et les gouvernements successifs – on nous dit que la facture totale frôlerait les 100 milliards de dollars –, l’enfouissement n’est-il pas une question de sécurité publique?
Une question de sécurité publique
Lorsque la perte de courant risque de frapper aussi des hôpitaux, des CHSLD, des ressources d’hébergement pour personnes handicapées et des logements où vivent des gens plus isolés socialement, les conséquences négatives pour eux peuvent être majeures.
Comme on ne retiendra malheureusement pas notre souffle dans ce «dossier», pour cette tempête-ci, comme pour celles qui l’ont précédée et la suivront, les gens résilients et solidaires, pour le temps que ça prendra, tiendront le fort.
Une pensée pour toutes les personnes sans électricité et les voisins et familles les ayant contactées pour les aider.
Chapeau à tous les intervenants sur le terrain : pompiers, policiers, ambulanciers, travailleurs d’Hydro-Québec, personnel médical, etc. Sans oublier nos collègues journalistes qui, avec diligence, nous informent.
Idem pour les élus qui, rapidement, se sont mobilisés pour soutenir concrètement les citoyens et les sinistrés les plus affectés.
Une seule chose est sûre. Les Québécois passeront à travers, comme à l’habitude...
Comme à l’habitude, les Québécois résilients et solidaires, pour le temps que ça prendra, tiendront le fort.