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Arrêtons de nous faire croire que le Canada est bilingue!



L’indignation est programmée d’avance. Le coupable désigné avant même la publication du rapport. Chaque année, le même cirque.

Air Canada, encore une fois blâmée par le Commissaire aux langues officielles. Oh scandale ! Le nombre de plaintes atteint un sommet en dix ans, 276.

Mécréant, méchant anglo, colonisateur, on répète les mêmes anathèmes. Dans le fond, il n’y a pas plus québécois que le plaisir de détester Air Canada.

Mais objectivement, l’acharnement sur Air Canada est le symptôme d’un mal qu’on n’ose pas formuler, encore moins admettre.

Le bilinguisme au Canada est un mythe d’une autre époque.

Si des décennies d’efforts n’ont pas réussi à changer les attitudes, il serait peut-être temps de l’accepter.

La langue de Molière n’est pas une richesse pour le Canada. C’est une arrière-pensée pour la majorité, une obligation encombrante pour ceux qui ont de l’ambition, un calcul électoral pour la classe politique.

Perspective

Certes, Air Canada maîtrise l’art de se faire mal aimer.

La désormais célèbre prestation de son PDG, Michael Rousseau, en fait foi, tout comme la malheureuse habitude d’affecter des hôtesses de l’air unilingues anglaises sur des vols au départ de Montréal ou de Moncton. La formation en anglais uniquement pour les agents de bord de sa filiale Rouge, à Montréal, n’a rien fait pour aider !

N’empêche, le porte-parole d’Air Canada n’avait pas tort en soulignant que 276 plaintes sur un total de 40 millions de passagers qui ont chacun 4 à 5 interactions avec le transporteur, ce n’est pas un mauvais score.

Photo d’archives

Ça équivaut à 27,6 plaintes par million d’interactions.

C’est un meilleur résultat que les 36 plaintes par million dans le métro ou les 132 plaintes par million dans les autobus de la STM.

Et que dire du Commissariat aux plaintes du CHUM qui a reçu 1353 plaintes l’année avant la pandémie pour un demi-million de patients ? Le verre est-il à moitié vide ou à moitié plein ?

Mythe

Le Canada n’a jamais été bilingue. Il ne le sera jamais.

Ce mythe est le fruit d’une construction politique pour camper l’idée de deux peuples fondateurs et rassurer les francophones.

Le Commissaire aux langues officielles peut bien recevoir des plaintes parce qu’aucun agent parlant français n’est disponible aux guichets des aéroports de Toronto, Vancouver ou Halifax, je n’oserais même pas m’imaginer y être servi en français !

La seule raison pour apprendre le français dans l’une de ces villes est d’avoir des ambitions politiques ou espérer faire carrière dans la magistrature ou la haute fonction publique.

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Dans le reste du Canada, le français est un obstacle à franchir pour ceux qui aspirent à faire partie des élites du pays. Objectivement, c’est à mille lieues des réalités de ceux et celles qui finiront agents de bord, douaniers, commerçants, entrepreneurs ou médecins.

Pour la grande majorité, le français est un bonus qui donne accès à de meilleures écoles, sans plus.

C’est absolument tragique pour les communautés francophones hors Québec. Le rêve ne s’est jamais réalisé.

Mais de grâce, cessons de nous indigner parce qu’un agent de bord ne parle pas français ailleurs au pays.

Le Canada n’est pas un pays bilingue et ne l’a jamais été.







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