/news/retirement
Navigation

Les projets de toute une vie bousillés par le coronavirus

Des milliers de Québécois à la retraite ont vu leurs projets, souvent planifiés et idéalisés depuis plusieurs années, chamboulés ou même réduits à néant par la pandémie. Des vies changées, du temps volé, regrettent plusieurs.

Après avoir travaillé toute leur vie pour s’offrir du bon temps, voilà que ces gens se font prendre du temps précieux par le virus qui paralyse nos vies depuis mars 2020.

Et le grand drame, c’est que si la moyenne des Québécois travaille une quarantaine d’années, on ne sait jamais combien de temps durera la retraite.

«Présentement, on a le sentiment de perdre du temps», confient Solange Boulet et son conjoint, Marcellin Lapointe, qui ont mis une croix sur de nombreux projets de voyage. «On sait qu’il ne reste pas énormément de temps devant nous».

Des histoires de toutes sortes

Le Journal a recueilli des témoignages de ces gens qui ont vu leurs plans changer. Tout d’abord, à cause du virus lui-même.

Allens Forbes, 66 ans, traîne toujours les conséquences d’une «COVID longue».

«J’ai vieilli de 20 ans en un an et demi», soupire le nouveau retraité. «Je ne vois pas la lumière au bout du tunnel».

Pour plusieurs, la retraite était aussi synonyme de voyages, mais leurs valises sont malheureusement demeurées au rancart.

«On était dans une relation de compassion et c’était parfois une job de motivation parce que certains l’ont pris très dur», fait remarquer Éric Boissonneault, vice-président de l’Association des agents de voyage du Québec.

Pour d’autres, ce sont des projets de déménagement que la pandémie a freinés.

Au Québec, l’explosion des prix est venue ébranler le budget de certains aînés, comme Lorraine Mougeot. «Ça a contrecarré mes plans», soupire celle qui s’est résignée à demeurer dans son logement de Montréal-Nord.

Des impacts psychologiques

Comme pour l’ensemble des Québécois, les retraités n’ont pas été épargnés par la crise et la dernière année peut avoir laissé des traces chez certains.

«C’est certain que quelqu’un qui perd un projet planifié depuis longtemps, ça affecte le moral, ça peut créer de la déprime, de l’anxiété, un sentiment de perte de sens, de pouvoir sur sa vie», explique le psychologue Gaétan Roussy, qualifiant le phénomène de tout à fait normal dans le contexte.

Et la pandémie pourrait aussi affecter les prochaines cohortes de retraités, prévient--il, rappelant qu’il faudra porter attention à ces gens. «La crise va avoir des conséquences financières pour plusieurs. Il y a déjà de la remise en question chez ceux qui y arrivent bientôt», souligne l’expert.