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Arbitre frappé au visage: «Toi aussi, ton tournoi va être fini»

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L’arbitre qui a été frappé en plein visage lors d’un tournoi de hockey à Havre-Saint-Pierre ne retournera plus sur la glace avec son sifflet et son maillot zébré.  

La carrière de Philippe Paradis comme arbitre est bel et bien terminée, a confié le principal intéressé en entrevue à LCN. Aux prises avec des symptômes de commotion cérébrale depuisl’incident survenu samedi, le père de famille de Trois-Rivières ne va «pas très bien». «Pas mal fatigué, mal à la tête, maux de cœur», énumère-t-il.  

Son agresseur, un homme de 45 ans, a été arrêté à Havre-Saint-Pierre pour voies de fait causant des lésions corporelles.  

Le suspect a été filmé alors qu’il perdait les pédales durant le match de hockey dit «amical» après s’être fait décerner deux minutes de pénalité.  

Une altercation s’en est suivie et Philippe Paradis a décidé d’expulser le hockeyeur mécontent. «En s’en allant au vestiaire, il a continué à m’injurier. Je lui ai dit: si ça fait pas,ton tournoi va s’arrêter là. Il m’a répondu: et bien, le tien aussi. Et là, il m’a frappé», témoigne-t-il en admettant n’avoir jamais vu en sept ou huit ans d’arbitrage un joueur en arriver à frapper un officiel.  

Le geste est d’autant plus inadmissible, explique-t-il, que les arbitres n’ont que leur casque pour se protéger. «On voit sur la vidéo que je m’en vais pour me reculer et c’est là qu’ildécide que ça s’arrête là pour moi», relate le père d’une petite fille de 4 ans.  

Même si son assaillant dit regretter son geste, Philippe Paradis n’est toujours pas prêt à lui pardonner. Il devra mettre un trait sur la chance qui s’offrait à lui d’aller officier auxchampionnats provinciaux pour une première fois. «Arbitrer, c’était ma passion. Et là, je ne la referai plus, parce que tu as tout le temps peur que ça arrive encore et que les entraîneurs et les joueurs t’en reparlent tout le temps.»  

«Peu importe dans la vie, frapper quelqu’un... La colère, ça ne se règle pas avec les poings, on peut en parler», formule l’homme qui est employé dans la fonction publique, mais actuellementen arrêt de travail pour un «minimum de deux semaines, condamné à (sa) chambre».  

Dur le métier d’arbitre? Parlez-en à Philippe Paradis, qui devra se trouver une nouvelle passion. «Ça n’en vaut pas la peine», conclut-il sur un ton dépité.