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Au diable mère Teresa

Au diable mère Teresa
Capture d'écran, TVA Nouvelles

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Dans le passé, pour être béatifié, il fallait consacrer sa vie aux bonnes oeuvres. La bienheureuse Anjezë Gonxhe Bojaxhiu, mère Teresa pour faire court, a donné sa vie pour les plus démunis pour finalement être béatifiée en 2003. Comme tout se modernise, la méthode pour être béatifié aussi se simplifie, au grand bonheur des groupes de pression. Il y a même, oui oui, une app pour ça, Facebook.   

Au Québec il suffit d’organiser un groupe et de prendre la rue pour être béatifié. Réunissez quelques centaines de personnes (béatification extra rapide si vous dépassez les 5 000) et automatiquement, une bonne partie de la population trouvera que votre cause est juste.    

Encerclez une école, bloquez les autoroutes, déployez une banderole ou deux, Dieu que le monde vous trouvera beaux! Inspirants! Un espoir pour le Québec!   

Surtout n’oubliez pas le plus important : l’émotion. Colère ou anxiété profonde, larmes idéalement et voilà! Cela efface immédiatement toutes les questions sur la légitimité de vos revendications. Quel sans cœur se préoccuperait des faits quand on peut se vautrer dans l’émotion-spectacle? Quel monstre de rationalité trouvera plutôt courageux ceux qui sont au travail malgré notre enfer fiscal, ceux qui se sont fait chier dans le trafic de manifestants?    

Aucun journaliste télé ne vous demandera même si vous savez ce que le gouvernement fait, actuellement, pour votre cause. Juste à baragouiner, l’air angoissé, que vous êtes «l’avenir». Qu’il faut sauver «demain». Que le gouvernement ne fait pas «assez».    

Il y a même des membres du gouvernement, des élus, vous savez de quel parti, qui continuent d’organiser des manifestations parce qu’ils savent que c’est plus efficace pour influencer l’opinion publique. Parce que rue = béatification instantanée, n’oubliez pas.     

Pourquoi faire un X sur un carton quand on peut simplement y découper un carré et aller prendre l’air?    

Remarquez, avec l’état desdites rues, ça mérite une récompense de les emprunter mais surtout en voiture.    

Les chasmes béants, dans la rhétorique revendicatrice ou dans l’asphalte québécois, s’évitent mieux à pied.