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Aux portes de la démence à 42 ans

Aux portes de la démence à 42 ans
AFP

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Le féroce combattant brésilien d'arts martiaux mixtes et vétéran de 51 combats, Wanderlei Silva, a avoué souffrir de nombreux symptômes reliés aux commotions cérébrales, dont des sautes d'humeur et des problèmes de mémoire.

Au cours de sa carrière de 29 ans, «The Axe Murderer» n'a jamais eu peur d'échanger des coups avec qui que ce soit. 

Sauf qu'aujourd'hui, l'athlète de 42 ans qui tarde à accrocher ses gants en paie le prix. 

Dans une longue entrevue accordée au média brésilien PVT (tel que rapporté par MMAfighting.com), il avoue subir les contrecoups de toutes ses guerres. 

«J'ai assisté à une conférence sur les commotions cérébrales et sur les dix symptômes mentionnés par l'expert, huit m'affectent, a souligné l'ancien champion de PRIDE. Par exemple, des changements d'humeur soudains, être irritable plus facilement, oublier certaines choses et de l'insomnie.» 

Ces conditions s'apparentent à celles qui affectent les personnes atteintes d'encéphalopathie traumatique chronique. Cette affection cérébrale dégénérative ne peut être détectée qu'à la mort en analysant les dépôts de protéines dans le cerveau des patients.  

Connue sous l'abréviation «CTE», cette maladie a été mise en lumière auprès de joueurs de football au tournant du millénaire. La cause? Les chocs répétés à la tête, une action certainement présente chez ceux qui pratiquent les sports de combat. 

D'ailleurs, Silva compte donner son cerveau à la science après son décès. 

Changement de perception

L'ancien de l'UFC a subi deux défaites à ses deux premières sorties dans l'organisation Bellator, dont une par K.-O. technique. 

Il avait auparavant pris une pause forcée de la compétition (dopage) de quatre ans. Sept de ses 14 défaites ont été subies par K.-O. ou K.-O. technique. 

Depuis quelque temps, il a révisé sa façon de s'entraîner. Fini les séances intenses de «sparring» quotidiennes; il n'en fait maintenant qu'une seule par semaine, ce qui était loin d'être le cas il y a 10 ans. 

La raison est simple: il considère que la science et le public en connaissent beaucoup plus sur les impacts cérébraux des coups à la tête qu'au début de sa carrière. 

«À l'époque, je croyais que plus que je me faisais frapper, plus je serais en mesure d'encaisser pendant un combat. C'est totalement l'inverse. Si j'avais un seul conseil à laisser à la nouvelle génération, ce serait de ne pas se faire frapper à la tête chaque jour», explique-t-il. 

Malgré les symptômes qui affectent sa vie quotidienne, Silva ne prévoit pas prendre sa retraite. Il aimerait obtenir un combat revanche contre une autre légende du Brésil, Vitor Belfort. 

Comme vous pouvez le voir à trois minutes dans la vidéo suivante, il s'était fait passer le K.-O. à 44 secondes du premier engagement.