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Chantier du REM: Perte de qualité de vie... et de revenus

L’atelier de restauration de meubles de l’ébéniste Claude Lacasse est situé à quelques mètres d'un chantier du REM, tout comme la maison qu’il possède avec sa conjointe Claudette Lambert.
Photo Camille Dauphinais-Pelletier/24h L’atelier de restauration de meubles de l’ébéniste Claude Lacasse est situé à quelques mètres d'un chantier du REM, tout comme la maison qu’il possède avec sa conjointe Claudette Lambert.

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MONTRÉAL – Un couple montréalais qui habite et possède une entreprise à quelques mètres de la gare Canora perd des revenus à cause des travaux du REM, en plus de voir sa qualité de vie amputée.  

L’atelier de restauration de meubles de l’ébéniste Claude Lacasse est situé à quelques mètres du chantier, tout comme la maison qu’il possède avec sa conjointe Claudette Lambert sur la rue De Chambois depuis 18 ans.  

Jusqu'à tout récemment, une bonne partie de sa clientèle découvrait l’atelier L'Ombrière par hasard, en empruntant le chemin Dunkirk pour se rendre à l’école ou à l’aréna. Or, depuis le mois d’août et pour les quatre ans que dureront les travaux d’installation du Réseau express métropolitain (REM), celui-ci a été transformé en zone logistique et fermé à la circulation.  

«En 15 ans, je n’avais jamais eu à mettre un sou en publicité, mais là, j’ai dû commencer à investir. C’est mon gagne-pain, c’est avec ça que je paie mon hypothèque», a souligné M. Lacasse, dont la propriété se trouve maintenant dans un cul-de-sac.  

Le chantier entraîne d’autres désagréments pour l’ébéniste: les vibrations sont parfois si fortes qu’elles font tomber des vis de leur étagère, la poussière qui flotte dans l’air l’a contraint à modifier sa technique de finition des meubles et le travail de précision est plus difficile à faire.  

 

L’atelier de restauration de meubles de l’ébéniste Claude Lacasse est situé à quelques mètres d'un chantier du REM, tout comme la maison qu’il possède avec sa conjointe Claudette Lambert.
Photo Camille Dauphinais-Pelletier/24h

 

Du bruit sans arrêt  

Comme il travaille à domicile, M. Lacasse se trouve à proximité du chantier quasiment 24 heures par jour. Sa conjointe et lui sont épuisés de vivre dans le bruit, alors que le REM n’est pas astreint aux règles municipales qui limitent les heures de travail.  

Le couple rapporte avoir de la difficulté à dormir huit heures en ligne. «Je comprends qu’ils sont plusieurs équipes qui travaillent à relais, mais nous, notre chiffre de sommeil, on ne peut l’échanger avec personne», a dit Mme Lambert.  

Si un préavis est censé être donné aux résidents lorsque des travaux particulièrement bruyants sont prévus, il y a eu des ratés, a souligné Mme Lambert, évoquant notamment du séchage de béton et du forage sur le pont Jean-Talon en pleine nuit.  

«Injustifiable»  

Le bureau du REM concède que des situations «injustifiables» sont survenues aux abords du chantier Canora, notamment des comportements impolis d’ouvriers envers des résidents, l’omission de signaler des travaux bruyants ainsi que des dépassements des cibles sonores.  

Jean-Vincent Lacroix, porte-parole pour le bureau du REM, a affirmé qu’un «redressement de la situation» a été demandé au consortium NouvLR, qui s’occupe de l’exécution des travaux, et que la situation est suivie de près.  

Lorsqu’il dépasse les cibles sonores ou fait des travaux de nuit bruyants, NouvLR doit démontrer que «tous les efforts possibles» ont été pris pour diminuer les impacts, a-t-il expliqué. Des mesures alternatives doivent aussi être considérées.  

Par exemple, après le bruit provoqué par les travaux qui se déroulaient de nuit sur le pont Jean-Talon, des mesures additionnelles ont été mises en place et le tout a été évalué par un acousticien. Comme il était toujours impossible de respecter les cibles, le travail a été déplacé de jour la fin de semaine.  

Pour le moment, aucune pénalité financière n’a été imposée au consortium par le bureau du REM, qui a reçu une quarantaine de plaintes concernant le chantier Canora.  

 

L’atelier de restauration de meubles de l’ébéniste Claude Lacasse est situé à quelques mètres d'un chantier du REM, tout comme la maison qu’il possède avec sa conjointe Claudette Lambert.
Photo Camille Dauphinais-Pelletier/24h

 

Projet de vie  

M. Lacasse et Mme Lambert aiment leur maison et sont impliqués dans leur quartier. M. Lacasse prévoyait travailler encore pendant une dizaine d’années, pendant lesquelles le couple profiterait de son beau jardin, mais les désagréments qu’engendre le chantier deviennent insupportables. Les Montréalais se doutent qu’ils ne vendront pas leur maison à un prix satisfaisant d'ici la fin des travaux et sont sceptiques par rapport au fait que 500 trains passeront chaque jour dans leur cour sans trop faire de bruit.  

«Tout notre projet de vie est à l’eau, complètement défait», a soutenu Mme Lambert, qui a de la misère à croire les promesses du bureau du REM.  

  

Dépassements des cibles sonores au chantier Canora  

Dernières données disponibles pour une semaine complète    

  • Lundi 22 avril : Aucun dépassement  
  • Mardi 23 avril : Dépassées entre 20 h et 21 h  
  • Mercredi 24 avril : Aucun dépassement  
  • Jeudi 25 avril : Dépassées durant le jour  
  • Vendredi 26 avril : Dépassées durant le jour et entre 4 h et 5 h du matin  
  • Samedi 27 avril : Dépassées durant le jour et entre 1 h et 2 h du matin  
  • Dimanche 28 avril : Aucun dépassement    

Source : REM  

Note : Le niveau de bruit pour les travaux de jour est calculé sur une moyenne de 12 heures. La nuit, c’est sur une moyenne d'une heure.