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Congédiement d’un lanceur d’alerte : Lamontagne plombe la rentrée parlementaire caquiste

Le congédiement d’un lanceur d’alerte fait la manchette depuis une semaine

Periode des questions
Photo Agence QMI, Simon Clark Le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, a pris la parole durant la période de questions, mardi, au premier jour de la session parlementaire à l’Assemblée nationale.

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Au premier jour de la session parlementaire, François Legault a déjà dû se porter au chevet d’un ministre amoché, André Lamontagne, qui s’est contredit à plusieurs reprises sur les raisons entourant le congédiement du lanceur d’alerte Louis Robert.

«J’ai toujours confiance en mon ministre de l’agriculture», a lancé le premier ministre mardi lors d’une période de questions où les partis d’opposition ont tiré à boulets rouges sur le gouvernement caquiste.

Le congédiement de l’agronome Robert en raison du coulage de «documents accablants» démontrant l’ingérence du secteur privé dans la recherche publique sur l’utilisation des pesticides fait la manchette depuis une semaine.

André Lamontagne s’est tout d’abord attribué la décision du renvoi pour ensuite se dédire. Il a également laissé entendre que l’agronome d’expérience a perdu son emploi pour d’autres raisons, avant de se raviser et de se fier à la lettre officielle. Il s’était fié à son intuition, a-t-il admis au 98,5 FM.

Non crédible

Pour les partis d’opposition, André Lamontagne dit tout et son contraire depuis une semaine. Cité à procès, un témoin qui multiplie les versions comme l’a fait le ministre de l’Agriculture serait jugé «non crédible», a fait remarquer le libéral Gaétan Barrette. «C'était moi. Ce n'était pas moi. C'était le sous-ministre. Les arguments dans la lettre de congédiement étaient vrais. Ils n'étaient pas vrais. On est rendu dans l'intuition», a-t-il raillé.

François Legault rejette maintenant la responsabilité de la décision sur le sous-ministre Marc Dion, «nommé par les libéraux». La veille, M. Lamontagne a demandé à la protectrice du citoyen de faire enquête. «On va voir si le sous-ministre a pris la bonne décision», a affirmé le premier ministre.

Pendant ce temps, M. Robert a perdu son emploi et n’a pas de salaire, a déploré le chef libéral Pierre Arcand. Chez Québec solidaire, Manon Massé déplore également que «dans plusieurs pays du monde, on fait des lois pour protéger les lanceurs d'alerte, ici, on les congédie». 

Lobby des pesticides 

Sur le fond de l’affaire, l’opposition se demande également si les Québécois sont bien protégés par le MAPAQ, ou si celui-ci est au service du «lobby de l’industrie des pesticides», comme le dit Mme Massé.

Le péquiste Sylvain Roy veut savoir par exemple si le ministre est au courant de l’existence «d’études qui démontrent, oui ou non, qu'il y a un danger pour la population ou l'environnement, qui n'ont pas été diffusées?»

«Je ne dois rien aux compagnies de pesticide», a rétorqué François Legault aux critiques. Le sujet l’a toutefois suivi jusqu’à un point de presse, tard en après-midi, pour annoncer son ajustement ministériel. 

Quant à André Lamontagne, il a refusé de répondre aux questions des journalistes.

Des déclarations marquantes

30 janvier : André Lamontagne affirme qu’il a «personnellement autorisé» le congédiement de Louis Robert et que d’autres raisons se cachaient derrière son renvoi, qui n’était pas lié au statut de lanceur d’alerte.

31 janvier : François Legault nie le contenu de la lettre de renvoi de Louis Robert, qui stipule qu’il a perdu son emploi parce qu’il a donné des documents à Radio-Canada. «Ce n’est pas la raison pour laquelle [Louis Robert] s’est fait congédier. C’est ce que lui prétend, ce n’est pas ce que dit le sous-ministre».

4 février : André Lamontagne affirme que la décision de congédier Louis Robert n’était pas de son ressort. «J’ai fait une erreur la semaine dernière lorsqu’en point de presse j’ai pris sur mes épaules le poids de cette décision, qui en réalité était une décision administrative».

5 février : André Lamontagne confirme que l’agronome a perdu son emploi, car «des documents ont été divulgués dans l’espace public et que suite à ça, il y avait des mesures disciplinaires». «Référons-nous à la lettre qui a été dévoilée par M. Robert».

5 février : François Legault fait porter l’odieux de la décision au sous-ministre Marc Dion, «nommé par les libéraux». Elle sera révisée par la protectrice du citoyen. «On va voir si le sous-ministre a pris la bonne décision», a-t-il dit.

 

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