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Days Gone: que tout le monde se calme! [Critique]

Days Gone: que tout le monde se calme! [Critique]

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J'ai vu les critiques sortir à gauche et à droite de la plus récente exclusivité PS4: le jeu post-apocalyptique en monde ouvert à la troisième personne Days Gone.  

J'en conviens, le niveau de satisfaction que l'on tire du titre de Bend Studio est loin d'être égal à celui de God of War, Horizon: Zero Dawn ou Spider-Man.    

Mais de là à qualifier le jeu de navet et lui donner des notes sous la barre du 60%, un instant!    

Tout ce que j'ai à dire (à part les quelques centaines de mots qui suivront et expliqueront mon point en détail) est ceci:    

Que tout le monde inspire par les narines quelques minutes!    

La viande (non, on ne parle pas ici de cervelle de zombies) 

Avant d'entrer dans le vif du sujet, commençons par vous expliquer ce qu'est Days Gone, au cas où vous dormiez sous une roche depuis la veille de l'E3 2016.    

Développé par Bend Studio (Syphon Filter, Uncharted, Resistance), c'est un énième jeu de «zombies» en monde ouvert qui vous met dans la peau d'un personnage au caractère assez bouillant et à la recherche de réponses.    

Les «freakers», les morts-vivants de Days Gone qui se décuplent en différentes formes, sont en réalité des humains infectés par un virus contagieux.    

Au volant de sa moto, Deacon Saint-John poursuit des chercheurs, des humains drogués qui ont perdu le nord et des alliés inattendus pour tenter de survivre et, qui sait, d'éradiquer cette menace qui pèse sur l'humanité, ou, selon nos informations, au minimum sur l'Oregon et la côte ouest Américaine.    

«Pas encore un jeu de zombies?»    

Oui. Days Gone laissera peut-être un sentiment de déjà vu dans l'esprit de plusieurs.     

Avec ses multiples retards, disons que le titre ne s'est pas aidé. 

Cependant, en approchant cette expérience avec l'esprit ouvert, vous y trouverez un récit parfois touchant, souvent révoltant, qui traite de thèmes auxquels tout le monde peut s'identifier: la camaraderie, l'espoir, la survie, l'amour, le pardon et l'amitié.    

À propos des bogues  

Note importante pour vous, chers lecteurs: les critiques comme moi avons reçu le jeu trois semaines avant sa sortie.    

Évidemment, un jeu à trois semaines de la sortie est logiquement complété, mais certains problèmes d'optimisation peuvent être rencontrés par les journalistes.    

Par contre, les relationnistes ont fait leur travail: ils ont (théoriquement) informé tout le monde profitant d'un accès anticipé des possibles bogues, ainsi qu'une liste d'ajustements qui seraient effectués avant la sortie, vendredi matin.    

Une mise à jour imposante de 18 gigaoctets a été appliquée en début de semaine, et bien qu'il reste du travail à faire, c'est définitivement un pas dans la bonne direction.    

Oui, on rencontre certains problèmes de chargement très frustrants, notamment lorsqu'on roule très vite en moto d'un point A à un point B. 

Pendant un instant, j'étais certain que je n'aurais pas été en mesure de finir le jeu à cause de ça.    

Tout ce qui est audio semble avoir été réglé: l'absence de son pendant certaines cinématiques, les bruits de moto parfois effacés, etc.    

Bref, je trouve simplement malhonnête d'ajuster sa note finale en fonction de ces problèmes, puisqu'ils seront fort probablement réglés avant la sortie officielle ou quelques jours après. 

Après tout, notre travail, c'est de partager notre opinion à propos de la version disponible aux joueurs, non?    

Deacon, un gueulard attachant  

Le motard endurci et personnage principal, Deacon St-John, est un vrai de vrai dur. 

Avant que toute la civilisation ne se retrouve en enfer ou transformé en freaker, il rencontre la toute douce, intelligente et éduquée Sarah, qui deviendra son épouse.  

Vous voyez où l'histoire s'en va... 

Pendant les tous premiers instants du jeu, alors que le monde s'écroule, Deacon laisse partir sa conjointe à bord d'un hélicoptère d'une certaine organisation gouvernementale, NERO.    

Son meilleur ami et élément très important dans la suite des choses, Boozer, est blessé, et ne peut continuer. 

Deacon demeure donc derrière pour aider son pote.    

On remarque assez vite que malgré son passé de dur motard, il est émotif, sensible, empathique, drôle et loyal, mais croit en la justice de la rue et la vengeance, surtout dans ce monde qui n'existe plus vraiment.    

Il n'est pas particulièrement jasant. L'absence d'humains avec lesquels on peut interagir de façon positive y est certainement pour quelque chose, mais est-ce réellement quelque chose de mal?    

Dans un monde ravagé par la mort et la famine, pourquoi devrait-on s'attendre à de longues discussions philosophiques entre deux humains sans espoir? C'est ça.    

S'il y a une affaire qui m'énerve vraiment, c'est que Deacon N'ARRÊTE PAS DE CRIER quand il conduit sa moto!    

«HEY ON S'EN VA OÙ MAN?» - Deacon    

«Un camp de maradeurs, pas loin d'ici, ils ont capturé mon chum» - allié quelconque, à travers une radio.    

Donc on entend notre ami parler dans sa radio, mais Deacon, lui, s'est dit: «de la marde, une radio, je vais simplement crier, même quand la personne avec moi est assis sur la même moto que moi.»    

Ça ne fait aucun sens et c'est sincèrement agressant.    

Pourquoi tu cries, man?    

Les hordes  

Après avoir complété le deux tiers de l'arc narratif, je me suis dit: «voyons, ça manque de zombies ici. Où sont ces gigantesques hordes illustrées à l'E3? C'est vraiment trop facile, Days Gone.»    

Cette observation est loin d'être fausse. 

La majorité de notre temps est passé à explorer des camps de Rippers, une secte d'humains complètement déjantés qui abusent de PCP et qui rêvent d'être comme les freakers, les tuer, et répéter ce genre d'exploit avec divers groupes de mercenaires tout aussi fatiguants (dans le bon sens du terme) les uns que les autres.    

Une fois de temps en temps, on rencontre trois, quatre zombies, un ours infecté qui nous donne du fil à retordre, et, quelques coups de bâton plus tard, on chevauche notre moto à nouveau.    

Les hordes, qui consistent en plusieurs centaines de freakers qui vous pourchassent sans répit, représentent un véritable défi. 

C'est aussi les seules rencontres qui nous forcent à approcher le jeu avec une certaine stratégie. 

C'est simplement un peu trop long avant qu'on soit forcé d'en vaincre une. Il ne reste qu'une poignée de missions lorsque ça se produit.    

Comme les freakers sont actifs et dangereux la nuit, il suffit de dormir, la nuit, comme un humain relativement normal, pour éviter tout défi.    

Bref, l'ajout de missions en soirée, lorsqu'on est forcé de s'aventurer à l'extérieur, aurait amené un élément de dynamisme au scénario, puisque l'histoire manque cruellement de rythme et de rebondissements.    

Des guns et des clous  

RIEN DE SPÉCIAL À DIRE ICI!    

Oups, je pensais que j'étais en moto pour un instant.    

Pour vrai, tout fonctionne bien. La fluidité, les dégâts et la précision sont au rendez-vous.  

Par contre, quand vous affronterez de petits groupes de freakers, vous aimerez mieux les armes de corps à corps, dont certaines sont personalisables.    

Un bâton de baseball équipée d'une lame de scie rotative attachée avec du fil barbelé? Donne-moi ça que je frappe une couple de circuits! 

Vive le vent!  

S'il y a une chose sur laquelle Bend a frappé avec vélocité, c'est l'environnement.    

Il neige, il pleut, il vente, il peut y avoir du brouillard, et tout ça affecte le cycle de «migration» des freakers ainsi que leur capacité à vous voir.    

L'État de l'Oregon est varié, allant de montagnes aux forêts denses et l'équipe l'a bien rendu. Bravo! 

On apprécie particulièrement les angles de caméra automatiques pendant certaines cinématiques qui nous permettent d'apprécier le décor.  

Le verdict   

Days Gone ne sera certainement pas dans la liste de potentiels jeux de l'année. Il n'est pas non plus un incontournable pour tous les gameurs.    

Cependant, ceux qui l'attendaient impatiemment (comme moi) et qui apprécient encore les zombies à petite dose s'amuseront amplement.     

La nouvelle exclusivité est appréciable en courtes séances de quelques heures, vu les missions quelque peu répétitives, mais les développements de l'arc narratif sont assez intéressants et surprenants pour vous garder accrocher jusqu'à la fin.    

Pour moi, Days Gone mérite la note de 8/10. Il reste à voir si du contenu téléchargeable et les mises à jour pourront augmenter cette note à moyen terme.