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Du FC Nantes à Ubisoft

Du FC Nantes à Ubisoft
PHOTO ROGER GAGNON

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Yannis Mallat, président-directeur général des studios canadiens d’Ubisoft, trace lui-même un intéressant parallèle entre les sports électroniques et le monde du sport professionnel.

Il suffisait de lui parler un peu du club de soccer FC Nantes, en marge du «Six Invitational» qui se déroule jusqu’à dimanche à Laval, pour voir une étincelle s’allumer dans ses yeux. 

«J’ai connu la grande époque de Vahid Halilhodzic et de Loïc Amisse, a indiqué le dirigeant d’origine française, se rappelant cette époque où il se rendait au stade Marcel-Saupin avec son frère, au début des années 1980. Il y a aussi eu la fameuse année 1994, où le FC Nantes avait joué toute une saison, avec une séquence de plus de 30 matchs sans défaite. Depuis, j’ai un peu perdu de vue, mais j’ai aussi en moi, à quelque part, un cœur de partisan. Et ça me permet, pour un événement comme celui-là, de comprendre les émotions qui sont vécues par les joueurs et les spectateurs. Ils ont juste envie d’une chose, soit de se retrouver ensemble et de vivre de l’excitation.» 

Concernant le tournoi présenté à la Place Bell, Mallat se réjouit évidemment de voir tous ces gens se réunir autour d’un jeu vidéo, Rainbow 6 Siege, qui a été développé à Montréal. 

Troisième édition de Six Invitational, une compétition internationale de Esports du jeu Rainbow Six: Siege créé par Ubisoft, à la Place Bell.
JOEL LEMAY/AGENCE QMI
Troisième édition de Six Invitational, une compétition internationale de Esports du jeu Rainbow Six: Siege créé par Ubisoft, à la Place Bell.

«Notre équipe a travaillé avec ce rêve de créer un jeu qui va permettre l’évolution de toute une industrie, a-t-il commenté. Ce n’est plus seulement que du divertissement pur et dur, ça va au-delà. On se regroupe, on se retrouve, on partage les mêmes intérêts. Ça se rapproche effectivement des codes du sport. Quand on va au Centre Bell pour encourager le Canadien, il y a des gens qui mettent un chandail à l’effigie de leur joueur favori. Finalement, c’est un petit peu la même chose. Il y a des gens qui applaudissent. Pourquoi les gens viennent ici ces jours-ci? Ils veulent aller au-delà de ce que le médium peut proposer dans sa simple expression de jeu vidéo.» 

Une transformation de l’industrie

Comme dans un bon vieux match de soccer, l’objectif devient de ressentir des émotions en temps réel. 

«Depuis que le jeu vidéo existe, il y a toujours eu des gens qui voulaient jouer ensemble, compétitionner et vivre des émotions en temps réel, a-t-il repris. Il y a toujours eu des mini-compétitions informelles. Ça fait partie de l’histoire du jeu vidéo. C’est comme une sous-culture. Ce qui est fondamental, c’est que ce phénomène-là est aujourd’hui mis au jour grâce à une transformation de notre industrie qui passe par le streaming. Aujourd’hui, les gens regardent et participent à un spectacle en tant [qu'auditoire], et ça, ça ouvre des perspectives extraordinaires.»