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En Irak, barrages presque pleins, inquiétudes à l’approche de nouvelles pluies

En Irak, barrages presque pleins, inquiétudes à l’approche de nouvelles pluies
AFP

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Les principaux réservoirs d’Irak sont proches de la saturation, a indiqué mardi le ministère des Ressources hydrauliques, sur fond d’inquiétudes sur la sécurité des barrages à l’approche de nouvelles pluies.  

Des semaines de précipitations et la fonte des neiges en Turquie et en Iran voisins ont grossi les cours d’eau d’Irak. Le haut niveau du fleuve Tigre avait notamment joué un rôle dans un naufrage ayant fait une centaine de morts à Mossoul (nord) fin mars.  

Le réservoir du barrage de Doukan, dans la région septentrionale du Kurdistan, a dépassé sa capacité de sept milliards de mètres cube, a affirmé à l’AFP le porte-parole du ministère Aoun Diab.   

Hama Taher, en charge de cet ouvrage, a affirmé à l’AFP qu’un tel niveau n’avait pas été atteint « depuis 1988 ».   

Et les réservoirs des barrages de Darbandikhan, également au Kurdistan, et de Hamrine, au nord de Bagdad, sont « quasiment pleins ».   

Quant au réservoir du barrage de Mossoul, il contient actuellement neuf milliards de mètres cube, pour une capacité de onze milliards, a ajouté M. Diab.  

« Nous contrôlons les niveaux des barrages et de leurs réservoirs, leur stabilité n’est pas un sujet d’inquiétude », a-t-il précisé. Toutefois, a-t-il poursuivi, « le ministère a prévenu les gens vivant en zone inondables et est en lien avec leurs autorités locales », alors que les inondations en Iran voisin ont déjà fait 70 morts.   

En Irak, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déjà recensé plus de 500 familles déplacées en raison des intempéries au sud de Bagdad et prévient que 2.000 autres pourraient également être forcées de quitter leurs villages.  

En dépit des assurances des autorités, le spécialiste de l’environnement Azzam Alwash estime que le barrage de Mossoul --le plus grand du pays-- présente des risques.  

Construite en gypse, une roche qui se dissout dans l’eau, sa structure est régulièrement renforcée par des injections de ciment pour remplir les fissures qui s’y forment.  

« Si elles ne sont pas comblées rapidement, les fondations perdront leurs appuis et même la plus petite fissure, si elle n’est pas traitée à temps, pourrait créer une catastrophe », prévient le scientifique.  

« Si le barrage rompt alors qu’il est plein, cinq mètres d’eau recouvriront toute la zone », assure-t-il à l’AFP.   

Fin 2018, des trombes d’eau avaient détruit des maisons et provoqué des accidents, faisant plusieurs dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, tout en ravageant cultures et élevages.