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Festival Apriliis: le post-rock en émergence

Festival Apriliis: le post-rock en émergence
PHOTO MARTIN ALARIE

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MONTRÉAL – Le Festival Apriliis, dont la deuxième édition se déroule ce week-end, tente de faire une place au post-rock dans l’univers musical québécois.  

«Au détour d’une conversation, on était un petit peu chaud à la sortie d’un bar, j’étais inspiré et je me suis dit: "si on faisait un festival"», a dit Adrien Conilh de Beyssac, organisateur du Festival Apriliis.  

Au lendemain, l’idée se concrétisait.  

L’événement avait par ailleurs la chance de pouvoir reposer sur une boîte de production solide qui pouvait assurer la survie à long terme de l’intuition de départ.  

«Le Apriliis Fest, c’est né de Broken Chord, la maison de production pour laquelle on travaille», a ajouté Adrien, également membre et fondateur de Broken Chord, une jeune boîte de production indépendante de Montréal qui cherche à donner de la visibilité à des groupes locaux.  

Une première édition du Festival Apriliis a ainsi pu voir le jour en avril 2018.  

Des styles à découvrir  

Le Festival Apriliis, qui cherche à réunir une variété d’artistes de la scène post-rock, mais également de style sludge, doom et expérimentale, doit d’abord faire découvrir la richesse et le talent des groupes qui s’y rattachent. Il s’agit souvent de genres musicaux moins connus du grand public.  

«C’est difficile à décrire parce que ce sont des sous-genres assez nichés, a indiqué d’emblée Guillaume Duguay, cofondateur du festival. Mais le doom, c’est souvent assez lugubre, sombre, pesant, très très gras. Les vocaux sont assez gutturaux aussi. Et y’a un côté beaucoup plus punk dans le sludge.»  

«Le post-rock, ça mélange un peu des compositions de musique classique avec des instruments rocks, a ajouté Adrien Conilh de Beyssac. C’est une musique qui est lente et progressive.»  

Si certaines étiquettes s’avèrent utiles pour mieux cerner le style musical, il s’agit néanmoins d’un univers vaste aux ramifications nombreuses. «En gros, c’est un genre de musique qui se fout des schémas et des "patterns"», a poursuivi le cofondateur.  

 

Festival Apriliis: le post-rock en émergence
PHOTO MARTIN ALARIE

 

Un festival en évolution  

Alors que la première édition s’est très bien déroulée, les deux fondateurs cherchaient avec la deuxième à prendre un peu plus de place, à faire davantage de bruit, dans un contexte où trouver du financement n’est pas une chose évidente.  

«On a voulu grossir tout en jouant "safe", sans trop oser. On fait ça avec nos propres moyens aussi, on n’a pas de subventions», a indiqué Guillaume Duguay.  

«Si on veut aller plus loin, il faut aller à la recherche de subventions et de partenariats. Parce que là, on commence à plafonner, on a les groupes les plus importants de la scène locale. Si on veut aller chercher d’autres bands de l’extérieur, va falloir mettre un peu plus la main à la patte», a indiqué Adrien Conilh de Beyssac.  

Néanmoins, les projets sont nombreux pour le duo. Malgré les difficultés rencontrées et le travail acharné que représente la mise en place d’un festival sans aide financière extérieure, la passion demeure et les aspirations restent toutes aussi vives.  

«On voudrait aller chercher de plus gros noms, je rêve un peu, mais y’a des groupes aux États-Unis et en Europe qu’on écoute beaucoup, qui viennent pas vraiment ici, mais qu’on aimerait ça aller chercher, a dit Guillaume Duguay. L’année prochaine, j’aimerais ça bâtir quelque chose de plus gros.»  

«Je rêve d’un groupe comme Young Widows, a-t-il ajouté. Ce serait un de mes rêves d’avoir ça sur le festival. Ça vient jamais à Montréal.»  

Pour ces passionnés de post-rock, parfois submergés par le travail, mais toujours confiants et dédiés à leur festival, l'avenir reste encore bien ouvert.  

La deuxième édition du Festival Apriliis se déroule du 11 au 13 avril. Les spectacles prennent place à la Casa Del Popolo ainsi qu’à La Vitrola, à Montréal.  

  

Des groupes à ne pas manquer  

  

1- MILANKU (Montréal) et Appalaches (Montréal) - Vendredi soir  

«Ces deux-là sont devenus des gros représentants du genre (post-rock) à Montréal, selon Adrien Conilh de Beyssac. MILANKU, c’est un groupe qui a une approche très punk, ils sont basés sur un aspect un peu plus littéraire de la musique. À la base, le nom MILANKU vient de Milan Kundera.»  

  

2- Féroces (Besançon, France) - Vendredi soir  

«C’est un groupe de France, c’est leur deuxième fois ici au Québec. C’est une des meilleures choses qui a pu se produire dans la scène post-rock. C’est un band qui arrive avec des formats courts, c’est du post-rock avec une touche indie rock, un band de projections avec des montages cinématographiques, mais y’a quand même une touche d’agressivité derrière, dans leur musique», selon Guillaume Duguay. «On trouve ça génial», a renchéri Adrien Conilh de Beyssac.  

  

3- Shallow North Dakota (Hamilton, Ontario) – Samedi soir  

«C’est un groupe qui n’a vraiment pas eu assez de visibilité alors qu’il a tellement influencé de bands dans le genre noisy, rock, sludge, selon Guillaume Duguay. C’est un band culte.»  

  

4- Sunrot (New Jersey, US) - Samedi soir  

«Pour moi, ça a été un coup de foudre, a mentionné Adrien Conilh de Beyssac. C’est un groupe qui a un fort accent politique, qui gagnerait à être connu. C’est leur première fois au Canada.»