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Gilles Kègle: «Si on n’était pas là, ils s’en allaient aux fosses communes»

Gilles Kègle: «Si on n’était pas là, ils s’en allaient aux fosses communes»
Photo Jean-François Desgagnés

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La Fondation Gilles Kègle, en manque de fonds, craint de ne plus être en mesure d'offrir des funérailles aux personnes démunies de la région de Québec.  

Le fondateur de la fondation, l'ancien infirmier auxiliaire Gilles Kègle, a lancé un véritable cri du cœur en entrevue à QUB radio, mercredi.   

Entre autres en raison du vieillissement de la population, le nombre de funérailles dont il doit s’occuper avec plusieurs bénévoles a carrément doublé depuis l'an dernier, passant d'une vingtaine à 43 cette année. Souvent, ce sont les hôpitaux qui appellent la fondation pour lui confier des gens «dont il n’y a personne pour s’occuper d’eux autres», a expliqué M. Kègle.   

Vendredi prochain, des funérailles collectives seront célébrées à 11 h 15 à l'église Saint-Roch, à Québec. «Parmi les 43 que j’ai présentement [...], dans ceux-là, il y en a une dizaine qui se sont suicidés, qu’on a trouvés morts à domicile», a détaillé l’ancien infirmier qui consacre sa vie aux plus démunis depuis 33 ans.   

L'ancien infirmier a, entre autres, donné en exemple le cas d'une mère de deux enfants sur le bien-être social qui l'a appelé après avoir retrouvé son mari pendu chez elle. Gilles Kègle a alors accepté de s'occuper des funérailles.   

Lorsqu'il a commencé à offrir des funérailles aux plus démunis, Gilles Kègle payait de sa poche les services religieux. Sa fondation est arrivée par la suite pour l'aider à couvrir les coûts. «Si on n’était pas là, ils s’en allaient aux fosses communes», a raconté le bienfaiteur en faisant allusion aux premiers défunts auxquels il est venu en aide.   

Tous les jours, Gilles Kègle découvre des gens «vraiment en détresse, qui sont seuls, qui n'ont plus d'aide, qui sont malades. Des gens qui ont des problèmes de santé mentale», a-t-il énuméré.   

«Ces gens-là, on les suit jusqu'à la dernière minute», a-t-il poursuivi.   

Outre les aînés seuls et les personnes vulnérables, la fondation se retrouve aussi à s'occuper des funérailles d'itinérants qui décèdent dans la rue.   

Aide à domicile  

Même si la priorité de la Fondation Gilles Kègle «c’est les pauvres à domicile, donner à manger à domicile» afin que des «gens en perte d’autonomie» ne crèvent «pas de faim», M. Kègle ne veut «pas couper» auprès des «gens qui meurent sans personne», car il souhaite continuer à s’occuper d’eux «avec beaucoup de dignité».   

Est-il découragé parfois? «Jamais, jamais. Ça fait 33 ans que je travaille sept jours sur sept [...]. Quand j’arrive chez nous le soir, je suis bien heureux», a assuré celui qui compte continuer à venir en aide aux moins bien nantis jusqu'à la fin de ses jours.   

Appel à l’aide entendu  

Suite à son appel à l’aide, la ministre de la Santé, Danielle McCann, s'est engagée, lors de la période des questions à l'Assemblée nationale, à soutenir la fondation.   

«Nous devons certainement apporter notre support à M. Kègle. Comme gouvernement, c'est une priorité pour nous d'aider des gens qui se dévouent pour une population qui est parmi les plus vulnérables au Québec», a-t-elle déclaré.   

Gilles Kègle évalue que sa fondation aurait besoin d'environ 100 000 $ afin de continuer à honorer dignement la mémoire des personnes sans le sou.       

Cliquez ici pour faire un don à la Fondation Gilles Kègle.      

ÉCOUTEZ l'entrevue de Gilles Kègle sur QUB radio:   

 

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