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La culture, «c’est pas aller s’asseoir devant un spectacle», selon Catherine Dorion

La culture, «c’est pas aller s’asseoir devant un spectacle», selon Catherine Dorion
Simon Clark/Agence QMI

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Le problème culturel, au Québec, c'est qu'on vit la culture en tant que consommateur ou en tant que producteur. C’est ce qu'a suggéré la députée de Taschereau pour Québec solidaire Catherine Dorion dans le dernier épisode du balado Emmanuelle présente..., sur QUB radio.   

Selon elle, au Québec, on ne sait pas c'est quoi, la culture. «En politique, on pense que la culture, c’est des spectacles. Ce n’est pas ça. C’est cool, des spectacles, a-t-elle assuré. Mais la culture, ce n’est pas aller s’asseoir devant un spectacle. L’art, c’est un truc gratuit qui se passe pour rien, entre nous, et qui fait que la vie est bonne.»       

Selon elle, en quelques décennies, on «a perdu énormément» de cette vision de la culture au Québec.        

«Les lieux où la culture se déploie sont quasiment devenus des lieux de résistance, tellement l’époque de productivisme et de consommation est en train de marquer toutes nos façons d'être», s'est désolé la députée.   

  

Elle croit que «les humains créent de la culture dès qu’ils ont le temps», alors que la société dans laquelle on vit nous rappelle constamment que le temps est une source d'argent qui doit absolument être rentabilisée.       

Transmettre, d'une femme à l'autre  

Emmanuelle Latraverse a questionné la militante, la politicienne, mais aussi la maman. Mère de deux enfants, Catherine Dorion prône un mode de vie familial qu'on pourrait qualifier d'«alternatif». «Mes filles ont 4 et 6 ans, et elles sont toutes les deux nées du désir, je ne les ai pas planifiées. Elles sont de papas différents, dont un avec qui je n’ai jamais été en couple», a-t-elle expliqué.      

Elle admet qu’elle pense souvent aux traits de personnalité qu'elle doit ou non leur transmettre. «Je veux leur montrer à être capable de s’arrêter. Quand j’ai les enfants, je m'entraîne à mettre mon téléphone dans le tiroir et à essayer de leur dire oui le plus souvent possible, a-t-elle énoncé. Quand elles me disent: "Veux-tu faire un casse-tête?" ça ne me tente pas tout le temps, mais mon enfant est tellement contente quand je le fais. C’est mieux que n'importe quel trip au iSaute.»      

Elle observe constamment la lignée qu'elle est en train de créer entre sa mère, elle et ses filles, enviant d'ailleurs aux peuples autochtones cette idée de «céder» des choses d'une génération à l'autre.       

 «Ma mère, pour une femme de son époque, née en 1942, a très vite dit: “Je ne suis pas obligée de faire ce que tu veux que je fasse.” C’était surtout dans son rapport avec les hommes: “Plus tu me dis quoi faire, plus tu me mets de la pression, plus j’ai envie de te mettre dehors.” Elle m’a accompagnée là-dedans. J'ai étendu ce trait de personnalité à ma vie en général.»      

 Une tempête dans un verre d'eau  

Interrogée su sujet de la tempête médiatique dont elle a fait l'objet l'automne dernier, Mme Dorion a qualifié tout ça d'«intéressant». «J'ai fait ma maîtrise en études de la guerre. C'est pas pour rien, je voulais aller dans les extrêmes», a-t-elle lancé à Mme Latraverse.       

  

«Je viens du théâtre, a-t-elle renchéri, soutenant qu'il est normal que les gens marquent les événements et changent des choses. Au théâtre, il faut que les personnages soient transformés entre le début et la fin. La vie est comme ça. J'aime ça quand c'est intense.»      

 Elle n'a pas peur  

«J'ai pas peur de me perdre en politique», a assuré Catherine Dorion. Pour elle, c’est un endroit pour trouver des camarades qui sont nécessaires. «C'est fatigant, d'être tout seul à résister dans le monde, face aux choses qui ne nous plaisent pas.»      

«Je sais que d’autres ont réussi avant moi», a-t-elle répondu à la question sur son optimisme devant les rassemblements populaires. «La Révolution tranquille», «le printemps érable», l'engouement autour de Bernie Sanders. «Cet idéal-là, de créer des moments qui nous mettent tous ensemble à la création d’un monde qu'on trouve plus vivable, c’est déjà arrivé, et ça va arriver encore. Je ne veux pas ne pas être idéaliste, parce que ce serait assumer qu'il n’y a rien de possible.»     

Le premier projet de loi qu'elle souhaiterait déposer concerne directement les aînés, son souci pour eux étant véritablement tangible dans l'ensemble de son discours. «Une loi pour le logement des aînés, a-t-elle lancé. Qu'on puisse garantir des fonds pour des OSBL qui viennent de la base. Que des aînés qui s'organisent ensemble puissent proposer des projets intelligents pour des logements sociaux.»       

 Pour elle, il est nécessaire de trouver une autre option que «l'hébergement privé ou le CHSLD», qui font peur à la population qui s'en va vers ça.            

  •  ÉCOUTEZ l'épisode complet d'Emmanuelle présente... Catherine Dorion:   

   

  •  RÉÉCOUTEZ aussi la rencontre entre Geneviève Guilbault et Emmanuelle Latraverse:    

   

  •  Pour tous les épisodes d'Emmanuelle présente..., c'est ici.   
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