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«La mémoire du temps» : Alain Choquette, toujours magique

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Dommage qu’Alain Choquette présente «La mémoire du temps», son nouveau spectacle, comme son dernier tour de piste. Après plus de 35 ans de carrière, le charisme de l’as de la baguette magique est intact et ce dernier maîtrise toujours les arts du divertissement et de l’éblouissement. 

Le Théâtre Maisonneuve a ri et s’est extasié sans relâche, lundi, devant les tours amusants et parfaitement exécutés d’Alain Choquette, qui avait choisi cet antre de la Place des Arts pour la première montréalaise donnant le coup d’envoi à la tournée de «La mémoire du temps». 

Ce collage tout frais de matériel inédit, Alain Choquette le voulait, comme son titre l’indique, sous le thème du temps, du souvenir et du pouvoir de l’esprit humain. 

Et l’artiste est habilement parvenu à créer des prouesses d’illusion qui, en plus de coller à sa trame de fond, épatent à tout coup. 

Qui plus est, Choquette improvise, jase constamment avec les spectateurs, réplique du tac au tac et n’a pas son pareil pour créer une complicité avec son public. On ne compte plus les généreux fous rires qui ont secoué l’assistance, lundi, et particulièrement les gloussements d’enfants qui s’élevaient régulièrement un peu partout. 

Papillons monarques 

Le magicien n’a pas encore officiellement souhaité la bienvenue que, déjà, l’introduction de «La mémoire du temps» impressionne. 

Alain Choquette commence en feignant de terminer sa prestation et adresse ses adieux aux gens. Pour ce faire, il crée une jolie pluie de papillons monarques multicolores avec le seul pouvoir de son souffle et d’un éventail qu’il agite. Une entrée en matière qui suggère bien la poésie qui se dégagera d’un peu tous les segments de la soirée. 

«Si vous y croyez aussi fort que le monarque, le temps ne sera jamais trop court», scande-t-il, proposant ainsi ce qui pourrait être le slogan de cette nouvelle (dernière?) étape de son parcours. 

Après quoi, notre hôte invite les spectateurs à s’emparer de photos qui leur avaient été distribuées à leur arrivée au Théâtre Maisonneuve et les enjoint de déchirer, échanger, lancer en l’air les morceaux de papier, qui finiront par former un casse-tête cohérent. Le clou de cette portion nous laissera emballés. 

S’ensuivront des exploits sollicitant les sens (odorat, goût, intuition), des musiques connues, des jeux de cartes. Même les couples de longue date sont invités à s’impliquer dans l’un des numéros. 

Dans plusieurs tableaux, Alain Choquette sollicite la participation des personnes assises devant lui, adultes et bambins. Même la manière de sélectionner ses assistants d’un soir – par exemple, au moyen de ballons lancés au parterre – est originale. 

Aux grandes personnes, il fait goûter des liquides ou brasser des cartes, et aux tout-petits, il fournit des sucreries. Un petit Oscar de neuf ans à la répartie aiguisée a vivement attendri l’assistance, lundi. «Ça se peut que tu sortes d’ici avec un rôle au cinéma, mon homme», l’a d’ailleurs taquiné Choquette. 

La dernière production d’Alain Choquette, «Drôlement magique», qu’il avait présentée à Montréal en 2017, était réussie, mais «La mémoire du temps» l’est encore plus, même si le créateur a recyclé certains concepts de sa précédente offrande dans sa présente œuvre. 

S’il ne fait pas une Dominique Michel de lui-même en revenant sans cesse sur son intention de se soustraire aux projecteurs, Alain Choquette décevra peut-être ses admirateurs, mais il les quittera sur une excellente note. 

Alain Choquette offrira «La mémoire du temps» partout au Québec. Pour toutes les dates : alainchoquette.ca.