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La place des femmes est à la maison... un jeu de mots parfait en image!

Une belle caricature sociale et politique pour débuter 2019.

La place des femmes est à la maison... un jeu de mots parfait en image!
Obtenue de la page Facebook du caricaturiste Mike Luckovich

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À celles et ceux qui me lisent régulièrement, vous devez commencer à savoir à quel point j’apprécie les milles et une façons dont l’humour peut nous remettre les enjeux de la société en plein visage.

Et souvent, l’un des vecteurs les plus puissants et masse-médiatiques pour ce faire est la caricature dans les quotidiens.    

L’année 2018 a été marquée au fer rouge par la caricature de Serena Williams, dont j’avais traitée dans ce blogue il y a quelques mois.    

Et l’année 2019 commence en force avec une nouvelle caricature virale depuis sa publication le 3 janvier dans le quotidien Atlanta Journal-Constitution (AJC).    

L’artiste, Mike Luckovich, y est caricaturiste depuis 26 ans.     

Quand on explore sa page Facebook, où il publie ses caricatures une fois qu’elles sont dans les pages du quotidien, on note rapidement sa passion pour la politique américaine et, du même coup, pour une cible de choix : Donald Trump.    

Dessin du 3 janvier 2019  

Mais ce qui m’a attiré vers lui, c’est sans contredit l’une de ses dernières caricatures qui s’est retrouvée sur mon fils d’actualité Facebook rapidement et à plus d’une reprise.    

Le dessin est une merveilleuse combinaison d’un jeu de mots et de ce qu’on appelle un «arroseur-arrosé».    

Le jeu de mots est évident et se comprend dans plus d’une langue.    

En anglais, la Chambre des représentants est appelée House of Representatives. Donc, ici, quand on dit que la place des femmes est à la maison, on soutient non pas une vision misogyne, mais plutôt une plus grande place aux femmes dans la gouvernance de la société.    

Mais «arroseur-arrosé», qu’est-ce que cela signifie au juste?    

C’est qu’après toute la mauvaise presse que Trump a fait aux femmes, les voilà maintenant plus nombreuses que jamais à avoir été élues à la Chambre des représentants. L’organe est passé du giron républicain à démocrate et porté par une vague féminine.    

D’ailleurs, Nancy Pelosi a été nommée à sa tête.     

Ainsi, Trump, qui aimait bien ridiculiser les femmes, obtient maintenant un retour d’ascenseur. Il devra les confronter dans un cadre officiel et exécutif. Il ne peut plus les ignorer ou les sous-estimer, et elles l’attendent de pied ferme.    

Est-ce si originale comme manœuvre?  

Oui et non.    

J’avoue que le moment d’utiliser le jeu de mots est parfait. La situation s’y conforme en tous points et envoie un message clair, un idéal en caricature qui n’est pas toujours atteint, et dont la force d’impact varie.    

Ici, on ne se pose pas de question. C’est limpide.     

Mais ce serait faux d’affirmer que Luckovich a inventé le jeu de mots.     

Le slogan est d’ores et déjà utilisé aux États-Unis et au Canada.    

D'ailleurs, il est très facile de commander en ligne un chandail mentionnant : «A woman’s place is in the House and the Senate» ou «in the Oval office» ou encore «in the House of Commons».     

Pourquoi j’aime le dessin de Mike Luckovich  

Il y a plusieurs éléments que j’apprécie dans l’œuvre du caricaturiste.    

D’abord, l’absence d’agressivité. C’est assez solennel comme mouvement : des femmes vues de dos marchant vers le Congrès.    

On ne sent pas de course ou de presse. On ne voit pas de brassière en feu.    

Voilà une belle leçon pour celles et ceux qui croient que les féministes se résument à une bande de femmes au niveau de frustration collé en cinquième vitesse!    

Aussi, impossible de dire si elles sont jeunes, âgées, blanches, noires, hispaniques, 36-24-36 avec des faux cils ou sans maquillage. Aucune de ces femmes n’est soumise aux carcans de beauté et d’apparence auxquels on n’arrive pourtant pas à les abstraire dans la vie de tous les jours.    

On note quelques foulards sur la tête, c’est vrai. Parce que, pour la première fois de son existence, le Congrès accueillera des élues qui portent le voile.    

À celles et ceux craintifs, ne paniquez pas : à la quantité de Chrétiens conservateurs au Congrès, les États-Unis ne sont pas à la veillent de changer leur dicton pour un «In Allah, we trust». Alors, les adeptes des conspirations musulmanes, SVP, ne vous dressez pas les poils des bras trop vite.    

En conclusion, pour une caricature dont l’humour du jeu de mots est à point et le contexte social parfait, c’est le sérieux et la normalité de l’image que j’aime le plus.    

Parce qu’au final, il n’y a rien d’anormal à ce que les femmes elles aussi participent à la gouvernance de leur pays.