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L'avenir des recherches et des applications est vocal

L'avenir des recherches et des applications est vocal
AFP

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Les assistants vocaux ont fait une entrée fulgurante dans les domiciles à travers le monde, et cette traînée de poudre technologique modifie grandement notre façon de faire des recherches et de consulter les résultats, en plus d'augmenter leur efficacité.  

En deux ans, le nombre d'assistants vocaux en circulation au Canada a explosé: il est passé de 200 000 à 4 millions, notamment grâce à une stratégie de vente très agressive de Google pour ses modèles Home et Home Mini.

Pour mettre en perspective, c'est comme si près d'un Québécois sur deux possédait un Google Home ou un Amazon Alexa. 

Simplement avec notre voix, on peut demander à l'Assistant Google la météo, une recette de boules de biscuits véganes, ou encore l'horaire des films à l'affiche.     

Les requêtes vocales les plus répandues sont, dans l'ordre: une simple question; écouter de la musique; et consulter la météo. Un rapport de Voicebot.ai sur la fréquence d'utilisation d'un assistant vocal paru en 2019 est surprenant: plus du tiers des usagers font ces trois commandes quotidiennement.   

Par contre, les usages sont variés: elles vont de faire un achat en ligne à effectuer un appel, en passant par la lecture de l'actualité ou des résultats sportifs.     

Marie-Nathalie Poirier, directrice de la stratégie chez FCB Montréal et stratège créative, souligne que Google s'est assuré que son moteur de recherche soit optimisé pour cette nouvelle tendance. 

Marie-Nathalie Poirier, directrice de la stratégie chez FCB Montréal, a donné la conférence «Préparer sa marque pour les assistants vocaux» pendant la Semaine numériQC de Québec.
Photo Courtoisie, André-Olivier Lyra
Marie-Nathalie Poirier, directrice de la stratégie chez FCB Montréal, a donné la conférence «Préparer sa marque pour les assistants vocaux» pendant la Semaine numériQC de Québec.

«Hummingbird, l'algorithme de Google, est passé de mots-clés à la compréhension de l'intention des utilisateurs. Le meilleur exemple que je peux donner, c'est qui si je cherche un film avec un policier ontarien et un autre québécois, il va comprendre que je parle de Bon Cop, Bad Cop. Ils ont mis ça en place, et une fois que ç'a été fait au niveau de la recherche vocale, les gens se sont habitués à chercher de cette façon», explique-t-elle.  

En ce moment, 20 % des recherches sur le populaire moteur se font avec la voix. 

L'intelligence artificielle est aussi assez développée pour comprendre nos demandes, même si elles sont dites différemment. 

Outre de simples requêtes comme une recette ou écrire un texto, les applications aux fonctions vocales intégrées seront «ce qui sera le plus payant», selon Marie-Nathalie.     

En effet, des exemples réels prouvent que l'interactivité ne s'arrête pas qu'à la pluie, les balados ou du couscous royal.

Il y a environ deux semaines, Desjardins a lancé son application compatible avec les assistants vocaux:    

«Ils sont allés chercher une situation assez habituelle, comme consulter le solde de son compte chèques ou de carte de crédit. C'est certain que c'est plus facile qu'à l'écrit, ça prend moins de temps, c'est efficace. Tu n'as même pas à lire la réponse.»     

Les assistants vocaux peuvent aussi être utilisés à des fins de divertissement, comme le petit clin d'œil fait par Google et Stranger Things pour la saison 2 de la populaire série. 

«L'équipe a lancé une application interactive, une «histoire dont vous êtes le héros». Tu es avec les gars dans l'un des épisodes. Ça fonctionne avec les assistants vocaux, et on peut donner des directions pour se retrouver à certains endroits», nous rappelle Marie-Nathalie.    

L'automatisation des lieux de travail est un sujet actuel qui inquiète plusieurs personnes à risque de perdre leur emploi dans un futur relativement près.    

La stratège imagine l'utilité des assistants à la SAQ, par exemple.    

«Il pourrait y avoir des Google Home un peu partout, puis on pourrait obtenir des recommandations de vin selon le repas, sans l'aide d'un employé. En magasin, ce serait le genre d'interactions qu'on pourrait avoir (avec les assistants vocaux).»

Pour ce qui est des entreprises, elles devront s'assurer d'optimiser leur contenu, de bien le référencer et de répondre aux bonnes questions pour être le «résultat 0», celui tout en haut de la liste de Google qui sera énoncé à haute voix. 

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L'enjeu de la vie privée  

Avec les récentes failles de sécurité chez Google et Facebook, le fait de demander à Google ou Alexa de nous informer de notre solde de carte de crédit a raison d'en inquiéter quelques-uns. 

Combien de fois a-t-on entendu un proche se plaindre qu'une simple discussion entre amis a directement influencé les publicités dans son fil d'actualité Facebook? Sommes-nous constamment sous la loupe des géants informatiques et des multinationales? La question se pose. 

Évidemment, les entreprises réfutent cette populaire théorie. 

Les assistants vocaux, que ce soit un Google Home ou un Amazon Echo, ne sont à l'écoute que lorsqu'ils entendent les mots d'éveil, comme «OK Google». 

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Du moins, c'est ce qu'on nous dit.     

Pour l'instant, nul besoin de s'inquiéter. Par contre, lorsque le mot d'éveil est dit, il faut s'attendre à être écouté.    

Pas un panneau mobile  

Plus que les requêtes augmenteront, plus les applications indépendantes, Google, Amazon et compagnie auront la chance de recueillir certaines de nos données personnelles.     

Pour ceux qui ont peur d'être bombardés de publicité de plus en plus ciblée, rassurez-vous: Google et Amazon interdissent la publicité sur leurs assistants vocaux.    

«Il y a une entreprise (BMW) qui a réussi à faire de la pub avec les assistants vocaux. Elle a passé par des éditeurs. Le Monde et Le Parisien, deux médias français, ont des applications vocales. Ils ont vendu des pubs de 15 secondes lorsqu'elle s'ouvre à la commande de notre voix», souligne Marie-Nathalie. 

Bien qu'il soit difficile d'estimer ce que sera la valeur de ce marché dans l'avenir, la directrice stratégique de FCB croit que la croissance des applications compatibles avec les assistants vocaux «sera un peu comme les cinq premières années de l'App Store», soit une croissance tout simplement incroyable.

En ce moment, le principal obstacle, c'est l'absence d'un marché virtuel dédié à ce type d'applications. 

«Il n'y en a pas beaucoup qui ont été créées au Canada, mais ça s'en vient. Radio-Canada en développe une pour les nouvelles, et Loto-Québec pour les résultats de la loterie. Selon moi, c'est ce qui sera le plus payant», conclut la stratège. 

Bref, les possibilités sont pratiquement infinies.